Uderzo: sa potion magique vous attend au musée Maillol

C’est une exposition dont on sort avec le sourire, que l’on soit un fan inconditionnel de BD, ou juste un amateur. Uderzo comme une potion magique peut être considéré comme le pendant de l’exposition « René Goscinny au-delà du rire” au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme en 2017.

Conçue en partenariat avec la veuve d’Alberto Uderzo, Ada, et leur fille, Sylvie, cette exposition n’évite pas certains accents hagiographiques comme une généalogie qui remonterait au V°s dans le village italien d’Oderzo. Cette réserve faite, cette exposition a le grand mérite de montrer le parcours et le génie d’un enfant, né en 1927 Alberto Uderzo de parents italiens ayant fui le fascisme (voir mon billet sur l’exposition Ciao Italia et l’immigration italienne, sujet qui me tient à cœur) et décédé en mars 2020 à Neuilly sur Seine dans son hôtel particulier. Un exemple de méritocratie à la française… par les arts.

Albert Uderzo, né avec douze doigts et portant, comme souvent à l’époque, et Vincent Van Gogh avant lui, le prénom d’un frère décédé quelques années avant sa naissance, est en outre daltonien… Pourtant, dès l’enfance, Albert Uderzo rêve de devenir le Walt Disney de la rue de Montreuil. L’influence du personnage de Mickey se perçoit d’ailleurs dans les premières planches de dessin de l’exposition. Lorsqu’il fuit, adolescent, Paris occupé par les Allemands, c’est en Bretagne qu’il rejoint son frère qui y a pris le maquis et y découvre les légendes celtiques… et le lieu de son futur village gaulois.

Sa carrière professionnelle commence au sein d’une agence de presse située sur les Champs Elysées où il alterne des commandes pour des illustrations pour magazines grand public et planches de bande dessinée. C’est la rencontre avec René Goscinny en 1951, qu’il pense d’origine italienne comme lui, qui s’avère décisive. Astérix naît en 1959 grâce à l’aventure du journal Pilote. L’exposition nous montre toutefois qu’elle est en gestations dès la fin des années 1940 sous d’autres histoires. Le visiteur (re)découvre alors les personnages de Clopinard, Oumpah-Pah, Tanguy et Laverdure… Le premier album d’Astérix en 1961 est publié à 6000 exemplaires. En 1964, son 4° album, Astérix gladiateur, l’est à 50 000 exemplaires. Le phénomène Astérix est né et en 1966 l’Express fait sa Une sur le phénomène Astérix, nouvelle idole des Français.

J’ai particulièrement aimé l’humour qui se dégage dès les premières esquisses d’Uderzo et la sélection des planches qui permet de découvrir la taille réelle des dessins. La description des Gaulois, râleurs, bagarreurs, indisciplinés et aimant la bonne chère… reste toujours d’actualité ; )

Une exposition à voir en famille dont on sort le sourire aux lèvres.

Anne-Laure FAUBERT

Uderzo, comme une potion magique au Musée Maillol; jusqu’au 30 septembre 2021.

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