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Les maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire: la réhabilitation du sculpteur africain

Pour les amateurs d’arts premiers – comme moi ; ) – direction le Quai Branly où se déroule une exposition magnifique sur la Côte d’Ivoire ( je sais en ce moment je ne parle que d’expos magnifiques mais nous sommes gâtés autant en profiter).

3 masques Bdef

La Côte d’Ivoire est le pays de mon adolescence, j’y allais donc avec un tropisme particulier, celui de (re)voir de très belles pièces.

André Malraux définissait la sculpture comme « le plus grand des arts africains ». Le Quai Branly prend le parti – à l’exception de quelques objets – de la sculpture sur bois, matériau fragile et très présent en Côte d’Ivoire. Plus de 330 pièces provenant du MoMA, de la Fondation Barbier-Mueller à Genève, du Museum Rietberg de Zurich ainsi que de collections privées – y sont présentées, par école et ethnies – Senoufo, Lobi, Gouro, Dan, Baoulé, peuples des lagunes. En choisissant l’axe des artistes et écoles, cette exposition met fin à un préjugé tenace : le sculpteur africain ne serait qu’un artisan au service du rituel religieux. Or tout amateur d’art africain le sait, ces masques et statues répondent à un idéal de beauté qui va au-delà de leur dimension religieuse.

4 masques Bdef

Quarante maitres de Côte d’Ivoire sont ainsi dévoilés dans cette exposition.

On les reconnait :

– à leur région comme le maître du Bouaflé du pays gouro où les visages des masques sont lisses, les yeux fendus et obliques, les trais fins,

– à leur style – maître du « visage rond »,  des « mains en spatule »

– à leur collectionneur comme le maître du Kamer ou d’Himmelheber lorsque les traits ne sont pas suffisamment caractéristiques.

masque à cornes bdef

On parcourt cette exposition les yeux grands ouverts devant tant de beauté. Sensualité des formes, dureté de certains masques ou douceur de certains traits, cet art ne laisse pas indifférent, que le bois soit peint ou laissé brut, que les sujets soient des masques, des cuillères ou des statues. On y apprend qu’en fonction des ethnies l’artiste ou l’atelier bénéficiait d’un réel statut dont la réputation dépassait leur village d’origine alors que chez les peuples de la lagune, les femmes sculptaient, fait rare en Afrique.

statue femme bdef

J’y ai retrouvé avec un certain plaisir des pièces de la collection Barbier-Mueller, venue deux fois à Paris au Musée Jacquemart-André, et découvert d’autres. Je serais bien repartie avec des masques du maître de Baouflé… Cette exposition délivre également un beau message de paix pour ce pays ravagé dans les années 2000 par une guerre inter-ethniques sanglante.

Une très belle réhabilitation.

Les maîtres de la sculpture de Côte d’Ivoire – Musée du Quai Branly – Jusqu’au 26 juillet 2015

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