L’anatomie de la sensation: une création sans réelle « patte personnelle »

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N’ayant pas réussi à avoir des places pour la soirée d’ouverture des Etés de la danse je me suis tournée vers de la danse contemporaine, L’anatomie de la sensation de Wayne Mac Gregor, création pour l’Opéra de Paris inspirée des oeuvres de Francis Bacon.  Cinq étoiles étaient présentes hier, accompagnant le corps de ballet: Mathias Heymann et Jérémie Bélingard dont le duo apparaît comme un des fils rouges de la pièce, Marie-Agnès Gillot à la danse si gracile, Aurélie Dupont, aux apparitions trop furtives à mon goût et ce alors qu’elle revenait après une absence d’un an, et Dorothée Gilbert, peu vue également.

Je ne suis pas adepte de ces chaires roses torturées mais j’avais envie de voir comment la peinture était transcrite en danse.

Premier étonnement: cette création est somme toute assez classique. Je m’attendais à des courses comme dans Rain de Keersmaeker, des pieds flexes comme dans Mats Ek. Ces-derniers sont bien présents mais retranscrivent davantage l’aspect torturé de l’oeuvre qu’une marque de fabrique.

Deuxième étonnement: une forte inspiration balanchinienne. Pour les néophytes, Balanchine passe en ce moment aux Etés de la Danse. Ses chorégraphies sont assez graphiques, les danseurs évoluant -en schématisant – en justaucorps sur fond de couleur uni.

Dernière surprise: la pièce, qui suit les 9 mouvements de la pièce Blood on the floor de Mark-Anthony Turnage, ne progresse pas. Une histoire ne nous est pas racontée, comme dans Caligula de Nicolas Le Riche. 9 tableaux se suivent, alternant 3 duos, un solo, un quatuor et 4 danses de groupe, avec un emprunt parfois au music hall. Je m’attendais à une variation sur les 5 sens, sur les différents types de perception. C’est bien ce qui était revendiqué, je ne l’ai pas trop retrouvé.

La musique ne servait pas particulièrement la pièce, les cuivres étant trop forts, grande faiblesse de l’Opéra Bastille criante hier soir.

Une fois toutes ces remarques faites, ai-je aimé cette pièce?

Abstraction faite de ces remarques, je ferai une distinction entre adhérer à une pièce et apprécier certains passages. En ce qui me concerne, j’ai beaucoup apprécié l’aspect graphique me rappelant Balanchine. Point

Le premier mouvement, interprété par Mathias Heymann et Jérémie Bélingard, marqué par une homosexualité latente, était très baconien, torturé quoi.

Le deuxième, dansé par Marie-Agnès Gillot, où une personne évolue dans un cercle de lumière sur fond jaune, était particulièrement beau, tant dans les gestes que dans les jeux de lumière.

Le quatrième, Sweet and Decay, interprété par Marie-Agnès Gillot, Audric Bezard, Alice Renavand et Joshua Hoffalt, mettait en lumière les relations parfois violentes entre êtres humains.

Le huitième mouvement, duo d’Alice Renavand et Josua Hoffalt, était différent: moins contorsionné et plus joyeux.

En conclusion: Une soirée très graphique et parfois agréable mais je ne sais pas quelle est la patte du sieur Mac Gregor.

10 comments on “L’anatomie de la sensation: une création sans réelle « patte personnelle »”

  1. Je suis heureuse d’avoir lu votre article. Je ne suis pas particulièrement douée dans le domaine des opéras et les ballets mais ce spectacle m’a laissée dubitative. Bien sûr, on apprécie les mouvements des corps et la façon dont ils occupent l’espace mais je n’ai pas été convaincue par le côté hommage à Bacon.
    Dans un autre registre, je voulais réserver pour Salomé à la rentrée mais le prix des places est dissuasif. Dommage, je suis fascinée par le personnage. Mais si vous y allez et que vous lui consacrez un article, je vous lirai avec grand plaisir.

    1. L’opéra est dissuasif par ses prix une fois qu’on n’a plus accès à la carte Jeunes. Avant, j’y allais très souvent, depuis 2 ans je me suis spécialisée dans la danse car je préfère l’implicite de la danse à l’explicite de l’opéra ( si on n’a pas compris au bout de 15 minutes qu’une personne est amoureuse ou meurt c’est qu’on est sourd ; ) ) et pour les prix.
      Mais je continue à y aller pour le baroque.
      Pour Salomé c’est étrange, on m’a demandé hier si je voulais y aller ou pas. J’hésite. Je peux vous envoyer un mail en privé sur les « trucs » à savoir pour avoir des tarifs corrects. Je connais mieux Garnier que Bastille, car les problèmes de sonorité de ce-dernier me font mal aux oreilles.

      Sinon, dans un autre domaine, c’est dans le cinéma et le théâtre que je me sens moins douée : je n’ai jamais réussi à retenir les noms des réalisateurs et sors souvent du théâtre déçue par le jeu des acteurs. Comme quoi nos blogs sont complémentaires ; )

  2. Je suis preneuse si vous avez de bons conseils à me prodiguer afin d’obtenir des places un peu moins chères pour ce spectacle. J’ai vu la Solomé de Wilde à de nombreuses reprises mais jamais celle de Wagner.
    Vous pouvez me contacter à l’adresse mail du commentaire.
    Excellente journée! 🙂

  3. Mail bien reçu. Je vous remercie énormément d’avoir pris le temps de l’écrire. J’apprécie beaucoup le geste. ^
    Excellente journée

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