Que retenir de la saison danse 2011-2012?

A l’heure où la saison 2012-2013 a déjà commencé, une vision très subjective en 10 points de ce que je retiens pour la danse de la saison passée:

Côté danseurs:

1 – Revoir Micha (Mikhail Baryshnikov) à Chaillot

2- Les nominations comme étoiles de Josua Hoffalt et Myriam Ould-Braham

3- Mathias Heymann dans La Source de Jean-Guillaume Bart

4 – Marie-Agnès Gillot, Nicolas Le Riche et José Martinez dans Appartement de Mats Ek

5 – Karl Paquette dans Onéguine

6 – Aurélie Dupont et Josua Hoffalt dans Manon

Côté Ballets:

7 – La chorégraphie de La Source par Jean-Guillaume Bart, sublime

8 – Onéguine de Cranko pour la psychologie des personnages et cette très belle fresque

9 – Manon de Macmillan, pour son histoire, la danse, les costumes…

10 – Les étés de la danse et notamment : Revelations d’Alvin Ailey, que j’aime toujours autant et le très sensuel In/Side de Robert Battle

Micha sur Youtube….

A  l’heure où:

– je peste parce que je n’ai pas eu de place pour la première de Phèdre de Lifar qui commence mercredi (et Psyché de Ratmansky);

– j’ai découvert lors de la mise en ligne de la distribution du dit ballet ( oui je parle ainsi ; )) ) que je ne verrai ni Nicolas Le Riche ni Marie-Agnes Gillot, ni Aurélie Dupont ni Karl Paquette car le jour où j’y vais ils n’y sont pas – je n’ai pas dit mon dernier mot, je vais bien trouver une place un jour où ils dansent!!

J’ai 2 choix:

– ou continuer de râler

– ou regarder un peu de danse sur internet…

Voici donc les résultats de mon second choix.

Just enjoy Mikhail Baryshnikov…

Pour ses sauts dans Coppélia et Giselle

Pour son côté goujat assumé dans Sinatra songs de Twyla Tharp, pièce donnée cet été aux étés de la danse

In Paris de Bounine au théâtre national de Chaillot : la solitude existentielle de l’être

 Par où commencer pour décrire cette pièce ? Peut-être par le fait que 90% des spectateurs étaient venus voir Mikhail Baryshnikov danser. Oh, certes à plus de 60 ans on ne danse plus comme à 20 ou 30 mais sa performance en juin 2010 aux précédents étés de la danse, était vraiment très belle, tant dans son duo avec Ana Laguna sur une pièce de Mats Ek, que dans sa confrontation via des vidéos avec son passé de danseur bondissant.

Hier ce n’était pas le cas. Ayant lu les critiques de la Première je le savais, mais je peux comprendre la déception de certains spectateurs. L’erreur était en fait d’inclure cette pièce dans les étés de la danse.

In Paris est l’histoire de la rencontre à Paris en 1930 de deux émigrés russes : lui un ancien général de l’Armée blanche, elle une serveuse beaucoup plus jeune. Autour de ces 2 solitudes se tisse une pièce mêlant vidéo, musique (avec des caissons de bouteilles), airs d’opéra, voltige et un peu de danse, à la fin.

La pièce est dite en partie en français, en partie en russe (la traduction française n’étant alors que partielle et perdant en intensité).

Le décor planté, qu’en ai-je pensé ?

La solitude est extrêmement bien rendue par une mise en scène dépouillée, des aboiements de chien à un moment symbolisant l’enfermement intérieur. Micha est un très bon acteur et  Anna Sinyakina une bonne actrice même si sa voix m’est insupportable et ses gestes parfois un peu trop brusques. La table bancale du restaurant fait penser aux peintures cubiques, le duo onirique de « voltige » à la fin est dans la droite ligne de Chagall  avec cette femme flottant dans les airs (le plus beau moment peut-être avec la danse finale (et attendue) de Micha en toréador.

Mais qu’est ce que c’est long !! Pourquoi mettre en scène un chien urinant, Micha se rasant ?

Cela n’apporte rien ! En revanche, les atermoiements de la serveuse sur sa façon de s’habiller avant d’aller à leur rendez-vous est extrêmement réussi et reflète toutes les palettes de sentiments d’une femme souhaitant séduire….

Une pièce laissant sur sa faim…

Micha on t’aime!!! ou Les étés de la danse acte 2

Alors que le temps fait grise mine et qu’à Paris l’été semble déjà loin, Les étés de la danse entament leur seconde partie ce jeudi.

J’avais déjà parlé de cette manifestation sur ce blog, dont j’avais vu deux spectacles en juillet.

J’avoue que j’attends la venue de Mikhail Baryshnikov avec une réelle impatience de groupie, osons le mot.

Mais qui est donc Micha – pour reprendre à la fois le surnom russe de ce danseur et la façon dont l’appelait lors de mon séjour new yorkais une New Yorkaise en charge d’une agence de communication travaillant notamment avec les compagnies de danse? Un des plus grands danseurs du XX°s encore vivant…. 

Micha a un parcours qui pourrait ressembler à celui de Noureev, en moins tapageur.

Comme lui, il est d’origine russe, quoique letton et non Tatar comme Noureev (1938 -1993). Né en 1948, Micha rentre au Kirov en 1967, comme Noureev l’avait fait en 1959. Ils passent tous les deux à l’Ouest, mais d’une façon moins médiatique pour Micha. Star de l’American ballet theatre  à New York (1974-1979), le danseur se fait aussi acteur de 1977 à 1985 et photographe. Il fonde en 2000 le White Oak Dance Project qui permet de faire connaître les chorégraphes contemporains.

Cet éclectisme se retrouve dans le programme d’In Paris, adapté du roman A Paris d’Ivan Bounine (1870 – 1953). Un mélange de théâtre, de danse, de musique et de vidéo pour narrer l’amour de deux émigrés russes à Paris dans les années 1930. L’homme est un ancien général de l’Armée blanche russe, la femme une jeune femme beaucoup plus jeune.


Les étés de la danse « pour les nuls »…

Avant de faire le point sur la saison danse 2010-2011 de l’Opéra de Paris, j’avais envie de vous parler des Etés de la danse où je serai ce soir. La seule soirée où j’arrivais à concilier mon agenda, Afternoon of a Faun de Jérome Robbins et Nine Sinatra Songs dont j’avais vu « Strangers In The Night” au Gala pour le Japon.

Cette idée d’article m’est venue à la suite d’une question posée par une amie : « mais au juste c’est quoi les étés de la danse? » C’est vrai que vu comme ça, c’est mystérieux…

Initiative lancée en juillet 2005, ce festival permet de voir chaque été, notamment au théâtre du Châtelet, et alors même que les autres salles terminent leur saison, une compagnie de danse connue internationalement ou un chorégraphe.

Je le suis désormais depuis 3 ans et j’ai à chaque fois de très belles surprises.

En 2009, j’avais ainsi pu découvrir l’Alvin Ailey American Dance Theater (ci-dessous affiche de la 5° édition des Etés, source: Etés de la danse). Il y avait notamment Revelations, ballet créé en 1960 par Alvin Ailey et dont les negro spirituals, la chorégraphie et les costumes blancs ou jaunes inspirés de la Louisiane étaient magnifiques. Un de mes ballets préférés…

L’an dernier, outre le célèbre Mikhail Baryshnikov, qui à plus de 60 ans, dansait « Solo for Two » avec Ana Laguna, muse de Mats Ek, j’avais revu mes classiques avec le ballet de Novossibirsk: La Bayadère, Le lac des Cygnes (version Ivanov / Petipa), mais aussi un hommage à Balanchine dont j’aime beaucoup le côté graphique. Ce n’était pas toujours très propre et notamment dans la deuxième partie du Lac, les danseuses / cygnes ne descendaient pas toutes le pied en même temps mais les décors étaient somptueux. J’y ai surtout découvert un couple de danseurs extraordinaires: Olessia Novikova et Leonid Sarafanov du Mariinski (Saint Petersbourg)… Une finesse et des sauts comme on en fait peu en France…

J’ai hâte de voir le cru 2011…