A la rencontre de Dom Robert dans le Tarn…

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Département connu pour la cathédrale d’Albi, le Tarn abrite un autre joyau culturel: les tapisseries du moine Dom Robert que l’on trouve aussi bien dans le musée de l’abbaye école de Sorèze que dans l’église Saint-Jean -Massaguel et l’abbaye d’En Calcat où il passa une partie de sa vie. 

En Calcat

Né Guy de Chaunac Lanzac en 1907 dans la Vienne et décédé en 1997 dans le Tarn, Dom Robert est l’un des maîtres de la tapisserie contemporaine. Sa vocation d’artiste – il s’inscrit dans les années 1920 à l’école des arts décoratifs de Paris puis, après un service militaire dans l’Atlas marocain, effectue un stage comme dessinateur pour tissus à Lyon en 1929-1930 – et sa vocation religieuse ont trouvé leur épanouissement à l’abbaye bénédictine d’En Calcat, à Dourgne dans le Tarn, où il entre en 1930 après l’avoir découverte lors de la profession solennelle d’une amie. Son univers pictural émerge en 1940, alors que, démobilisé, il reçoit une illumination devant le spectacle d’une cour de ferme. 

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Qui dit tapisserie contemporaine dit Jean Lurçat (je vous ai parlé du musée d’Angers portant son nom ici) . La rencontre entre les deux artistes a lieu en 1941 et pousse Dom Robert vers la tapisserie avec L’été en 1941. Son univers pictural tourne essentiellement autour de la nature dans sa magnificence inégalable, les animaux de basse-cour, les arbres, les fleurs et les papillons, avec quelques incursions religieuses liées surtout à des commandes, comme celle de Notre Dame de Dijon. J’avoue être restée étonnée par ces sujets éloignés des préoccupations du XX°s, et notamment de la Seconde Guerre mondiale, situation qui devait préoccuper il me semble un homme d’église. 

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Tissées à Aubusson chez Tabard puis chez Suzanne Goubely, ses œuvres sont diffusées dans des grandes galeries à Paris. Son séjour anglais de 1947 à 1957 lui apporte des sujets nouveaux. On retrouve comme sources d’inspiration les miniatures persanes via les enluminures religieuses, l’impressionnisme et le japonisme; et la forme ovoïde contenant la scène centrale est une des caractéristiques de ses compositions. 

Le musée Dom Robert et de la tapisserie du XX° siècle de l’abbaye école de Sorèze propose depuis le mois de février de cette année une nouvelle présentation des œuvres de l’artiste. Ouvert en 2015, ce musée présente par rotation de 3 ans le tiers des collections de Dom Robert, afin de garantir la conservation des œuvres et de renouveler l’intérêt du public.  Ce nouvel accrochage fait la part belle à la thématique de l’automne, des chèvres et des moutons. Quatorze nouvelles tapisseries prennent place dans le parcours. On découvre aussi avec un certain plaisir la section consacrée aux autres artistes de l’atelier Goubely dans une belle mise en scène présentant un métier à tisser. Les œuvres de Jean Lurçat, Maro Prassinos et Michel Tourlière se donnent ainsi rendez-vous dans une scénographie épurée qui met en valeur les œuvres.

Comme Monet puis Dom Robert faites ce que vous voyez, « et non ce que les autres voient », tel pourrait être le leitmotiv de ce voyage poétique et pictural.

Anne-Laure FAUBERT

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