Envie d'ailleurs

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Aïda de Verdi en quelques mots…

J’ai déjà parlé dans un précédent billet de la mise en scène controversée d’Aïda par Olivier Py. Je n’y reviendrai que très peu.
Aïda
Côté voix, Elena Bocharova (Amneris) et Lucrecia Garcia ( Aïda) avaient toutes les deux une très belle voix. J’ai eu beaucoup de mal au début à adhérer à la représentation d’Aïda: je m’attendais à une chanteuse beaucoup plus svelte…
Les défauts de la scène de Bastille se sont faits à nouveau sentir avec des cuivres trop puissants: le chant des trompettes est certes le passage le plus connu et il est magnifique, mais certaines voix, et notamment celle de Marcelo Alvarez (Radamès) ont été à plusieurs reprises couvertes par l’orchestre.
La très grande douceur des duos amoureux contrastait avec violence de certains passages, havre de paix avant le retour de l’action.
Aïda (1871) est un opéra politique aux messages parfois très explicites: derrière l’Egypte et l’Ethiopie se cachent l’Autriche-Hongrie et le jeune royaume d’Italie, tout juste naissant. Au cas où nous l’aurions oublié, le drapeau italien est agité au début par un soldat blessé et celui de l’Autriche Hongrie apparaît à plusieurs reprises. Par ailleurs, le palais où se passe l’action porte sur un des frontons les mots suivants « Vittorio emmanuelle re d’italia » rappelant le monument exaltant le même roi à Rome. Les spectateurs sont d’ailleurs éblouis par ce royaume naissant lors d’une mise en scène où le palais pivotant irradie de lumière.
C’est aussi un opéra évoquant le nationaliste et je ne suis pas sûre que les pancartes agitées par les Égyptiens, et pouvant mettre mal à l’aise, étaient nécessaires…
Aïda c’est avant tout un grand opéra dans la tradition des tragédies de Corneille: entre son père, Ramfis roi d’Ethiopie et sa patrie, et l’homme qu’elle aime, le général égyptien Radamès, Aïda, esclave éthiopienne auprès d’Amneris, fille du roi d’Egypte, doit choisir. En choisissant sa patrie, elle contraint indirectement Radamès à trahir les siens en divulguant le passage des armées égyptiennes. Le procès de Radamès devient une messe où la victime offerte n’est plus Jésus, fils de Dieu, mais Radamès héros tombé en disgrâce.
En dehors du message politique, Aïda nous ramène à notre humaine et mortelle condition: quel sens voulons nous donner à notre vie? Quels sacrifices sommes nous prêts à faire.

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