Pour les vacances, suivez Panache au château de Vaux le Vicomte!

Envie d’ailleurs se met à l’heure des vacances et vous propose quelques idées de sorties pour petits et grands!

Première étape: Vaux le Vicomte, accessible par la ligne de train menant à Provins (arrêt Verneuil l’Etang) puis par une navette.

Vue de Vaux de profil_1enviedailleurs.com.Bdef

Ceux qui me lisent régulièrement savent que Vaux le Vicomte est un de ces rares châteaux où j’ai le sentiment d’être chez moi quand je m’y rends. Ceci est lié à mes souvenirs d’enfance, au mannequin du masque de fer qu’on y trouve dans les sous-sols (histoire qui intéressait ma grand-mère et dont elle m’a souvent parlé enfant), à ma passion pour l’histoire et à un « je ne sais quoi » qui émane de ce château…

Ayant déjà parlé en 2017 de l’histoire du château, liée à Louis XIV, Colbert et Fouquet, dans cet article, et en début d’année des Noël à Vaux le Vicomte et Cheverny  je vous relaterai l’expérience que j’ai vécue en suivant Panache, l’écureuil du nouveau parcours sonore immersif dédié aux enfants (il en existe un pour adultes mais je ne l’ai pas écouté ; )).

Vaux le Vicomte_Parcours Nicolas Fouquet_1enviedailleurs.com

Je suis loin d’être une adepte des audio guides et autres applications modernes dans les musées et châteaux, et j’avoue avoir été impressionnée par ce parcours sonore. Car non seulement il est ludique et les différentes voix sont amusantes, notamment celle de Panache qui évoque bien celle d’un petit animal fureteur, mais il oblige à regarder certains objets devant lesquels on passerait trop vite, et nous relate de façon pédagogique l’histoire de Vaux le Vicomte, en faisant intervenir les différents protagonistes, de La Fontaine au cuisinier Vatel.

Parcours sonore Immersif au Château de Vaux-le-Vicomte (C) Vaux le Vicomte

Par ailleurs il m’a amenée à me retourner à plusieurs reprises, croyant que les pas dans les escaliers que j’entendais dans mon casque venaient réellement de la salle…  Amateurs de sensations fortes, voyez s’il est possible de le suivre la nuit ; ) Libres à vous ensuite de revenir sur vos pas sans casque pour revoir le château et vous attarder sur une pièce qui vous a plu ou de poursuivre la visite, en costume pour les enfants, dans le château ou dans le parc à pied ou en voiturette!

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Anne-Laure FAUBERT

Prochain article: les nocturnes du zoo de Vincennes

Sur les traces de Napoléon en Bretagne: lorsque Pontivy s’appelait Napoléonville…

Si la ville de Pontivy, située dans le Morbihan, est connue des amateurs d’histoire pour ses liens avec la prestigieuse famille des Rohan, elle l’est moins pour sa période napoléonienne. Et pourtant c’est une ville scénarisée par l’Empereur qu’on découvre lorsqu’on décide de suivre une visite guidée, costumée ou non.

Château des Rohan_1enviedailleurs_Bf

Je vous ai parlé à plusieurs reprises de Napoléon, tant pour son côté stratège dans cet article que pour son influence sur l’urbanisation de Paris au début du XIX°s ici . Si je ne suis pas une inconditionnelle de l’Empereur, ses volontés d’urbanisation m’intéressent. Et Pontivy/ Napoléonville offre à ce sujet un exemple intéressant.

Pontivy_style Napoléon_1enviedailleurs_Bdef

Au cours d’une visite guidée, qui peut être déguisée ou non, on apprend que sous la Révolution française, Angevins et Bretons qui souhaitent défendre ces idées nouvelles se retrouvent à Pontivy, avant que le vent ne tourne et que des insurrections chouannes n’éclatent en 1793, auxquelles résistent les habitants de la ville. Si d’après la légende Pontivy vient de Pont-Ivy, le pont de Saint Ivy, la ville change de nom en 1804 à la demande de ses habitants, pour s’appeler Napoléonville. Elle porte de nouveau ce nom sous Napoléon III.

Plan Pontivy

Lorsqu’on regarde le plan de la ville voulue par l’Empereur, on reconnait le plan hippodamien ou en damier, hérité de la Grèce antique et repris par les Romains. Les rues sont rectilignes et se croisent à angle droit. Napoléon y ajoute un axe religieux qui coupe l’axe militaire. Napoléon éprouve en effet le besoin de s’inscrire dans la continuité du passé puisqu’il n’est pas issu d’une famille régnante.

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Deux décrets de 1802 définissent les bases du quartier napoléonien de Pontivy et prescrivent la canalisation du Blavet entre Pontivy et Hennebont, avant que la ville ne demande à s’appeler Napoléonville en 1804 puis sous Napoléon III. Napoléon Premier souhaite donner à cette ville une grande importance en Bretagne centrale  » au sein d’une contrée désolée jadis par les guerres civiles ». Face à la menace des Anglais de bloquer les principaux ports bretons, l’objectif stratégique est de relier la ville de garnison de Pontivy aux principaux ports militaires bretons que sont Lorient, Brest, et Nantes. Pontivy devient une ville moderne, parcourue de larges artères pavées et agrémentée de jardins. Les amateurs de vielles pierres retrouveront dans ce quartier le granit clair, et un respect du passé. Les premières réalisations entreprises concernent des bâtiments publics représentant le pouvoir impérial : caserne, prison (détruite en 1960 pour faire place à l’actuel bureau de poste), tribunal et sous-préfecture. Par la volonté impériale, la ville s’honore d’être la troisième ville de Bretagne, avec Rennes et Nantes, à posséder un lycée d’État, lycée impérial créé en 1808, l’actuel lycée Joseph Loth. Aux édifices monumentaux s’ajoutent ensuite de grandes demeures bourgeoises.

Eglise St Joseph_Pontivy_1enviedailleurs_BDef

Pontivy abrite aussi une intéressant église Saint Joseph, érigée sous Napoléon III et davantage à l’honneur de l’Empereur que de Dieu… dans la lignée du rapport à la religion héritée de son oncle Napoléon Premier.

C’est une information surprenante qui ravira les amateurs de l’Empereur, s’ils ne le savaient pas, et intéressera les amateurs d’histoire et d’urbanisme et les incitera, lors d’une escapade ou de vacances, à partir sur les  traces de la Bretagne impériale.

Anne-Laure FAUBERT

Lorsque l’Océanie s’invite au musée du Quai Branly…

250 ans après le premier voyage de James Cook, le musée du Quai Branly – Jacques Chirac présente, pour la première fois en France, une exposition sur ce continent aux 25 000 îles. Près de 200 œuvres dressent un panorama de l’art océanien. De la Nouvelle-Guinée à Rapa Nui (île de Pâques), d’Hawai à Aotearoa (Nouvelle-Zélande), l’exposition Océanie présente le Pacifique des îles dans son entier. Par delà les particularités de chaque atoll, on retrouve des questionnements communs, et des œuvres qui présentent certaines ressemblances.

Pirogue
Wuvulu, îles de l’Ouest, archipel Bismarck, Papouasie-Nouvelle-Guinée Copyright : © MARKK, Paul Schimweg Photographe : Paul Schimweg

Océanie: c’est une exposition dont la scénographie insiste sur l’importance de l’eau dans cette région du monde, élément qui unit autant qu’il sépare, et relate aussi les relations entre l’Europe et cette contrée, symbolisées par la pagaie de James Cook, le célèbre explorateur anglais du XVIII°s.

Océanie est une exposition qui ravira les amateurs d’arts extra européens auxquels j’appartiens, par un dialogue entre objets d’art ancien et contemporain, mythes et réalités de cette région sur laquelle fantasment de nombreuses personnes. Des pièces rares provenant de musées de Nouvelle Zélande et d’Europe, produites par des artistes océaniens.

Nguzunguzu, figure fixée sur la proue d’une pirogue Recueillie par Eugen Paravicini, 1929 Date de l’oeuvre : XIXe siècle Pays : Lagon de Marovo, Nouvelle-Géorgie, Îles Salomon Copyright : © Museum der Kulturen, Derek Li Wan Po Photographe : Derek Li Wan Po

On y redécouvre l’importance de l’animisme, avec notamment cette anecdote lors de l’ouverture de l’exposition à Londres, où une baleine béluga avait été aperçue dans la Tamise, heureux présages pour les dignitaires. Une pierre blanche avait alors été cherchée dans le fleuve et transmise au musée du Quai Branly pour cette exposition.

Figurine
Statuette aux genoux fléchis, les bras croisés sur le ventre. Copyright : © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

Quatre grands thèmes jalonnent l’exposition: le voyage avec ces magnifiques pirogues, l’ancrage, la rencontre et la mémoire. J’ai personnellement préféré la magnifique salle jaune, véritable forêt de statues…, et suis ensuite restée songeuse face à ce court film In Pursuit of Venus (infected) qui rappelle les différents fantasmes sur cette région du monde…

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Anne-Laure FAUBERT

Exposition jusqu’au 7 juillet 2019

Le musée Pouchkine prend ses quartiers d’hiver à la Fondation Custodia à Paris…

C’est une exposition d’une grande qualité artistique doublée d’une grande rareté que nous invite à découvrir la Fondation Custodia, située près de l’Assemblée nationale à Paris. « Le musée Pouchkine, cinq cents ans de dessins de maîtres » porte bien son nom! En effet, parmi les 27 000 dessins que conserve le musée d’Etat des Beaux-Arts de Moscou ou musée Pouchkine,  cette première rétrospective de plus de 200 œuvres graphiques, pour certaines jamais sorties de ce musée, nous donne à voir les écoles européennes et russes, du XV° au XX° siècles.

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Rembrandt Harmensz van Rijn (Leyde 1606 – 1669 Amsterdam), Étude d’une femme tenant un enfant dans les bras, vers 1640 Plume et encre brune, rehauts de blanc, 110 × 67mm Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou

Le visiteur côtoie alors  des chefs d’œuvres d’artistes très connus comme Dürer, Rembrandt, Carpaccio, Tiepolo, Matisse ou Picasso, et d’autres moins connus en Europe

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Vladimir Tatline (Moscou 1885 – 1953 Moscou), Un Szlachcic de Pologne, 1913 Aquarelle, lavis d’encre noire, graphite sur carton, 448 × 316 mm Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou

et aussi intéressants comme le magnifique Un Szlachcic de Pologne de Vladimir Tatline (Moscou 1885 – 1953 Moscou) à la ligne épurée et vive, ou le touchant Cheval rouge, 1924 de Nikolaï Koupreyanov (Vlotslavsk 1894 – 1933 Moscou).

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Nikolaï Koupreyanov (Vlotslavsk 1894 – 1933 Moscou), Cheval rouge, 1924 Plume et encre noire, lavis gris, aquarelle, graphite, 265 × 343 mm Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou

J’y ai retrouvé avec un plaisir certain les Deux hommes au bord de la mer, 1830-1835 Caspar David Friedrich (Greifswald 1774 – 1840 Dresde), symbole du Romantisme allemand et souvenir, pour le peintre, de mes cours d’allemand;

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Caspar David Friedrich (Greifswald 1774 – 1840 Dresde), Deux hommes au bord de la mer, 1830-1835 Pierre noire, plume et encre brune, lavis brun (sépia), 234 × 351 mm Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou

et découvert un intriguant Portrait d’une jeune femme (La Mousmé), 1888 de Vincent Van Gogh (Groot Zundert 1853 – 1890 Auvers-sur-Oise). 

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Vincent van Gogh (Groot Zundert 1853 – 1890 Auvers-sur-Oise), Portrait d’une jeune femme (La Mousmé), 1888 Plume métallique, plume de roseau et encre noire, sur un tracé au graphite, 325 × 245 mm Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou

J’ai visité le musée Pouchkine en 2008 et j’ai retrouvé dans cette exposition à la Fondation Custodia la classification du musée. On passe ainsi du dessin du XVI°s avec les Poussin, Rembrandt et Rubens, au siècle des Lumières avec les Fragonard et les David, avant de découvrir les éléments naturels déchaînés ou calmes du Romantisme allemand, la ligne surprenante de Van Gogh et des avant gardes européennes de Matisse et Picasso.

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Henri Matisse (Le Cateau-Cambrésis 1869 – 1954 Nice), La Danse (Composition no I), 1909 Plume et encre noire, aquarelle, 221 × 320 mm Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou © Succession H. Matisse

Une exposition qui permet également au public parisien de (re)découvrir les dessins des peintres russes Malevitch, Tatline et Kandinsky et des avant gardes russes. Une belle introduction également que cette dernière partie à l’exposition sur l’art du réalisme soviétique annoncé au Grand Palais au printemps de cette année.

 

Anne-Laure FAUBERT

Exposition à la Fondation Custodia – 121 rue de Lille – Paris VII° – Jusqu’au 12 mai 2019

Noël au château… La magie des jouets d’antan à Vaux le Vicomte…

Vaux le Vicomte est un château où je me sens immédiatement chez moi, une fois la grille d’honneur franchie.

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Je l’ai découvert enfant, y suis retournée étudiante et plus récemment vous en avais parlé à l’été 2017, lors de cette visite en famille. L’histoire de Vaux vous y ayant été contée dans ce précédent article, je vous parlerai plutôt des magnifiques décorations de Noël, dignes des Grands Magasins des années 90, avant que les marques ne s’emparent de cet espace de visibilité. Pour cette treizième édition de « Vaux-le-Vicomte fête Noël » et jusqu’à ce dimanche 6 janvier 2019, jour de l’Épiphanie, Vaux se pare, à l’extérieur, de lanternes magiques, dans le Musée des Équipages de petits trains de 1900, luges et camions en bois,

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et à l’intérieur, après avoir été accueillis par deux casse-noisettes géants, de jouets somptueux et différents selon les pièces. Selon les goûts, l’apothéose se trouve dans le Grand salon avec sa montgolfière géante, au-dessus d’une forêt de sapins enneigés et d’une boule à facettes, ses tons bleutés et son ambiance polaire, la bibliothèque avec les marionnettes musiciennes malgré quelques erreurs dans la tenue des instruments de musique (une flûte traversière se tient à droite)

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 ou, au sous-sol, la table garnie de pains d’épices et de gâteaux somptueux…

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Le modèle économique choisi par Vaux diffère de celui de Cheverny dont je vous ai parlé dans mon précédent article, en étant fondé en partie sur les partenariats.

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En échange de visibilité comme les sapins de Noël remplis d’ours en peluche Histoire d’ours dans l’Antichambre d’Hercule et la vaisselle Villeroy& Boch dans la Salle des buffets, ou la remise à chaque enfant d’un jouet en plastique Papo et de pain d’épices de la Maison Fossier, Vaux le Vicomte offre ainsi un spectacle grandiose à petits et grands.

Et jusqu’à dimanche, pour fêter les Rois, les enfants se voient offrir une part de couronne des rois briochée de Pasquier… Une façon originale et inoubliable de fêter les Rois…

Anne-Laure FAUBERT

 

Informations pratiques:

Venir à Vaux le Vicomte quand on n’a pas, comme moi, de voiture: départ en train de la gare de l’Est avec la ligne P direction Provins, descendre à Verneuil l’Etang puis prendre la navette Châteaubus devant la sortie de la gare.

Prix de l’entrée: 18,50€ pour les adultes, 13,50€ pour les enfants de 6 à 17 ans. Gratuit pour les moins de 6 ans