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In Paris de Bounine au théâtre national de Chaillot : la solitude existentielle de l’être

 Par où commencer pour décrire cette pièce ? Peut-être par le fait que 90% des spectateurs étaient venus voir Mikhail Baryshnikov danser. Oh, certes à plus de 60 ans on ne danse plus comme à 20 ou 30 mais sa performance en juin 2010 aux précédents étés de la danse, était vraiment très belle, tant dans son duo avec Ana Laguna sur une pièce de Mats Ek, que dans sa confrontation via des vidéos avec son passé de danseur bondissant.

Hier ce n’était pas le cas. Ayant lu les critiques de la Première je le savais, mais je peux comprendre la déception de certains spectateurs. L’erreur était en fait d’inclure cette pièce dans les étés de la danse.

In Paris est l’histoire de la rencontre à Paris en 1930 de deux émigrés russes : lui un ancien général de l’Armée blanche, elle une serveuse beaucoup plus jeune. Autour de ces 2 solitudes se tisse une pièce mêlant vidéo, musique (avec des caissons de bouteilles), airs d’opéra, voltige et un peu de danse, à la fin.

La pièce est dite en partie en français, en partie en russe (la traduction française n’étant alors que partielle et perdant en intensité).

Le décor planté, qu’en ai-je pensé ?

La solitude est extrêmement bien rendue par une mise en scène dépouillée, des aboiements de chien à un moment symbolisant l’enfermement intérieur. Micha est un très bon acteur et  Anna Sinyakina une bonne actrice même si sa voix m’est insupportable et ses gestes parfois un peu trop brusques. La table bancale du restaurant fait penser aux peintures cubiques, le duo onirique de « voltige » à la fin est dans la droite ligne de Chagall  avec cette femme flottant dans les airs (le plus beau moment peut-être avec la danse finale (et attendue) de Micha en toréador.

Mais qu’est ce que c’est long !! Pourquoi mettre en scène un chien urinant, Micha se rasant ?

Cela n’apporte rien ! En revanche, les atermoiements de la serveuse sur sa façon de s’habiller avant d’aller à leur rendez-vous est extrêmement réussi et reflète toutes les palettes de sentiments d’une femme souhaitant séduire….

Une pièce laissant sur sa faim…

Un commentaire sur “In Paris de Bounine au théâtre national de Chaillot : la solitude existentielle de l’être

  1. Fab
    18 septembre 2011

    J’ai trouvé au contraire que la scène de rasage, bien que sans doute un peu longue, était très réussie. J’ai justement aimé la façon dont le metteur en scéne introduisait de la beauté dans le trivial (le rasage), et à contrario, du trivial dans un moment de poésie (le chien mécanique qui vient uriner sur la roue de la voiture). En revanche, tout à fait d’accord avec toi, c’était une erreur stratégique d’avoir présenté cette pièce dans le cadre des étés de la danse. Beaucoup d’espoirs déçus…

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