Une escale bistronomique au BBM, Bistrot Buci Mazarine

C’est un restaurant qui s’aborde comme une escale bleutée et aquitaine en plein Paris, avec ce paravent bleu vif qui fouette l’air lourd et ensoleillé de cette belle journée d’été. Dans le chic et intellectuel quartier de Saint Germain des Prés, la salle du rez de chaussée du Bistrot Buci Mazarine, à la décoration de bords de mer et artistique, donne vue sur la cuisine ouverte ou sur la rue, selon vos envies, tandis que celle de l’étage offre un cadre plus intimiste idéal pour des soirées entre amis ou collègues.

Célèbre pour son  Trou Gascon, une étoile Michelin ouvert en 1973, et son Carré des Feuillants, 2 étoiles Michelin, Alain Dutournier, passé par l’école hôtelière des Pyrénées à Toulouse, reprend les plats du Sud Ouest qui ont fait son succès, en les démocratisant pour proposer au Bistrot Buci Mazarine des formules déjeuner Entrée + plat ou Plat + dessert à 25€ et des dîners entrée, plat dessert à 35€ (hors boissons). Le chef, Julien, formé dans la galaxie de Dutournier, a composé à quatre mains  une carte actuelle influencée par les saveurs d’Aquitaine et les saisons.

Marbré de chèvre frais_BBM_1enviedailleurs.com
Marbré de chèvre frais par Le Bistrot Buci Mazarine

 

Accueillie avec gentillesse par Julie, j’ai choisi un marbré de chèvre frais, bohémienne d’artichaut poivrade, repéré sur le site internet, alors que mon cher et tendre s’orientait vers un tataki de saumon, petits pois frais mimosa et croûtons. Le marbré se révèla un mélange détonnant et agréable entre le fondant du fromage et le caractère plus abrupt des artichauts, tandis que le saumon mi-cuit se mariait avec finesse avec la soupe froide, car c’en est une, de petits pois.  On retrouve dans les plats une générosité et un respect des produits, formule parfois galvaudée, mais qui reflète selon moi une réelle attention à leur fraicheur et leur qualité.

Vins_BBM_1enviedailleurs

Côté vin, je me suis laissée tenter par un verre de vin de Rhône, Un Versant Vionnier, 2015, me laissant guider par les choix de Julie. Une belle découverte que je compte entrer dans ma cave…

Cassoulet_BBM_1enviedailleurs.com

Absolument pas de saison mais plat signature, le Cassoulet aux trois viandes s’est révélé fondant, généreux et la saucisse d’une grande qualité. A regoûter en hiver : )

 

ile flottante_BBM_1enviedailleurs.com
Île flottante framboises, Bistrot Buci Mazarine

 

Côté dessert, mon côté bec sucré reprenant le dessus, je me suis laissée tenter par l’île flottante où la douceur de la crème et la finesse de la glace à la pistache étaient contrecarrées par l’âpreté du grué de cacao, tandis que le blanc d’œuf aérien, magnifique par sa rondeur, apportait une note bienvenue de légèreté avant la touche finale des framboises. De son côté, Monsieur testait le Baba pina colada ananas coco, gingembre confit pour son plus grand bonheur.

Baba_BBM_1enviedailleurs.com

Une très belle découverte dans un quartier où j’ai déjà quelques habitudes gastronomiques et un essai que je compte transformer lors des soirées que j’organise pour ma société Bulles de Culture.

Anne-Laure FAUBERT

Le restaurant ferme du 6 au 27 août et est ouvert du mardi au samedi

La Table du Lancaster : un étoilé original et pointu

Fin septembre, j’ai eu l’opportunité de découvrir l’Hôtel Lancaster, situé près des Champs Elysées. Ce qui avait retenu mon attention était l’histoire et l’architecture de l’hôtel ainsi que ses hôtes célèbres comme Marlène Dietrich ou le peintre Boris Pastoukhoff  dans les années 1930.

En 1925, Émile Wolf, un hôtelier suisse, rachète cet hôtel particulier et le destine à sa vocation d’hôtel de luxe. Jusqu’en 1930 cet homme aidé par la Gouvernante générale du Lancaster dont les parents étaient des antiquaires de renom, enrichit l’hôtel de nombreuses pièces de collection telles que meubles de style, cartels du XVIIIe siècle, tableaux, lustres en cristal de Baccarat afin de meubler les chambres et les salons. Le mobilier style Louis XV et Louis XVI et chaque détail de la décoration font alors de ce lieu un endroit inimitable et intime représentant l’élégance parisienne. (Et quand on sait que mes parents sont collectionneurs de mobilier ancien et d’arts premiers on comprend mieux mon attirance pour ces endroits…).

Un mois plus tard je déjeunais à la Table du Lancaster (2 étoiles Michelin – chef: Julien Roucheteau) et en sortais en me disant qu’il existe toujours de beaux endroits où tant la forme que le fond comptent, le service est attentionné,  le sucré salé (dont je raffole) fait merveille et que de surcroît j’en sors réconciliée avec le vin rouge, vin que je ne goûte d’habitude que par politesse étant plutôt une adepte de vins blancs style vendanges tardives, Jurançon, Loupiac…  Comme quoi l’amour de l’histoire et de la culture conduit à de belles rencontres…

Julien Roucheteau

Retour donc sur ce déjeuner dans une salle à manger confortable aux meubles rappelant l’ancien, donnant sur une terrasse calme et verdoyante.

salle à manger Lancaster

J’en suis d’abord ressortie avec une sélection pointue de trois vins sur les 4 goûtés (en même temps il parait que mes sélections mode et culture sont parfois très pointues, cela doit aller avec ma personnalité) en me demandant où je pourrai les trouver chez un caviste… ou sur internet. Buvant peu je préfère une bonne bouteille de temps en temps que du vin de moins bonne qualité plus souvent. Un champagne Duval Le Roy – Clos des Bouveries de 2005 très fruité et doux ; pour l’amatrice modérée de Champagne c’était une heureuse surprise. Un Châteauneuf du Pape 2011 – La Croze – Domaine de la Célestière, LE fameux vin qui m’a réconciliée avec le rouge. Généreux en goût sur une trame tanique, il n’avait pas cette âpreté que je reproche aux rouges. Enfin un Lucien Crochet vendanges tardives de décembre 2006 très doux comme j’aime ces vins.

Côté gastronomie je retiens le vocabulaire détaillé employé pour l’entrée : « écrevisses aux pattes rouges, carottes des sables, feuilles de capucine » qui fait rêver avant même de goûter un plat au demeurant très fin, ainsi que les alliances sucré salé du plat principal et du dessert.

entrée

Le chevreuil agrémenté de dragées et d’une sauce au chocolat était divin et restera dans ma mémoire encore longtemps. Le côté puissant du chevreuil était atténué par la délicatesse de la dragée et la rondeur du chocolat.

chevreuil

Quant au soufflé de cèpes du dessert agrémenté de glace myrtille il était également délicat et moins sucré que la pirogue de mirabelles de ma voisine dont le chaud et froid révélait un des 7 péchés capitaux : la gourmandise ; )

J’y ai aussi appris quelques anecdotes sur les fromages comme la boulette d’Avène fabriqué pour les mineurs au XIX°s sur une base de maroil masséré dans de la bière avec des aromates et du Picon ou le gaperon, signe extérieur de richesse, mis à sécher au-dessus des cheminées ce qui permettait de juger en fonction de leur nombre de la richesse des habitants.

plateau de fromages

Maman, une surprise culturelle et gastronomique pour toi…

Le lien qu’on entretient avec sa Maman, ou une Maman de substitution lorsque celle-ci disparait ou ne joue plus son rôle, est unique, et particulier.

Souvent soumise à la double journée de travail et au stress qui s’ensuit, une Maman est aussi la complice de moments uniques.

Ma société a voulu leur rendre hommage par un coffret boudoir Reines et favorites

comporeinesetfavorites_bdefCréation: Funambule

Femmes de pouvoir d’origine étrangère ou non, elles ont mis à la mode des aliments que nous savourons régulièrement. Découvrez ce pan de l’histoire française grâce à une sélection de cinq mets raffinés.

coffret_face_Bdef

Le design et la fabrication du coffret sont français, tout comme les produits, et rendent honneur au savoir-faire de nos entreprises.

Des dentelles des robes royales à la dialectique amoureuse du filet, ce coffret s’inscrit entre histoire et modernité par son graphisme délicatement stylisé.

Saviez-vous que la Reine Claude, épouse de François Premier, avait donné son prénom à un fruit ?

Que les bonbons avaient été introduits en France par Catherine de Médicis et qu’ils véhiculaient alors l’image du libertinage ?

chocolat_Bdef

Quel est le point commun entre Anne d’Autriche et le chocolat, Marie-Antoinette et la rose?

sirop_bdef

Découvrez-le dans ce coffret gourmet et culturel.

Les premiers coffrets sont arrivés à Versailles, Paris et en province depuis quelques jours… et les retours sont élogieux !

Cinq cafés aux « couleurs » des quartiers de Paris

J’ai eu l’occasion fin septembre de découvrir, lors d’une dégustation matinale dans la très belle brûlerie des Gobelins, les cinq cafés bio que viennent de créer les Comptoirs Richard pour la mairie de Paris. Je bois peu de café non parce que je n’aime pas ça, mais je ne dors pas la nuit suivante… ce qui est arrivé cette fois-ci  : ( malgré l’heure matinale de la dégustation.

_MG_5288                                                                                                                  Copyright: Alain Longeaud

Cinq cafés symbolisant cinq quartiers :

  • Le café Bastille « vif et vigoureux » est un café moulu pur Arabica provenant d’Ethiopie. Sa tasse « souple et parfumée » et ce café « sauvage » se veulent un symbole de la Révolution française. C’est celui que j’ai préféré, notamment froid car il dégage une réelle personnalité dont on se souvient longtemps après. 

RichardVDP CafeBastille

  • Le café Champs-Elysées « subtil et complet » est également un café moulu pur Arabica. Il offre une « tasse complexe et subtile » à l’image de la plus belle avenue du monde. Ce café est ressorti en tête des dégustations des Journées du Patrimoine. Il est en effet à mon humble avis plus consensuel que les autres.

RichardVDP CafeChampsElysees

  • Le café du Marais « harmonieux et parfumé » est également un café moulu pur Arabica du Nicaragua. Les 1700 mètres d’altitude d’où il provient lui donne un côté acidulé et corsé. Sa rondeur et sa tasse aux notes aromatiques se veulent l’écho de ce quartier du « Vieux Paris ». Je ne l’ai personnellement pas apprécié…alors même que le Marais est un de mes quartiers préférés à Paris. Je l’ai trouvé trop marqué dans le goût et préfère les arômes plus sobres.
  • RichardVDP CafeMarais
  • Le café Quartier Latin « élégant et équilibré » est un café en grains issu d’assemblages de grands crus d’arabica, à l’image du quartier dont il porte le nom. C’est mon préféré après le café Bastille. Les deux ont du caractère tout en restant doux. 

RichardVDP CafeQuartierLatin

  • Le café des Abbesses « intense et velouté » est également un café en grains issu d’assemblages de grands crus d’arabica. Il ressemble beaucoup aux cafés italiens, et notamment au macchiato que l’on boit avec du lait.

RichardVDP CafeAbbesses

Cette dégustation a été pour moi l’occasion de découvrir l’Académie du café et de parler avec des passionnés de café. J’y ai appris que comme pour le thé, il faut ébouillanter la cafetière avant de faire le thé et que la vitesse à laquelle est torréfié le café influence son goût.

Alors que je m’intéresse pour ma société à la gastronomie sous l’angle culturel cette nouvelle gamme répond à ce que je recherche. On pourra cependant regretter le fait qu’il n’y ait pas d’anecdote liant café et quartiers choisis. Le rapprochement a paru lointain aux amis que je voyais après la dégustation.

Reste à savoir si les Parisiens se reconnaîtront dans les cafés de leur quartier…ou reconnaîtront leur quartier

Un gâteau, une ville: Le Sablon de Neuilly

Ayant vu dans quelques magazines que Neuilly sur Seine avait désormais SON gâteau, le Sablon, le bec sucré que je suis est donc parti à sa recherche…

Préalablement munie des adresses où ledit gâteau était disponible, je l’ai trouvé dans une de mes pâtisseries préférées, celle qui fait les superbes chouquettes dont j’avais parlé dans une de mes cartes du Tendre .

Première question, pourquoi un tel nom?

Pour reprendre celui de la station de métro Les Sablon diront certains.

Laquelle station tire son nom des carrières de sable qui se trouvaient jadis là.

Le règlement du concours visant à créer un gâteau à l’image de Neuilly et ainsi renforcer son identité, précisait que celui-ci devait être « pas trop sophistiqué, pas trop fragile et surtout consommable en famille ».

Le créateur du Sablon est Karim Bedda, installé depuis un an rue de Sablonville à Neuilly.

Le Sablon est techniquement parlant « recouvert de noisettes entières, composé d’un financier léger au chocolat, de caramel tendre, d’un financier au thé vert et d’une dacquoise aux noisettes ».

Différentes strates reprennent donc selon moi l’idée des carrières et de l’évolution de cette ville qui a connu depuis 10 ans quelques changements sociologiques.

Aux vieilles familles et aux personnes fortunées dont on entend parler dans les journaux sont venus s’ajouter des jeunes cadres travaillant notamment à la Défense et s’y installant par commodité et pour le bois de Boulogne propice au footing et aux balades.

 

Le Sablon est un gâteau assez surprenant de par la multiplicité de ses saveurs et, une fois la surprise passée, très fin.

J’apprécie particulièrement la note de thé vert…

A quand ce type d’initiative dans d’autres villes???