Sur les routes de Samarcande à l’Institut du monde arabe

Avis aux amateurs d’Asie centrale, de tapis et d’étoffes! L’Institut du Monde arabe présente une exposition remarquable « Sur les routes de Samarcande, merveilles de soie et d’or » jusqu’au 4 juin 2023.

Chapan de style « darkham » Fin du XIXème – début du XXème siècle, Boukhara – Samarcande, Samarkand state museum-reserve © La Fondation pour le développement de l’art et de la culture de la République d’Ouzbékistan © Laziz Hamani

Dans un parcours déployé sur plus de 1100m2, dans une scénographie époustouflante – BGC Studio, la même agence que pour l’exposition Chrétiens d’orient a officié – les visiteurs découvrent plus de 300 pièces sorties pour la première fois des musées d’Ouzbékistan: de magnifiques chapans (manteaux) et accessoires brodés d’or de la cour de l’émir, des harnachements de chevaux en argent et turquoises, des tapis, bijoux et costumes ainsi que des tableaux d’avant-garde. Les pièces présentées concernent la fin du XIX°s et le début du XX°s, alors que l’Asie centrale est au centre des enjeux de pouvoirs des différentes puissances.

Chapan XIXème siècle, Boukhara. Velours, broderie d’or. Boukhara, Bukhara state museum-reserve, The citadel of Ark – museum of local history (IV-III BC – XX century.) © La Fondation pour le développement de l’art et de la culture de la République d’Ouzbékistan © Laziz Hamani

L’exposition « Sur les routes de Samarcande, merveilles de soie et d’or » est l’occasion de découvrir la politique de mécénat mise en place à la fin du XVIII°s par l’émir de Boukhara afin de relancer la production de la soie. Il relance également la broderie d’or en investissant dans des ateliers et Boukhara redevient la ville la plus riche de cet espace. L’émir met également en place des règles pour l’utilisation des broderies: la broderie d’or est validée par l’émir car elle a un sens politique. L’or est par ailleurs à l’époque un artisanat masculin car il nécessite un travail physique. Le textile devient alors un symbole de richesse et de pouvoir, un signe ostentatoire vis à vis de la population et des Russes tandis que le chemin de fer conduit à la présence de textiles d’importation de Lyon, du Danemark et de la Russie.

L’exposition « Sur les routes de Samarcande, merveilles de soie et d’or » permet de découvrir les différents styles de vêtements: le style butador vient de l’amande, signe de longévité; le style Dokor consiste en des broderies uniquement sur les bordures.

Les tapis ont aussi leurs spécificités, entre les tapis noués à poils longs, les tapis de velours ou les tapis brodés. Des espaces vides sont parfois laissés afin que les autres générations prennent le soin de les terminer. Les familles les plus aisées fabriquent des tapis en soie sinon les tapis sont en coton avec de la soie colorée. Comme Samarcande est moins riche que Boukhara, les tissus le sont également. Certains symboles reviennent comme les croix pour les points cardinaux… Tout un monde se dévoile devant nous…

Une exposition d’une rare beauté qui permet de voyager en Ouzbéksitan en restant à Paris…

Anne-Laure FAUBERT 

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