La Source de Jean-Guillaume Bart: beauté et émotion

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J’attendais avec impatience ce ballet, seule création de danse de la saison et dont les costumes sont signés Christian Lacroix.

Comme beaucoup, je pensais également qu’il y aurait une nomination d’étoile, celle de Ludmila Pagliero. Que nenni!

C’est donc après avoir quitté en hâte le vernissage de l’exposition photo à laquelle je participais que je suis arrivée à Garnier samedi.

Pour une fois, j’avais décidé de regarder le ballet sans avoir lu ni l’histoire ni les critiques… Histoire de me faire MON idée du sujet.

Créée en 1866 à l’Opéra de Paris, La Source est un ballet oublié dont le livret était de Charles Nuitter, la chorégraphie d’Arthur Saint-Léon et les musiques de Ludwig Minkus et Léo Delibes.

La source raconte l’histoire du sacrifice de l’esprit de la Source, Naïla (Ludmila Pagliero) pour  l’amour de deux mortels, le chasseur Djémil ( Karl Paquette) et la belle Nouredda ( Isabelle Ciaravola). Zaël ( Mathias Heymann), l’elfe de Naïla, s’avère un allié précieux pour Djémil. S’y greffent de très beaux passages techniques dans une conception classique.

Une création donc très classique.

La magie a opéré samedi soir.

Magie des costumes d’abord. Le soutien de Swarovski leur apportait d’ailleurs un aspect « paillettes » qui aurait vite pu devenir « pièce montée « si les décors avaient été du même acabit. Heureusement ceux-ci étaient très sobres, consistant en quelques cordes représentant notamment des arbres. J’y ai même cherché une symbolique de la Source… A moins que ces cordes ne symbolisent l’irréel propre aux histoires merveilleuses…

Magie des danseurs. Si mon cher Karl Paquette a souffert de la comparaison avec Mathias Heymann ( une différence d’âge? J’ai connu le premier moins raide); ce-dernier était extraordinaire. La salle ne s’y est d’ailleurs pas trompée. Des applaudissement qui changeaient  de la Première de Phèdre.

Magie de la chorégraphie. J’ai beau ne pas être une partisane des grands morceaux uniquement techniques, ceux-ci étaient vraiment réussis samedi soir, tant dans les danses caucasiennes dont le chatoiement des couleurs et les pas rappelaient les grandes danses « de genre » classiques, que dans les danses des Odalisques.

Une très belle soirée, même si la fin était un peu longue. L’occasion  de revoir un Mathias Heymann au meilleur de sa forme et de découvrir une très belle création…

Une question toutefois: pourquoi confie-t-on uniquement aux anciens étoiles hommes des chorégraphies??

6 comments on “La Source de Jean-Guillaume Bart: beauté et émotion”

  1. Première fois que lire ce blog me fait concrètement aller voir le spectacle! Et j’en remercie la bloggeuse! Un spectacle flamboyant, un corps de ballet féminin gracieux, de beaux costumes signés Christian Lacroix (whoelse?) quoique certains chargés et trop brillants par le cristal Svarovski utilisé… Belle mention à Ludmila Pagliero dans le rôle de l’esprit de la Source et à l’interprétation musicale de l’orchestre de la musique créée en 1866 spécialement pour l’Opéra par Léo Delibes.
    Un corps de ballet masculin toutefois un peu engoncé dans ses costumes (sauf les elfes) et balourd à mon goût, et un décor de cordes qui pendouillent qui m’ont fait penser à un resto allemand qui avait le même, qui montait et descendait, et nous avait bien rigoler à l’époque…
    Une réussite dans l’ensemble, un très bon moment à passer.

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