Artistes & Robots au Grand Palais… “Désormais, l’artiste ne crée plus une oeuvre, il crée la création.” Nicolas Schöffer

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Dans les prochaines décennies, l’intelligence artificielle va  transformer en profondeur le travail, l’économie, la société  et même le domaine artistique dans son ensemble.

Passionné(e)s ou amateurs de robots ?

 

So Kanno
So Kanno + Takahiro Yamaguchi : Photo: Anne-Laure FAUBERT

 

Cette exposition invite tous les publics à expérimenter des œuvres créées par des artistes à l’aide de robots de plus en plus intelligents. Une trentaine de créations nous donne accès au monde virtuel immersif et interactif, à l’expérience sensible du corps augmenté, de l’espace et du temps bouleversés.

La société actuelle devient fortement machinisée. Les artistes trouvent donc un intérêt avec les robots et l’intelligence artificielle car un bouleversement se produit par rapport à l’existence humaine mais aussi pour la condition de l’œuvre d’art ; que ce soit pour sa production, son exposition, sa diffusion, sa conservation et aussi sa réception.

Les œuvres présentées nous font interroger sur : Qu’est-ce qu’un artiste ? Qu’est-ce qu’une oeuvre ? Que peut bien faire un robot que ne peut pas faire l’artiste ? S’il est doté d’une intelligence artificielle, un robot a t-il de l’imagination ? Qui décide : l’artiste, l’ingénieur, le robot, la regardeuse, le regardeur, tous ensemble ? Peut-on parler d’une œuvre collective ?

“ […] J’ai senti que j’essayais de décrire un présent impensable mais en réalité je sens que le meilleur usage que l’on puisse faire de la science-fiction aujourd’hui est d’explorer la réalité contemporaine au lieu d’essayer de prédire l’avenir. […] La Terre est la planète alien d’aujourd’hui.” William Gibson.

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L’exposition est décomposée en trois grandes parties :

  • La première parle du thème “La machine à créer”. Le robot est par définition “une machine à l’aspect humain” et “un mécanisme automatique complexe pouvant se substituer à l’homme pour effectuer certaines opérations”. Dans cette partie, vous verrez l’activation des robots avec des mouvements considérés comme “physiques”. Ils font des mouvements qui prennent la dimension humaine.

Sur cette œuvre, on a l’impression que le robot porte le coup de crayon de l’artiste.

  • Puis nous arrivons sur “L’œuvre programmée”. Les robots deviennent invisible, plutôt sous forme d’ordinateurs, mais ils possèdent des programmes informatiques et algorithmiques qui permettent de créer une oeuvre. Les artistes veulent expérimenter de nouvelles techniques. Un certain tempo se met en place ; aussitôt pensé, aussitôt fait. On sait quand l’œuvre commence mais pas quand ni comment elle finira.

“Rien, pas même nous, ne nous est donné autrement que dans une sorte de demi-jour, dans une pénombre où s’ébauche de l’inachevé, où rien n’a ni plénitude de présence, ni évidente patuité, ni total accomplissement, ni existence plénière.” Etienne Souriau

 

colonnes
Michael HANSMEYER – Asrana Columns, 2017 – Photo: Anne-Laure FAUBERT

 

  • La dernière salle parle du robot qui s’émancipe.

“[…] C’est la même chose que l’école chez les humains. Ils apprennent à parler, à écrire, à calculer. Comme ils ont une mémoire sans faille, vous pouvez leur lire vingt volumes d’une encyclopédie et ils vous répèteront tout dans le même ordre. Mais ils n’inventent jamais rien. […] Ensuite, se font le tri et l’expédition. Quinze mille pièces par jour, si je ne compte pas un petit pourcentage d’exemplaires défectueux qu’on envoie à la casse… Voilà, voilà.” Karel Capek.

Les robots deviennent l’égal des hommes. Ils peuvent reproduire les mêmes mouvements physiques, un savoir-faire similaire et on peut même constater qu’ils ont une “psychologie”. Les artistes utilisent aujourd’hui le Deep Learning qui est par définition l’apprentissage sophistiqué des robots tout en le parodiant ou détournant pour dégager un nouvel atmosphère pour leurs œuvres

Et pour terminer cette exposition, nous constatons que toutes les œuvres qui descendent du robot nous obligent à revoir la mesure de l’humain. “On ne vit pas dans l’absolu. Nul homme n’est coulé d’une seule pièce. Même un robot connaît la panne. Sans contradiction, il n’y a pas de vie.” Blaise Cendrars.

En sortant de l’exposition, vous vous poserez la  question : “Le robot est-il l’avenir de l’Homme ?”

« Au lieu de demander ce que la technologie va nous faire, nous devons nous demander ce que nous pourrons faire avec la technologie.  » John Fitzgerald Kennedy

Cette exposition se déroule du 5 avril au 9 juillet 2018 au Grand Palais (Paris).

 

                                            Tiphaine LATROUITE

 

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