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Coppélia: Bart versus Lacotte

En 10 jours, j’ai vu deux fois le ballet Coppélia à l’Opéra Garnier, dans deux chorégraphies différentes. Si ce n’est pas du vice ça…

Ce ballet ressemble par certains aspects à mon ballet préféré Giselle. Coppélia est en effet également composé sur la structure musicale du leitmotiv et emprunte plusieurs passages au folklore d’Europe centrale, notamment des mazurkas et des thèmes slaves (ce que j’appelle le style « Grande Russie »).

Le 28 mars, il s’agissait de la chorégraphie de Patrice Bart, entrée au répertoire le 23 mai 1996. Un ballet d’adieux en 2011, puisque le chorégraphe quittait quelques jours après l’Opéra de Paris après plus de 50 ans de « bons et loyaux services ». Dorothée Gilbert jouait Swanilda, Mathias Heyman, Frantz et José Martinez, Coppélius. Quant au personnage de Spalanzani, rajouté par Bart, il était interprété par Fabrice Bourgeois. Le chorégraphe est venu saluer à la fin. Un grand moment d’émotion pour les « balletomanes ».

Le jeudi 7 avril, à l’occasion de la Première du  spectacle de l’Ecole de Danse, la chorégraphie était de Pierre Lacotte (1973), les rôles principaux étant interprétés par des élèves. Les costumes s’inspiraient des maquettes de 1870.

Pierre Lacotte s’inscrit clairement dans la vision classique de Coppélia: le décor – un village d’Europe centrale – retranscrit l’atmosphère du XIX°s, tout comme les costumes (cf ci-dessus). Chorégraphiquement, les danses de caractère – mazurkas et pieds de bottes – sont un élément important. L’intrigue, enfin, reste proche du conte L’homme au sable d’Hoffman dont s’inspire le ballet: un jeune homme tombe amoureux de la fille de Coppélius, qui se révèle être une poupée. Les danseurs sont très expressifs. Le moment où Coppélius semble avoir donné vie à la poupée – en réalité Swanilda déguisée en poupée – est vraiment très drôle: entre paires de claques « involontaires » de celle-ci et tentatives pour réveiller Frantz, le spectateur se délecte.

Bart rajoute à cette histoire rocambolesque, mais sans réel relief, une forte dimension psychologique. Frantz – un peu trop lisse au demeurant – n’est plus le seul « coupable ». Coppélius – très séduisant et mystérieux José Martinez- est en effet beaucoup plus jeune et séduit Swanilda qui lui rappelle un amour perdu – ou imaginaire? Sa danse saccadée retranscrit son état d’esprit un peu perturbé. Il est célibataire et son valet Spalanzani remet à Frantz un livre où une très belle femme est représentée. Coppélius représente ici l’homme d’âge mur qui peut initier la jeune femme. Celle-ci rentre d’ailleurs d’abord dans son jeu avant de s’apercevoir du danger.  Elle en ressort perturbée. L’ombre de Coppélius continuera de planer sur l’amour des fiancés… Cette dernière partie est d’ailleurs un peu ratée au niveau de la mise en scène: un romantisme « noir » figuré par des fumées d’où sort le couple. Un procédé un peu trop facile pour signifier le retour d’un « autre monde »…

Pour conclure, on s’amuse davantage dans la première version. On réfléchit plus dans la seconde.

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