Le renouveau de la Maison des Musiciens de Reims

Si l’ange au sourire de Reims, statue sculptée vers 1240 ornant la cathédrale, est mondialement connu depuis la fin de Première Guerre mondiale, il possède, sans le savoir peut-être, des « cousins » sur la façade de la Maison des Musiciens depuis le 21 juillet 2021. En effet ce qui frappe le plus lorsque l’on découvre ces visages énigmatiques, restaurés et visibles depuis cette date, c’est leur visage. Mais revenons-en à l’histoire de cette Maison…

Cathédrale de Reims – Ange au sourire – Photo: Anne-Laure FAUBERT

Construite au XIIIe siècle, la Maison des Musiciens jouit d’une grande renommée, notamment grâce aux travaux de Viollet-Le-Duc qui considérait sa façade extérieure comme « l’une des plus belles statuaires laïques du XIIIème siècle en Europe ». Située au cœur du quartier des affaires et du commerce de la ville, elle accueillait sans doute au rez-de-chaussée le siège d’un important négociant, à l’époque où la ville était réputée pour ses draps et ses fines toiles et était attenante à l’hôtel des Comtes de Champagne.

La statuaire des musiciens a pu être déposée en 1917 et mise en sécurité, alors que le bâtiment était détruit par les bombardements en 1917. Les musiciens furent installés au musée Saint-Rémi en 1982 et j’avais pu les voir il y a une douzaine d’années lorsque j’étais venue voir l’exposition consacrée à Foujita au musée des Beaux-Arts. Le terrain appartenait à la famille Taittinger et le rêve de Jean Taittinger fut, pendant des années, celui de voir ces statues de nouveau orner la rue du Tambour. En 2015, une association pour la renaissance de cette maison vit le jour et racheta le bâtiment. Les mécènes furent aussi bien français qu’internationaux et notamment allemand, joli pied de nez à l’Histoire. La statuaire de Saint Remi étant meurtrie, il fallut élaborer une doctrine de restitution.  

Les quatre musiciens sont composés d’un joueur de flûte, de chevrette (ou cornemuse), d’un joueur de harpe et le dernier de vièle. Si le joueur de vièle mène le concert, il est à noter que les originaux restent au musée Saint Rémi. La ressemblance avec la statuaire de la cathédrale se retrouve dans le traitement des yeux ainsi que dans la grande qualité stylistique.

Alors, si pour vos escapades automnales vous songez à visiter la ville du Sacre et du Champagne, à 45 minutes en TGV de Paris, faites un tour pour admirer cette magnifique façade rue de Tambour à Reims avant d’aller observer les originaux au musée Saint-Rémi et l’ange au sourire à la cathédrale. Reims s’est, au demeurant, portée candidate pour être capitale européenne de la culture en 2028.

Anne-Laure FAUBERT

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