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Soirée Béjart / Nijinski/ Robbins / Cherkaoui et Jalet: variations sans fin?

Après une journée très dense, il y avait quelque chose de magique à se rendre hier soir – in extremis-  au Palais Garnier…

Une très grande douceur se dégageait des premières minutes de L’Oiseau de Feu tant côté musique (Stravinsky) que chorégraphie ( Béjart – 1970), notamment lors de la ronde où chacun semble se passer un baiser de main en main, contraste d’autant plus saisissant avec la brutalité du deuxième tableau. Un ballet très graphique, japonisant avec ce rond rouge en arrière plan, symbole du sang et de la vie. Le tableau final est à la fois très beau et très (trop?) classique. Les costumes des hommes m’ont interpellée: pourquoi ces bandes rouges à la place de la poitrine? L’oiseau de feu est novateur: pour la première fois dans l’histoire de ce ballet, le rôle de l’Oiseau n’est pas incarné par une ballerine – être surnaturel imaginé par Michel Fokine, mais par un danseur, métamorphosé en jeune poète. L’oiseau de feu, (Florian Magnenet) et l’oiseau Phénix (Jérémy-Loup Quer) sont interprétés avec justesse mais sans grande étincelle… Un beau ballet onirique que j’ai eu plaisir à revoir.

J’étais curieuse de découvrir L’après-midi d’un Faune (1912) de Nijinski sur la musique de Debussy dont je ne connaissais que de courts extraits. Un ballet qui avait scandale pour le caractère explicitement sexuel du final. Un ballet qui ne m’a pas emballé. J’ai repensé à Phèdre de Lifar (cf. billet), qui devait avoir ce ballet en tête pour ces couleurs un peu criardes, cette danse très saccadée et ces costumes d’inspiration grecque.

Ni Jérémie Bélingard (le Faune) ni Eve Grinsztajn (la Nymphe) n’ont emporté mon adhésion.

Afternoon of a Faun était à nouveau LE ballet que j’attendais (cf mon billet lors des Etés de la danse en 2011). La scène se passe dans une salle de danse, le public faisant office de miroir. Deux jeunes danseurs se rencontrent, ébauchent une chorégraphie… Mathias Heymann y interprétait un danseur amoureux et presque timide, Myriam Ould-Braham une danseuse-nymphe très gracile. La rencontre de deux monstres sacrés de la danse? Il se dégageait à nouveau de ce ballet un côté évanescent de l’ordre de l’ineffable…

Boléro, la création de Cherkaoui et Jalet sur la musique du Boléro de Ravel clôturait la soirée. Quand on a vu le Boléro de Béjart, a-t-on tout vu? Oui et non. Si le Boléro de Béjart est pour moi un chef d’oeuvre, cette création avait quelque chose d’intéressant lourd de sous-entendus métaphysiques. Des spectres noirs cèdent la place à des danseurs et danseuses tout de blanc vêtu – d’où les os blancs sont saillants – qui tourbillonnent sur des cercles projetés au sol. Des ondes brouillent parfois cette danse. Marie-Agnès Gillot se distingue une fois de plus par sa maîtrise de la danse moderne. Le boléro comme symbole de la ronde de la vie?

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