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Rencontre: Laurent Delvert, assistant metteur en scène

Fin novembre, j’ai eu la chance de suivre pendant plusieurs jours les coulisses de la Clémence de Titus, opéra que j’avais déjà vu au Palais Garnier en 2013 (cf critique ici). Un article pour le blog du théâtre des Champs Elysées en est né. Le voici. Toutes les photos proviennent de ce théâtre et ce texte est en ligne depuis le 16 décembre sur leur site ici TITUS_0570-LDelvert

Assistant metteur en scène : « bras droit du metteur en scène dont le rôle varie en fonction de celui-ci. Veille au  bon déroulement des répétitions, en établit le calendrier, prend des notes, souffle le texte. Il participe parfois aux décisions artistiques » Une définition assez large qui correspond bien à ce que j’ai pu voir lors de la préparation de la Clémence de Titus, opéra de Mozart mis en scène par Denis Podalydès.

Prologue : théâtre et opéra, deux rôles différents pour un metteur en scène

J’avais une vision venant du théâtre : pour moi un metteur en scène, habité par une œuvre, souhaitait la mettre en scène et trouvait ensuite un lieu et des financements. En fait, dans les opéras, c’est le Directeur d’une salle qui décide de la programmation et qui contacte ensuite le metteur en scène, qui lui-même recrute ensuite les personnes en charge de la scénographie et des costumes et son ou ses assistants. Pour la Clémence ils étaient deux, deux Laurent : [Laurent Podalydès]*, le frère du metteur en scène et Laurent Delvert, par ailleurs acteur et également metteur en scène de pièces de théâtre.

Acte Un : un rôle polymorphe

L’assistant se charge parfois de faire répéter les chœurs [jeu de scène]*. C’était le cas dans laClémence. Il peut aussi être amené à lire les notes de musique pour le metteur en scène. Il doit également veiller à ce que les acteurs s’approprient la mise en scène voulue. Ainsi, dans la Clémence, Vitellia est-elle toujours accompagnée de trois personnes qui la soutiennent et sont présentes même lorsqu’elle pousse Sextus au meurtre. Le metteur en scène peut en effet raccourcir une œuvre, donner une profondeur à certains acteurs et en doter d’autres d’accompagnateurs.

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Acte deux : la course contre la montre

Après les répétitions, Laurent fait ensuite le tour du plateau, vérifie que le décor se met en place conformément au plan décidé dans les coulisses, se penche, examine une marque pour un  meuble : elle ne doit ni être visible de la salle ni gêner le jeu des acteurs. Puis il reprend son chemin – sa course devrait-on dire vu la multitude de questions à régler. A quelques jours de la générale piano, il faut s’assurer que les principaux costumes sont prêts. Le stress monte, des imprévus de dernière minute peuvent surgir. Le rôle de l’assistant est alors de calmer le jeu, tout en expliquant qu’un acteur a besoin de son costume, ce n’est pas « anecdotique » de jouer avec ou sans lors des filages.

Aparté : les costumes

Lorsque l’on pense à des costumes faits par Christian Lacroix, on voit surgir des images flamboyantes ou scintillantes. On ne s’imagine pas que certains costumes sont d’abord achetés aux fripes avant d’être modifiés pour correspondre à la vision du couturier. Il en est ainsi pour laClémence. Chaque veste, chaque bouton a été trempé dans un bain de couleurs, ou poli puis cousu. Une vision chère à Christian Lacroix qui aime les objets ayant vécu… Le rôle de l’assistant est alors de passer dans chaque loge pour vérifier que costumes, chaussures et accessoires sont bien livrés à temps.

Acte trois : l’assistant metteur en scène – acteur

Quelle surprise lors de la répétition générale de voir Laurent, auparavant en sweet-shirt à capuche et jean, sur scène et en costume !  Je l’avais bien vu lors du filage doubler certains personnages mais sans costume, ni lunettes. La magie de la scène opère lors de la [répétition]* générale et le voici qui soutient Vitellia. Cette double « casquette » lui permet de mieux comprendre les réactions des acteurs, de jouer – métier qui lui est cher depuis le cours Florent – et d’avoir une vision d’ensemble de la pièce.

 LA CLEMENCE DE TITUS -

Un opéra qui, lors de la Première et des représentations, devra rencontrer son public et, s’il est apprécié, couronner positivement les longs mois de travail et d’investissement…

Si le terme « chef d’orchestre » n’était pas connoté dans le milieu artistique, c’est celui que j’emploierais pour résumer le travail de l’assistant metteur en scène.

Découvrir les coulisses du Théâtre des Champs Elysées, échanger avec Laurent Delvert et l’équipe Relations avec le public – et notamment Nadine Petit, assister au filage et à la répétition générale fut pour moi un véritable bonheur. Curieuse de nature j’ai pu aller et venir et poser les questions qui me tenaient à cœur. Un grand merci pour cette très belle expérience !

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Cette entrée a été publiée le 24 décembre 2014 par dans Opéra, OPERA - MUSIQUE BAROQUE, et est taguée , , , .
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