Toutânkhamon à la Villette: rendez-vous avec l’Egypte ancienne!

Toutânkhamon, le trésor du Pharaon, actuellement à la Halle de la Villette à Paris, est une exposition qui ravira les adeptes d’Egypte et de beaux objets, mais qui laissera sur sa faim ceux qui attendaient un propos scientifique dense.

Toutânkhamon, le trésor du Pharaon est une exposition « Waouh » dont on sort émerveillé par la richesse des objets exposés, même si la magnifique statue qui sert pour les supports de communication est en réalité de petite taille et que le sarcophage, trop fragile, n’a pas fait le déplacement. Pour l’avoir vu deux fois, la première à l’ouverture, puis un vendredi soir fin juin en famille (un « bon plan » d’ailleurs car il y a bien moins de monde qu’un mercredi) j’en suis sortie déçue par la faiblesse du propos scientifique. A grands renforts de scénographie grand public – notamment le court film introductif – le public révise son cours de sixième sur l’Egypte et entreprend un voyage dans l’au-delà, et aura retenu qu’en Egypte, on meurt deux fois: lorsque l’on décède et lorsque plus personne ne prononce le nom du défunt. Une approche qui amène, au passage à réfléchir sur les millions d’êtres humains qui nous ont précédés sur terre.

J’ai personnellement préféré la fine coupe d’albâtre, le support d’éventail en bois doré et les fines statues dorées qui accompagnaient le défunt. J’ai également été surprise par la finesse d’objets vieux de milliers d’années, et attendrie par le trône réalisé pour un enfant de 9 ans.

L’exposition rappelle la légende de la malédiction qui entoure la découverte du tombeau de Toutânkhamon le 4 novembre 1922 dans la vallée des Rois, face à Louxor, par Howard Carter, égyptologue anglais chargé d’effectuer ces fouilles par Lord Carnarvon. Sans être une adepte de ce type de rumeur, le fait que Lord Carnarvon ait été piqué par un moustique à la joue tout comme Toutânkhamon et que 27 personnes en lien avec la découverte soient mortes m’a amenée à faire quelques recherches sur internet pour découvrir la cause plausible de cette hécatombe: des champignons présents dans la tombe…

Une exposition à découvrir pour la beauté d’objets qui, lorsque le musée du Caire sera construit, ne sortiront ensuite plus d’Egypte.

Anne-Laure FAUBERT

Le zoo de Vincennes – de son nom officiel Parc zoologique de Paris – a mis en place des nocturnes pour l’été, afin de découvrir les animaux sous un autre jour, à la tombée de la nuit, voire pendant celle-ci, en fonction de votre heure de départ.

Depuis 5 ans et sa réouverture au public, le parc zoologique de Paris fait le bonheur des petits et grands, même si personnellement je lui préfère le parc de Douai la Fontaine en Anjou (je ne suis jamais allée au fameux parc de Beauval): les animaux y bénéficient de plus d’espaces, notamment car l’éloignement de Paris rend le foncier moins onéreux.

Il n’empêche, si comme moi la foule des week-ends vous fait fuir (et Dieu sait ce que je l’ai visité ce zoo depuis 5 ans, je ne me lasse pas de prendre en photo les animaux, avec une affection particulière pour les félins, ces grands chats, et les girafes. La nocturne a justement été l’occasion de découvrir la « maison des girafes » où elles rentraient dormir, et que je n’avais jamais vue, et de suivre leur démarche gracile et ondulée alors qu’elles s’approchaient de leur dortoir puis attendaient leur dîner.

L’occasion également de découvrir de plus près les lynx et les pumas, les lions n’ayant pas daigné montré leur museau ; )

Anne-Laure FAUBERT

Nocturnes les jeudis du 6 juin au 15 août 2019 de 19 h à 1 h

Métro Porte Dorée

Prochain article: L’exposition événement Toutankhamon

Pour les vacances, suivez Panache au château de Vaux le Vicomte!

Envie d’ailleurs se met à l’heure des vacances et vous propose quelques idées de sorties pour petits et grands!

Première étape: Vaux le Vicomte, accessible par la ligne de train menant à Provins (arrêt Verneuil l’Etang) puis par une navette.

Vue de Vaux de profil_1enviedailleurs.com.Bdef

Ceux qui me lisent régulièrement savent que Vaux le Vicomte est un de ces rares châteaux où j’ai le sentiment d’être chez moi quand je m’y rends. Ceci est lié à mes souvenirs d’enfance, au mannequin du masque de fer qu’on y trouve dans les sous-sols (histoire qui intéressait ma grand-mère et dont elle m’a souvent parlé enfant), à ma passion pour l’histoire et à un « je ne sais quoi » qui émane de ce château…

Ayant déjà parlé en 2017 de l’histoire du château, liée à Louis XIV, Colbert et Fouquet, dans cet article, et en début d’année des Noël à Vaux le Vicomte et Cheverny  je vous relaterai l’expérience que j’ai vécue en suivant Panache, l’écureuil du nouveau parcours sonore immersif dédié aux enfants (il en existe un pour adultes mais je ne l’ai pas écouté ; )).

Vaux le Vicomte_Parcours Nicolas Fouquet_1enviedailleurs.com

Je suis loin d’être une adepte des audio guides et autres applications modernes dans les musées et châteaux, et j’avoue avoir été impressionnée par ce parcours sonore. Car non seulement il est ludique et les différentes voix sont amusantes, notamment celle de Panache qui évoque bien celle d’un petit animal fureteur, mais il oblige à regarder certains objets devant lesquels on passerait trop vite, et nous relate de façon pédagogique l’histoire de Vaux le Vicomte, en faisant intervenir les différents protagonistes, de La Fontaine au cuisinier Vatel.

Parcours sonore Immersif au Château de Vaux-le-Vicomte (C) Vaux le Vicomte

Par ailleurs il m’a amenée à me retourner à plusieurs reprises, croyant que les pas dans les escaliers que j’entendais dans mon casque venaient réellement de la salle…  Amateurs de sensations fortes, voyez s’il est possible de le suivre la nuit ; ) Libres à vous ensuite de revenir sur vos pas sans casque pour revoir le château et vous attarder sur une pièce qui vous a plu ou de poursuivre la visite, en costume pour les enfants, dans le château ou dans le parc à pied ou en voiturette!

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Anne-Laure FAUBERT

Prochain article: les nocturnes du zoo de Vincennes

S’il y a toujours un peu d’orgueil mal placé à voir le portrait d’un de ses anciens professeurs d’économie, en l’occurrence François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France et Président de Citéco, en ouverture du livret consacré à la nouvelle cité de l’économie, Citéco, il est vite oublié face au défi que s’est fixée cette vénérable institution: aborder l’économie dans un musée, et qui plus est en France, pays un tant soit peu fâché avec cette matière, et caractérisé par le tabou de l’argent…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

C’est dans le XVII° arrondissement, dans l’hôtel Gaillard, un palais néo-Renaissance ayant appartenu à Emile Gaillard (1821-1902) représentatif des dynasties bourgeoises du XIX°s, que cette Cité de l’économie a pris ses quartiers. Un bâtiment unique, classé Monument historique, ancienne succursale de la Banque de France, dont la rénovation architecturale vaut à elle seule le déplacement.

Salle des coffres Cité de l’Économie © Charlotte Donker

En fonction de l’appétence de chacun, la visite pourra s’orienter vers la mythique salle des coffres, réputée imprenable et pour cause, elle était entourée d’eau la nuit venue et un « pont levis » se levait, l’architecture du bâtiment, les questions économiques du troc, de la provenance avec le pédagogique « Made in partout » ou les salaires en tournant fébrilement la manette pour savoir où l’on se situe par rapport aux autres travailleurs français. La question de l’inflation est abordée de façon pédagogique avec des poids et une balance et la financiarisation de l’économie scénographiée par des écrans verts où défilent de façon entêtante des chiffres.

Citéco_finance_vert_1enviedailleurs.com

Déformation personnelle oblige, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer l’OPA faite par les professeurs de Sciences Po sur Citéco, contrairement à ceux de Dauphine peu présents, et la parité respectées des experts interrogés… ; )

Citéco_femmes

A découvrir pour se réconcilier avec les chiffres et ses cours d’éco… ou pour rafraîchir sa mémoire et ses concepts économiques.

Anne-Laure FAUBERT

Dora Maar au Centre Pompidou: de la photo de mode à la peinture

Davantage connue du grand public pour avoir été la muse et avoir fréquenté Picasso, Dora Maar, de son véritable nom Henriette Dora Markovitch (1907-1997) est une très grande artiste injustement méconnue. L’ogre Picasso diront certains… Le Centre Pompidou lui rend donc un hommage mérité, à travers plus de 500 oeuvres pour la plus grande rétrospective jamais consacrée.

Mannequin-étoile, 1936_Dora Maar Copyright Adagp et Centre Pompidou

A peine entrés dans l’exposition, le visiteur est confronté à l’aura de Dora Maar, à travers les archives du film Quai des Orfèvres (1947) d’Henri-Georges Clouzot: l’artiste servit de modèle au personnage féminin central, sous les traits d’une femme indépendante et moderne.

Rogi André, Dora Maar, vers 1937.jpg
Rogi André: Dora Maar – vers 1937 – Copyright DR et Centre Pompidou

Dora Maar, qui a grandi entre Buenos Aires et Paris d’un père croate et d’une mère française, publie ses premières photos à 23 ans, et reçoit ses premières commandes en 1931. Elle s’engage à l’extrême gauche et se sert de son art pour transmettre des messages et dénoncer des inégalités sociales. Elle s’intéresse ainsi à la « zone », ces quartiers défavorisés autour de Paris.  Mais c’est dans la photographie de portraits qu’elle déploie son talent, qu’il s’agisse de reportages en Espagne, ou de photographies publicitaires à l’érotisme troublant. A l’époque où peu de photographes exposent, préférant publier, Dora Maar, elle, expose ses photos et montre son goût pour les photos montages, s’inscrivant par son goût de l’étrange dans le mouvement surréaliste.

Assia; 1934; Dora Maar Copyright: Adagp – Centre Pompidou

Dora Maar rencontre Picasso en 1935-38; c’est elle qui le photographie en premier – et l’exposition montre ces portraits – puis lui l’invite à peindre. Leur relation amoureuse dure 8 ans. L’exposition met alors en lumière un paradoxe: alors que sa carrière de photographe n’a duré que 10 ans, la majorité de sa vie étant consacré à la peinture, cette seconde partie est peu connue et documentée. L’exposition rappelle aussi que Dora Maar souhaitait déjà peindre avant sa rencontre avec Pablo Picasso. Elle le copie d’abord, avant de trouver sa voie. Elle travaille quotidiennement, peignant ou dessinant et se dirige vers l’abstraction avant de revenir dans les années 1970-80 vers la peinture.

  au bocal et à la tasse, 1945_Dora Maar

Une artiste exceptionnelle à qui le Centre Pompidou rend un hommage plus que mérité.

Anne-Laure FAUBERT

Jusqu’au 29 juillet 2019 au Centre Pompidou