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Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910: une exposition sur la condition féminine au XIX°s

C’est le type d’exposition qui interpelle quand on ne l’a pas vue.

Est-on dans l’esbroufe, le racolage – sans mauvais jeu de mots? Et bien non! Cette exposition, riche et documentée, traite de la condition féminine dans la seconde moitié du XIX°s, de la prostitution clandestine à celle réglementée, du monde interlope, aux demi-mondaines ou grandes horizontales.

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Les maisons closes peintes par Toulouse-Lautrec

S’il s’agit d’une exposition qui adopte le point de vue masculin – qu’il soit documentaire, fantasmé ou méprisant, il est important de souligner que le commissariat est le fait de deux conservatrices, Marie Robert et Isolde Pludermacher, et la scénographie de Robert Carsen (celui de My fair lady au théâtre du Châtelet, dont je vous avais parlé ici).

De la marchande de fleurs à la courtisane, ces femmes ont en commun de vendre leur corps, de façon épisodique ou récurrente. Se développent alors les brasseries à femmes, les maisons closes où ces femmes sont maintenues en état de dépendance par la tenancière du lieu, ainsi que des soirées costumées à l’Opéra où ces messieurs viennent chercher de la compagnie. Dans la société corsetée du Second Empire, les hommes s’ennuient et cherchent des distractions.

L’époque considère la prostitution comme un mal nécessaire, une façon d’évacuer le vice. Les clients peuvent donc choisir les filles, qui sont répertoriées et contrôlées.

Si la prostitution n’est pas nouvelle, c’est son influence dans les arts qu’il l’est. Les propositions des clients, les scènes de femmes dans les maisons closes…sont décrites par les peintres et notamment Toulouse Lautrec ou Degas. De même l’invention de la photographie permet aux photographes de reconstituer des scènes érotiques puis, avec l’invention de l’appareil portatif, de photographier ces lieux et de prolonger leur possession de la femme par la photo.

Certaines personnes s’élèvent cependant contre cette pratique, à l’instar de Leo Taxil qui en 1884 déclare « Par la prostitution reconnue comme vice légal, on dégrade indignement la femme et l’on méconnaît l’égalité qui doit régner entre elle et l’homme. Ce mépris de la femme est dangereux pour l’ordre moral et social tout entier ».  Des propos à méditer alors que certains régimes totalitaires instaurent l’esclavage sexuelle des femmes…

Cette exposition évoque également pour la balletomane que je suis La dame aux camélias (voir ce billet) et la jalousie que pouvait provoquer leur situation puisqu’elle choisissait leurs amants et se faisait parfois offrir hôtel particulier, bijoux… comme la célèbre Païva dont le lit est exposé dans l’exposition…

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