Velázquez et la famille de Philippe IV au Prado ou les femmes comme monnaie d’échange dynastique

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Une très belle exposition se tient au Prado jusqu’au 8 février. De taille réduite elle présente 30 tableaux venus de Vienne, Paris, les Etats-Unis, des collections privées et bien sûr, du Prado.

Diego_Velázquez_Famille royales espagnole

Rappelant brièvement par 4 tableaux la carrière du peintre à la cour papale en 1650, cette exposition retrace les 11 dernières années de la carrière de Velázquez et de ses successeurs comme peintres officiels.

Il y a 3 ans, lors de ma découverte du Prado, j’avais été effrayée par l’endogamie de la famille royale espagnole ainsi que par le nombre de mariages contractés par les rois, les reines mourant souvent en couche. Philippe II d’Espagne épouse ainsi successivement 4 femmes.

Cette exposition montre de façon criante la ressemblance entre ces souverains qui, à force d’épouser leur nièce, finissent par avoir un coté « fin de race ».

Ainsi Philippe IV épouse, à la mort de sa femme âgée de plus de 40 ans, Marianne d’Autriche, destinée à son fils décédé auparavant (vous me suivez ?). Ladite Marianne était plus jeune de 29 ans que son oncle-roi-mari et plus âgée de 4 ans que la fille du roi, sa cousine, Marie-Thérèse, qui épouse Louis XIV.

Une pièce de l’exposition est consacrée aux 2 cousines qui se ressemblent énormément : mêmes cheveux clairs frisés, forme du visage similaire.

Les enfants de Marianne et Philippe IV, l’infante Marguerite des Menines, Felipe et Carlos II sont également peints d’une façon nouvelle dans l’art du portrait officiel.

L'Infante_Marguerite_-_Diego_Velasquez

La belle infante meurt à 22 ans après avoir épousé son oncle; le jeune Felipe décède enfant. Quant à Carlos II dont sa mère assure la régence, à la mort du Roi, jusqu’à l’âge de ses 14 ans, il parait bien pâle et gringalet (pour rester poli)…

Le dernier tableau, magnifique, d’une jeune femme blonde habillée de noir, a longtemps été considéré comme celui de Marie Thérèse, épouse de Louis XIV, puis de Marianne. Il apparaît aujourd’hui comme représentant l’infante Margueritte après le décès de son père. Endogamie quand tu nous tiens…

Une très belle exposition qui montre l’évolution du portrait de cour, mais qui effraie sur la place de la femme, monnaie d’échange dynastique. Une politique matrimoniale qui se poursuit puisque au XVIII°s Goya peint la famille de Charles IV où les mariages oncle – nièce continuent…

1 comments on “Velázquez et la famille de Philippe IV au Prado ou les femmes comme monnaie d’échange dynastique”

  1. Grâce à ce billet je viens de comprendre l’expression « le choix du Roi » lorsqu’un couple attend une petite fille après avoir eu un garçon… Ça fait réfléchir… Merci!

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