Les coulisses de la haute couture à Lyon au musée Yves Saint Laurent Paris

C’est dans un musée fermé au public et en compagnie de la co-commissaire d’exposition et directrice du musée Aurélie Samuel que j’ai suivi cette visite grâce au réseau Cultures de mode. Si j’avais l’habitude, avant le Covid, d’organiser des visites avant l’ouverture au public dans ce musée pour ma société Bulles de Culture, il y avait quelque chose de délicieux à venir « les mains dans les poches » sans avoir rien préparé ou organisé en amont ; )

© Musée Yves Saint Laurent Paris / Thierry Ollivier

Le musée Yves Saint Laurent se situe dans l’ancienne maison de couture éponyme. C’est en effet en 1974 que la Maison emménage dans cet hôtel particulier où se trouvent désormais les prototypes, plus de 7000 textiles, 15000 accessoires et croquis dessinés par le couturier. La maison de couture ferme en 2002 avant de devenir en 2017 une fondation. Labellisé musée de France, il propose une collection permanente avec l’histoire de la maison, les classiques et les intemporels d’Yves Saint Laurent.

Le musée Yves Saint Laurent Paris propose jusqu’au 5 décembre 2021 une exposition consacrée aux coulisses de la haute-couture à Lyon et retrace ainsi la rencontre entre un couturier de génie qui « pourrait faire une robe les yeux fermés tant il connaît les tissus » et l’une des industries textiles les plus reconnues au monde qui met au service de la haute couture parisienne un savoir-faire technique et créatif sans pareil.

D’abord présentée au musée des tissus de Lyon et fruit de deux ans de recherche, l’exposition Yves Saint Laurent les coulisses de la haute-couture à Lyon met à l’honneur sept maisons lyonnaises sur lesquelles Yves Saint Laurent s’est appuyé pour la réalisation de ses modèles. L’exposition est aussi une invitation à la découverte des secrets des tissus: crêpes, mousselines, taffetas, velours, etc.

Fiche du studio dite « fiche de Bible » de la robe de mariée dite « Shakespeare » collection haute couture automne-hiver 1980
© Yves Saint Laurent

Il y a deux types de couturier: ceux qui partent du dessin et ceux qui s’appuient sur le tissu. Yves Saint Laurent part du dessin tout en ayant une idée du tissu. En effet, la collection de paper dolls du couturier montre que dès l’âge de 16 ans, il avait une idée précise de sa « maison de couture de papier ». À partir des magazines de mode, le jeune homme réalise onze poupées, ou « paper dolls », en découpant des silhouettes de mannequins célèbres du milieu des années 1950. Il invente pour chacune une garde-robe complète grâce à un patron, relevé sur la pose de la poupée. Sur les deux programmes de collection de l’automne-hiver 1953-1954 et 1954-1955 qui accompagnent ses « paper dolls », les différentes maisons lyonnaises telles que Ducharne, Bianchini-Férier ou Bucol sont citées. Vogue mentionnait le nom de ces maisons.

Devenu couturier, Yves Saint Laurent choisit le tissu après avoir fait ses dessins et demande au fournisseur de lui envoyer un rouleau qui sera acheté uniquement s’il est choisi, sinon il est renvoyé. Si ce processus est apriori coûteux pour le fournisseur de tissus, il lui assure également en cas de choix une commande importante et une exclusivité. Yves Saint Laurent validait toujours ses choix sur mannequin vivant. Le fournisseur pouvait acheter une page de publicité où la photo du modèle avec le nom du fournisseur était écrit dessus, en petits caractères. Cela permet au couturier de s’assurer d’autres sources de revenus et au fournisseur une certaine renommée.

Robe de mariée dite Shakespeare, collection haute couture automne-hiver 1980
© Yves Saint Laurent / Alexandre Guirkinger

Cette exposition, technique, permet de découvrir l’existence de certains métiers comme celui de converteur: celui qui fait le lien entre la maison de couture et les soyeux de Lyon comme les entreprises Abraham et Bucol, qui vendent du tissu qu’elles ne fabriquent pas. Elle permet aussi de découvrir tout un vocabulaire spécifique au monde de la haute couture: fiche technique de l’habit ou fiche de Bible, planche de collection…et de suivre la totalité du processus créatif, des croquis au vêtement. L’exposition Yves Saint Laurent les coulisses de la haute-couture à Lyon est aussi l’occasion de découvrir l’importance des nouveaux tissus comme le lurex ou la cigaline (à la place de la mousseline de soie) qui permet un meilleur maintien du tissu et de voir des robes et vestes merveilleuses, comme la robe de mariée Shakespeare, conçue pour la collection automne-hiver 1980. Pesant 18Kg, elle nous transporte dans une ambiance élisabéthaine.

Une exposition dont on sort des étoiles plein les yeux!

Anne-Laure FAUBERT

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