Caligula de Nicolas Le Riche : un portrait tout en nuances

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Caligula évoque pour les latinistes les versions sur lesquelles ils ont tiré la langue au lycée ou en prépa. Certains rappellent que cet empereur tyrannique, immortalisé par Camus dans sa pièce de théâtre éponyme, tenait son surnom, des sandales qu’il portait enfant lorsqu’il suivait les camps militaires de son père.

Un décor minimaliste

Mais Caligula est également un ballet monté par le danseur étoile Nicolas Le Riche en octobre 2005 pour l’Opéra de Paris. N’ayant pas eu de place à cette époque, et l’ayant totalement oublié en 2008 lors de sa reprise, j’avais bien envie de voir ce que cela donnait.

Le décor est minimaliste: une rangée de colonnes rouges, des draperies, un escalier en toile de fond. Un écran flottant sert de plafond sur lequel défilent notamment des images lunaires.

La musique, les très célèbres Quatre saisons de Vivaldi, est entrecoupée après chaque saison de musique électroaccoustique servant d’interlude. Un seul regret à ce sujet: le violon grinçant du chef d’orchestre.

Les costumes sont modernes : les sénateurs sont vêtus de combinaison noire, les suivants (des femmes) d’un costume orientalisant doré, Caligula d’une tunique rouge sur laquelle se détachent des traits blancs, synonyme d’armures. Tout est donc fait que pour le spectateur se concentre sur la danse, et sur les effets des drapés blancs lors des interludes.

J’ai vraiment adoré cette pièce. Les jeux de groupes rappellent les chorégraphies de Jiri Kylian, notamment dans le ballet très moderne Kaguyahime donné en juin-juillet 2010 à Bastille. Ici ni pieds flexes comme chez Mats Ek, ni trémoussements malsains comme chez Preljocaj. La chorégraphie est sobre, classique dans les duos, efficace. Aux saisons représentant les étapes de la vie de l’empereur sont associées les couleurs des danseurs et de la scène: l’automne se pare de couleurs mordorées, l’hiver voit un duel avec la lune sous une lumière et un décor blancs. Les interludes modernes distillent une certaine inquiétude, symbole de cette lente descente vers la folie de Caligula.

Le duo entre Caligula et son cheval, laisse un répit. Instants de grâce avant le meurtre de la lune par l’empereur, son assasinat par des conjurés – dont son épouse –  puis son agonie…

Nicolas Le Riche exprime dans ce ballet la folie d’un homme que le pouvoir va renforcer. Loin d’apparaître d’un seul bloc, on sent l’empereur vasciller à plusieurs reprises, pris de doutes, attentionné… mais la violence reprend le dessus.

3 comments on “Caligula de Nicolas Le Riche : un portrait tout en nuances”

  1. J’aime beaucoup ce ballet également.
    Je me rappelle que la première fois que je l’ai vu en 2008, il y avait des femmes chez les sénateurs et des hommes chez les suivants. L’idée a été abandonnée et ça c’est pas plus mal!

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