Pissarro  » le premier des impressionnistes »

L’exposition Pissarro  » le premier des impressionnistes » vient d’ouvrir ses portes au Musée Marmottan Monet, et ce jusqu’au 2 juillet 2017.

Il n’y avait pas eu de rétrospective consacrée à Camille Pissarro (1830 – 1903) depuis 1981. Né dans les Antilles danoises ( aujourd’hui Îles Vierges américaines) il eut toute sa vie un passeport danois. Né dans une famille juive de commerçants, il ne reçoit pas de formation artistique et c’est une rencontre à l’âge de 20 ans avec un artiste danois qui lui donne le goût de la peinture.

Installé en France en 1855 il expose au Salon de 1859 à 1870, où l’on décèle d’abord une influence nette dans son style de Corot et Daubigny.

Peintre ne s’éloignant guère de son domicile (Pontoise) il est le premier à supprimer le noir et les ocres de sa palette et à évoluer vers une peinture claire, typique de l’impressionnisme.

Ayant du talent pour déceler les grands artistes, il apprend à Cézanne à peindre avec des couleurs claires.

L’exposition montre de magnifiques tableaux comme Gelée blanche qui fit scandale pour deux raisons: la gelée n’était pas à l’époque un sujet de peinture et les ombres étaient peintes en noir et non en bleu, comme dans ce tableau.

Gelée blanche

L’exposition montre aussi de beaux portraits de jeunes filles, mais fait troublant, leur regard ne croise jamais celui du peintre et du spectateur. 

La bergËre, dit aussi Jeune fille ‡ la baguette ; paysanne assise

Paysagiste, Pissarro peint peu de scènes d’intérieur. Seul à exposer aux huit salons impressionnistes, il refuse de faire une peinture pittoresque ou commerciale. Son succès vient notamment à la fin de sa vie lorsqu’il commence à peindre la ville et qu’il est alors référencé et vendu aux Etats-Unis.

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Une exposition à découvrir avec celle du musée du Luxembourg « Pissarro à Eragny » à partir du 16 mars.

Musée Marmottan Monet – Jusqu’au 2 juillet 2017

Attention chefs d’œuvre !! Dürer, Manet et Schiele se sont donné rendez-vous au Musée du Luxembourg

Pour ceux qui ont envie de découvrir deux grands musées de Budapest sans sortir de Paris, direction le Musée du Luxembourg où jusqu’au 10 juillet 2016,  85 peintures, dessins et sculptures du Szepmüveszeti Museum et de la ont posé leurs valises. En cause : la rénovation de ces musées (comme une partie des monuments hongrois vu mon expérience de l’été dernier).

Musée_Budapest

Jozsef Rippl-Ronai – Femme à la cage, 1892 – Budapest, galerie nationale hongroise – Copyright galerie nationale hongroise , Budapest 2016

Le parti pris des commissaires Laurent Salomé et Cécile Maisonneuve, que j’ai eu le plaisir d’écouter, est de faire dialoguer les œuvres entre elles, même et surtout si leurs auteurs ne se sont jamais rencontrés, afin d’éviter notamment le piège de la sélection de chefs d’œuvre.

Seated Woman
Egon Schiele 1911 Pencil, gouache, opaque white, India ink wash 446×302 mm 

Budapest, musée des Beaux-Arts, Copyright musée des Beaux-Arts, Budapest 2016

De la fin du Moyen Âge au début du XX°siècle chaque salle présente des œuvres majeures  ou des œuvres moins connues d’un musée dont les origines sont liées à l’Histoire de l’Autriche-Hongrie et la volonté de doter Budapest d’une institution d’envergure internationale qui puisse offrir le meilleur de l’art national et européen.

Il est à ce titre très intéressant de découvrir la vision est-européenne de l’art sur l’art européen : on y retrouve les statues des fondateurs du royaume de Hongrie, Saint Etienne et saint Ladislas ou des thèmes prisés comme la femme tentatrice et séductrice avec Salomé de Cranach.

Salome with the Head of Saint John the Baptist
Lucas Cranach 1530 panel, oil 87 x 58 cm (34 1/4 x 22 13/16 in.)

Budapest, musée des Beaux-Arts, Copyright musée des Beaux-Arts, Budapest 2016

Le trio Dürer, Altdorfer et Cranach permet également d’avoir un bel aperçu de la Renaissance germanique (magnifique Jeune homme de Dürer).

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Albert Dürer – Portrait d’un jeune homme vers 1500 – 1510 – Budapest, musée des Beaux-Arts, Copyright musée des Beaux-Arts, Budapest 2016

La peinture française est par ailleurs faiblement représentée dans la collection Esterhazy (point de départ du musée). La fin du XVIII°s voit également en Europe de l’Est l’intérêt croissant pour la peinture réaliste et la peinture hollandaise.

A titre personnel j’aurais beaucoup de mal à dire quels tableaux j’ai préférés car je suis une inconditionnelle de Cranach, Dürer, El Greco et Schiele. J’étais donc aux anges… Et voir dialoguer Goya et Füssli- dont les deux tableaux sont étrangement familiers – était magnifique…

The Water Carrier ("La Aguadora")

Goya – La porteuse d’eau – entre 1808 et 1812 – Budapest, musée des Beaux-Arts, Copyright musée des Beaux-Arts, Budapest 2016

Un mot d’ordre : courez-y !

Musée du Luxembourg – Chefs d’œuvre de Budapest – Dürer, Greco, Tiepolo, Manet, Rippl-Ronai… Jusqu’au 10 juillet 2016

Bulles de culture, votre pause culturelle mensuelle!

Comme certains le savent, je me suis engagée dans la passionnante aventure de l’entrepreneuriat et ai créé Bulles de culture. Cette société entend répondre à plusieurs constats faits au cours de ma carrière professionnelle: 

Paris est une ville où foisonnent œuvres d’art, ate­liers d’artistes, lieux insolites… Cette offre culturelle abondante  induit souvent de longues files d’attente pour voir les expositions phares. Il nous manque aussi parfois des clés de lecture pour comprendre par exemple l’art contemporain ou l’art japonais…

Avec nos agendas chargés et nos multiples obligations, on tend parfois à « passer à côté de  notre vie » et à oublier ce qui nous plaisait plus jeune, voire à s’oublier soi-même. Manque de temps, problèmes de garde d’enfants nous font remettre à demain les sorties culturelles.

Laurent Tixador-La Chasse a¦Ç l'homme (1) - Biennale de Belleville

                                                                     Copyright: Laurent Tixador, la-chasse-à l’homme – Biennale de Belleville

Bulles de culture vous propose de:

– Vous ressourcer à la pause déjeuner une fois par mois en vous offrant une parenthèse culturelle et consacrer ainsi son week-end à d’autres activités plus plaisantes que les files d’attente devant les musées

Visiter les expositions en soirée et terminer ainsi agréablement la journée, notamment lorsque les questions de garde d’enfants ne se posent pas

Découvrir des lieux insolites, revivre l’histoire de Paris ou en savoir davantage sur des lieux aussi connus que la Défense.

 Le grand Verre -Marcel Duchamp - Philadelphie Museum

                                                                                                        MarcelDuchamp – Le grand verre – Musée de Philadelphie

Les visites durent 1h15 afin de s’intégrer à vos agendas professionnels. A l’exception de la visite du théâtre des Champs Elysées,  elles ont toutes lieu à l’heure du déjeuner ou en soirée. Elles sont réalisées par des conférencières nationales reconnues. Marie, Anaëlle, Aurore et Dominique interviennent, notamment, pour l’Association de l’Ecole du Louvre, le Musée d’Archéologie nationale pour l’École du Louvre, l’association des Anciens de Sciences-Po ou des villes comme Rambouillet ou Boulogne en tant que conférencières Ville d’Art et d’Histoire.

Une formule déjeuner sera mise en place dès septembre, vous permet­tant également de gagner du temps.

Tenant ce blog culturel depuis 4 ans, rédactrice pour la Fondation Culture et Diversité depuis 2011 et pour le site de musique et de danse Bachtrack depuis cette année, je suis également depuis 2010 les cours de l’Association de l’Ecole du Louvre, alternant cours magistraux et visites d’application. Je connais aussi les enjeux du secteur culturel puisque j’ai suivi les audits de grandes institutions nationales, évalué les aides aux entreprises culturelles en France et le patrimoine du ministère de la culture.

J’ai construit les abonnements de façon à répondre à vos attentes artistiques : rares sont les personnes qui iront voir à la fois le grand peintre de la Renaissance Le Pérugin et l’artiste contemporain controversé Jeff Koons. Pour ceux qui, néanmoins, souhaiteraient combiner plusieurs abonnements, n’hésitez pas à me contacter.

Mes abonnements sont en vente, en attendant la mise en ligne de mon site internet, sur Weezevent. Pour chaque visite, il vous est possible de choisir entre le tarif « visite unique » et le tarif abonnement qui inclut 3 à 5 visites selon les programmes. J’ai mis en place 5 abonnements, certains courts, d’autres jusqu’en janvier 2015 :

Art et histoire; en vente ici

Il commence lundi prochain, le 25 août, pour les 70 ans de la libération de Paris

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Peinture classique: du Pérugin aux Impressionnistes; en vente ici: 

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– Art moderne et contemporain : de la rue aux musées ?

Affiche Niki de St Phalle

En vente ici.

Mode et spectacles, en vente ici

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– Insolite, en vente ici

Dector & Dupuy-Lilas

Les abonnements Art et Histoire et Insolite seront complétés à l’automne.

La réouverture du Musée Picasso ainsi que l’exposition Sonia Delaunay au Musée d’art moderne feront l’objet d’un cycle supplémentaire, lorsque les réservations seront ouvertes. Des soirées culturelles seront aussi mises en place dès octobre ainsi que des programmes intergénérationnels, le week-end.

Les 45 premiers abonnés seront conviés à la visite exclusive d’un hôtel particulier, en petits comités.

Dans l’attente de vous rencontrer je vous souhaite un très beau mois d’août.

Anne-Laure

Cranach et son temps: une déception

Autant le dire d’emblée, l’exposition du Luxembourg Cranach et son temps m’a déçue.

Etait-ce parce que j’avais déjà vu deux très belles expositions sur ce peintre, l’une à Londres en mai 2008 à la Royal Academy of Arts

http://www.royalacademy.org.uk/exhibitions/cranach/ 

l’autre à Rome en février de cette année à la Galerie Borghèse?

http://www.galleriaborghese.it/nuove/mostre.htm

Et / ou parce qu’il s’agit d’un de mes peintres préférés?

Le choix de faire rentrer le lecteur dans une salle recoupée en petites salles pour l’occasion, autour d’une mise en scène marron foncé imitation bois, m’a d’abord surprise. 

Cette expo reprend en partie les thèmes et tableaux de celle de Londres:

–  l’importance des commandes et du statut de peintre de Cour qu’a été Cranach, conduisant à une réelle industrialisation de sa peinture à partir de « stéréotypes » qui rendent difficile la distinction entre le travail du peintre et de l’atelier – phénomène que l’on retrouve au demeurant chez les Bruegel et les grands peintres italiens mais dans une moindre ampleur;

– son lien avec Luther et le protestantisme.

Celle de Rome, Cranach l’Altro Rinascimento, présentait une façon de peindre différente de celle de la Renaissance italienne, moins inspirée des canons de beauté antiques et utilisant peu la perspective.  Des peintures italiennes jouxtaient celles de Cranach: représentations d’hommes de pouvoir, de Vénus, de femmes de haut rang… Les tableaux étaient suffisamment bien choisis pour que les différences soient visibles.

Ces 3 expositions ont un point commun: les nus, partie centrale de la peinture du maître, et la peinture de femmes à la beauté inquiétante, aux courbes sinueuses et à l’air manipulateur, dans la tradition du Moyen-Âge, pour ne pas dire d’Adam et Eve.

L’exposition du Luxembourg se révèle également pédagogique et, en rappelant les étapes de la vie du peintre montre leur influence sur sa façon de peindre: influence flamande, questionnements face à al Renaissance italienne, et sur les sujets de ses tableaux. 

Il manquait selon moi quelques tableaux pour en faire une très belle expo.