Une journée sur le pas des Illustres à Auvers-sur-Oise

La saison culturelle et touristique 2018 d’Auvers-sur-Oise s’intitule « Sur les pas des Illustres : aux sources de l’Impressionnisme ». Un illustre est par définition “Qui est très connu, du fait d’un mérite ou de qualités extraordinaires.”  La ville d’Auvers-Sur-Oise est connue pour les différents peintres impressionnistes qui y ont vécu comme Corot, Daubigny, Daumier, Boggio, Van Gogh…

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Envie d’ailleurs a passé une journée à Auvers-Sur-Oise et vous décrit les différents endroits incontournables à voir dans ce joli village d’artistes à quelques minutes de Paris.

Auberge_Ravoux-048-Devanture Auberge.Erik Hesmerg

Pour commencer cette journée, nous vous proposons de visiter l’auberge Ravoux, qui ne comporte qu’une unique chambre, celle où est mort le célèbre peintre Vincent Van Gogh le 29 juillet 1890. Une arrivée dans le restaurant de l’auberge dans lequel vous pouvez déjeuner puis nous montons les escaliers menant tout droit dans la chambre où vivait le peintre pendant un mois et demi  jusqu’à la fin de sa vie et mesurant 10m2. Vous pouvez ensuite partir en pèlerinage sur la tombe de Van Gogh, comme nous vous en avions parlé dans cet article.

MUSEE_DAUBIGNY

Par la suite, un petit tour au musée Daubigny qui vous propose une exposition s’intitulant “Impressions Marines” pour cette saison jusqu’au 28 août 2018. Elle est un hommage au peintre Charles-François Daubigny dont le musée est éponyme. Venez voyager en découvrant 80 oeuvres du peintre, de son fils Karl, Gustave Courbet, Jules Dupré, Eugène Boudin, Jean-Baptiste Corot en passant par la mer du Nord et par la Manche.  Pour continuer avec le peintre Daubigny, vous pouvez aussi visiter son atelier qui appartient aujourd’hui à l’un des membres de sa famille. Des superbes peintures sont à voir ainsi que des objets de l’époque ! Un atelier à ne surtout pas manquer et dont nous vous avons déjà parlé ici.

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Le musée de l’absinthe est particulièrement intéressant car nous voyons de nombreux objets de l’époque dans lesquels les hommes buvaient de l’alcool ainsi que des peintures, ou encore des affiches de l’époque ! A la fin vous pourrez sentir des plantes d’absinthes pour connaître l’odeur, voire même déguster cette boisson à l’évocation sulfureuse ; )

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Ou, si vous préférez, direction le château d’Auvers-Sur-Oise à la visée pédagogique et dont vous avions parlé en novembre ici .  Nous avons déjeuné juste après la visite dans le restaurant du château, qui est situé dans un cadre agréable et jovial. Le déjeuner a été cuisiné par un grand chef et était délicieux 🙂 !! Un très bon moment pour une journée culturelle agréable !!

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Nous avons continué par une visite de l’atelier d’un autre peintre : Emile Boggio, peintre franco-vénézuelien du XIXème siècle (1857-1920) qui a habité pendant une dizaine d’années une petite maison à Auvers. Il y peint plus de 400 tableaux. Dans cet atelier reste encore sa dernière toile posée sur son chevalet, un de ses chapeaux, des objets et des meubles. La tombe de Boggio se situe dans le cimetière Auvers-sur-Oise, comme celle de Vincent Van Gogh. L’atelier appartient depuis plus de 100 ans à la famille de Boggio.

 

Une petite marche s’impose pour arriver à la Maison du Docteur Gachet. Le docteur Paul Ferdinand Gachet (1828-1909) a étudié à la Faculté de Médecine de Paris. En 1858, il présente ces douze cas dans Etude sur la mélancolie, thèse soutenue devant la Faculté de Médecine de Montpellier. En 1859 jusqu’à sa mort, il va ouvrir deux cabinets avec une pratique de la phytothérapie ainsi que l’homéopathie. Il s’intéresse aux recherches de ses confrères neurologues pour soigner ses patients atteints d’affections nerveuses. Du 24 mars au 24 juin 2018 se tient une exposition se nommant : “Melancholia : Art et Psychiatrie au XIXème siècle”. Elle retrace la thèse du docteur sur la mélancolie, considérée comme le Mal du siècle. Les œuvres des artistes présentées dans cette exposition montrent qu’ils sont tous aussi sensibles aux relations qu’entretiennent le génie, la création et la folie.

Tiphaine LATROUITE

 

Delacroix à l’assaut du Louvre!

« La gloire n’est pas un vain mot pour moi » écrit Delacroix en 1824….

 

Si Delacroix (1798-1863) appartient à la mémoire collective tant par la présence de ses œuvres sur les anciens billets en francs, que par ses grandes fresques comme La liberté guidant le peuple, il n’avait pas fait l’objet d’une rétrospective parisienne depuis 1963, année du centenaire de sa mort. Longtemps opposé à Ingres dans une dialectique classicisme / romantisme, il manquait à cet artiste une approche globale, à laquelle répond cette exposition.

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Sous le commissariat de Sébastien Allard, dont j’apprécie les expositions comme celle consacrée à Corot, on découvre certes les célèbres œuvres de jeunesse mais également un Delacroix illustrateur d’œuvres sur Faust…et libertin. Un érotisme latent imprègne l’exposition. 

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La carrière de Delacroix se révèle lisible jusqu’aux Femmes d’Alger puis devient plus complexe entre fleurs, œuvres religieuses et paysages. Dans ses années de jeunesse Delacroix recherche la gloire alors que sa famille est ruinée par la chute de l’Empire. Il peint alors les grands décors pour le Palais Bourbon, les églises parisiennes. L’exposition universelle de 1855, en le considérant comme l’émanation du génie français, le fige dans une figure intouchable.

 

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DELACROIX – Femmes d’Alger dans leur appartement – 1833-34 – Photo: Anne-Laure Faubert

 

Cette exposition, dont certains textes sont écrits avec un style remarquable et un plaisir évident, permet de redécouvrir un Delacroix écrivain, aquarelliste et auteur de lithographies. Des grands tableaux on passe ensuite aux coulisses et à l’atelier… J’ai retrouvé avec une grande joie les tigres de Delacroix, certains portraits… mais suis restée perplexe devant sa peinture religieuse…

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Anne-Laure FAUBERT

 

Une exposition à découvrir jusqu’au 23 juillet 2018

 

Corot : Le peintre et ses modèles au musée Marmottan: un angle d’approche inédit

C’est en présence du commissaire de l’exposition Sébastien Allard, conservateur général du patrimoine et directeur du département des Peintures du musée du Louvre, que nous avons visité l’exposition “ Corot: Le peintre et ses modèles. Alors que Corot est avant tout reconnu pour ses paysages et que ses portraits sont peu connus de son vivant, cette exposition met en avant une soixantaine de portraits provenant de collections privées ou publiques d’Europe et des Etats-Unis.

Jean-Baptiste Camille Corot Jeune femme assise des fleurs entre les mains ou Madame Legois vers 1842 Vienne, Österreichische Galerie Belvedere © Belvedere, Vienne

Si l’exposition ouvre sur Jardin à Tivoli pour rappeler l’importance du paysage, elle distingue ensuite la figure du portrait et du modèle.

Un portrait est une représentation d’une personne grâce à une interprétation de l’artiste. « Bien qu’uniquement visuel, le portrait peut rendre très sensible la personnalité intérieure du modèle, par de nombreux indices tels que la pose, l’expression de la physionomie, … » (Etienne Souriau – philosophe français du XXème siècle). Dans un portrait se dégage l’apparence physique de la personne avec sa beauté et ses traits mais on peut aussi ressentir sa vie intérieure avec son caractère et ses sentiments.

Jean-Baptiste Camille Corot Jeune Fille grecque à la fontaine vers 1865-1870 Paris, musée du Louvre.

Les portraits sont concentrés sur les débuts de la carrière de Corot, cadeaux pour ses proches ou “exercices” et relèvent du cadre intime. On y retrouve l’emprise de Ingres sur Corot et on songe alors au portrait de Mademoiselle Rivière, inspiré de Raphaël. Là où Ingres recherche le volume, Corot recherche l’abstraction du volume et construit de façon synthétique ses figures.

La Femme ‡ la perle
Jean-Baptiste Camille Corot La Femme à la perle
vers 1868-1870
Paris, musée du Louvre, département des Peintures
Photo © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) /  Stéphane Maréchalle 

On découvre aussi l’importance de l’enfant chez Corot, soit dans un paysage, soit comme intercesseur entre deux mondes différents. Il rajoute ainsi dix ans après un enfant dans un tableau sur la Cathédrale de Chartres.  Dans la première salle de l’exposition c’est un enfant sage en voie de socialisation qui nous est donné à voir, bien loin des enfants monstrueux de Géricault. L’enfant chez Corot a quelque chose de naïf, dans la droite ligne de Rousseau. Un intérêt d’autant plus marquant que Corot n’est pas marié et n’a pas d’enfant.

Cette exposition permet également de découvrir les voyages en Italie du peintre sous l’angle des topoï du brigand, du jeune brigand, du prêtre ou de la moissonneuse. Les modèles masculins sont rares chez le peintre et prennent la forme de figures de moines et de portraits.

Jean-Baptiste Camille Corot Jeune Italien assis vers 1825 Reims, musée des Beaux-Arts de la Ville de Reims © Photo : C. Devleeschauwer

Les modèles féminins chez Corot sont ambigus, à la fois offerts au regard et refusés. On retrouve également certaines erreurs anatomiques comme chez Ingres.

La liseuse s’inspire ainsi aussi bien de la gravure de Dürer que de la peinture hollandaise du XVII°s et de la peinture française du XVIII°s tout en proposant une nouvelle approche avec la sensualité latente des cheveux et du chemisier ouvert sur la poitrine. Corot transporte aussi sa liseuse à l’extérieur, célébrant ainsi la fusion de l’homme et de la nature, de la figure et du paysage. Enfin, le thème de la femme à la fontaine avec une cruche constitue l’une des variations favorites de Corot; certaines rappelant des tableaux de Poussin.

Cette exposition permet ainsi de connaître un aspect moins connu de Corot qui sont ses portraits. Il va approcher ces personnes avec un succès fou : que ce soit des portraits de personnes de sa famille, des posés nus de ses maîtresses, des paysannes, des enfants, des femmes de la haute société, des hommes en armure symbolisant les soldats, des modèles d’ateliers.

[Peintre et graveur français, Jean-Baptiste Camille Corot (1796 – 1875) est également chevalier de la Légion d’honneur et en 1867, Officier de la Légion d’honneur. Ses parents tenaient un magasin de mode très réputé à Paris à l’angle de la rue du Bac et du quai Voltaire. Les voyages en Italie, passage obligé de nombreux peintres, apportent à son art des archétypes ( la  moissonneuse, l’Italienne…) et une lumière particulière. Corot travaille de façon rapide avec des traits de pinceau rapides et larges. Il est considéré comme un des précurseurs de l’Impressionnisme.]

Jusqu’au 8 juillet 2018 au Musée Marmottan Monet – Paris

 

Anne-Laure FAUBERT et Tiphaine LATROUITE

La réouverture du château d’Auvers sur Oise : un parcours immersif dans l’univers des Impressionnistes

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Le château d’Auvers-sur-Oise et son jardin à la française © Gilles Fey

Edifié au XVII° siècle par un riche financier italien de l’entourage de Marie de Médicis, le château d’Auvers sur Oise domine la vallée de l’Oise. Propriété du conseil général du Val d’Oise depuis 1987, il avait accueilli de 1994 à 2016 le parcours multimedia « Voyage au temps de l’impressionnisme ».

 

Le nouveau parcours s’ancre dans le XXI°siècle avec ce nouveau parcours « vision impressionniste » dont on peut saluer la volonté pédagogique.

Vision Impressionniste, Espace 1, Edouard Manet, Le déjeuner sur l’herbe © Olivier Gaulon

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Vision Impressionniste, Espace 1, Edouard Manet, Le déjeuner sur l’herbe © Olivier Gaulon 

« Vision impressionniste, naissance et descendance » se veut une visite immersive dans l’univers de ces peintres qui firent la renommée de l’Oise. Doté d’importants aménagements et d’une scénographie entièrement repensée, ce nouveau parcours culturel retrace l’aventure de l’impressionnisme de sa naissance aux héritiers.  

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Espace 1, Claude Monet, Impression © Olivier Gaulon

Immergé dans des salles sombres où se forment et déforment les œuvres de Manet, Pissarro, Renoir, Monet, Morisot, Sisley, Cézanne, Caillebotte, Degas… le visiteur comprend alors la révolution picturale que fut l’impressionnisme qui ouvrit la voie au cubisme et à l’art moderne.

La visite débute avant la naissance du mouvement, en 1820, lorsque la peinture connaît de profondes transformations, et qu’une génération de peintres souhaite libérer le paysage de son carcan académique en se tournant vers la nature comme le firent  les peintres anglais Turner et Constable. Corot et Daubigny s’installent ainsi sur les côtes normandes et à Barbizon.  La visite se poursuit ensuite par l’évocation du salon des refusés en 1863, l’impact des révolutions industrielles et du développement du chemin de fer sur les modes de vie et l’importance de la figure du marchand d’art comme Paul Durand-Ruel pour soutenir les impressionnistes, prémices du marché de l’art actuel. L’atelier d’un peintre y est aussi reconstitué. Le château, événement nouveau, possède désormais des tableaux.

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Ludovic PIETTE, Jeune femme à l’ombrelle, 1876, gouache marouflée sur toile, signée, 30.4cm x 36.2 cm © Conseil départemental du Val d’Oise – CAOA

Si je ne peux personnellement que saluer cette volonté didactique et pédagogique qui permet en une visite d’avoir une approche synthétique de ce mouvement, je suis restée mal à l’aise quant à la restructuration totale d’un monument ancien en de sombres salles sans lumière extérieure (pour permettre le son et lumière) et la distorsion des œuvres d’art .

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Espace 6, Louis Anquetin, Vincent Van Gogh © Olivier Gaulon

Je m’interroge aussi sur le « tout technologique » en cas de panne (qui est arrivée lors de la visite). Que devient alors la visite dans cet espace redevenu (en raison de sa restructuration) alors sans âme ?

Anne-Laure FAUBERT

Le jardin secret des Hansen : la collection Ordrupgaard au musée Jacquemart André

C’est en compagnie de Pierre Curie, conservateur du musée Jacquemart André, que j’ai eu la chance de découvrir l’exposition « Le jardin secret des Hansen ». Après la collection d’Alicia Klopowitz, le musée laisse place à une autre collection, celle des danois Wilhelm (1868-1936) et Henny (1870-1951) Hansen, abritée actuellement au musée Ordrupgaard, situé à quelques kilomètres de Copenhague.

 

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Claude Monet, Le Pavé de Chailly dans la forêt de Fontainebleau, 1865, huile sur toile, 97 x 130,5 cm. Ordrupgaard, Copenhague © Ordrupgaard, Copenhague / Photo : Pernille Klemp 

 

L’intérêt de Wilhelm Hansen pour l’art remonte à ses études. Il commence à collectionner l’art danois dans les années 1890. Une collection considérée alors par l’historien de l’art Peter Hertz comme « l’une des plus belles collections privées d’art danois. »

Hansen découvre l’impressionnisme à l’occasion de voyages en France. Dans les années 1916-1918, le couple constitue une collection unique en Europe du Nord, comprenant des œuvres de Corot, Manet, Monet, Renoir, Cézanne, Sisley et Gauguin…

 

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Berthe Morisot, Femme à l’éventail. Portrait de Madame Marie Hubbard, 1874, huile sur toile, 50,5 x 81 cm, Ordrupgaard, Copenhague © Ordrupgaard, Copenhague / Photo : Anders Sune Berg

 

Chaque peinture est sélectionnée avec soin et le critique français Théodore Duret apporte son aide. L’objectif poursuivi par le couple de collectionneurs s’inscrit également dans la volonté de rendre accessible cette peinture française à un public scandinave. L’intention de départ était de rassembler douze œuvres de chacun des artistes les plus importants de Corot à Cézanne. Pour ce faire un consortium est fondé en 1918 pour des achats en bloc. Les peintures sont ensuite revendues pour en racheter d’autres.

Ce panorama complet de la peinture française du XIX° siècle, du pré-impressionnisme au fauvisme, débute par de magnifiques toiles de Corot, premier jalon de la collection, « dernier des classiques et premier des modernes ». Les tableaux acquis sont tous postérieurs à 1834, date du second voyage italien de l’artiste. « Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien » déclare Monet en 1897. Un hommage qui résonne dans les choix des Hansen qui font dialoguer les paysages de Corot avec les variations atmosphériques de Monet.

 

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Claude Monet, Le Pont de Waterloo, temps gris, 1903, huile sur toile, 65,5 x 100,5 cm Ordrupgaard, Copenhague © Ordrupgaard, Copenhague / Photo : Anders Sune Berg

 

La collection nous offre ainsi un panorama de l’évolution du paysage au XIX° siècle. On découvre des « tableaux banals et joyeux » selon l’expression de Pierre Curie dont le sujet importe peu, puisque seule compte la vibration de la couleur. On retrouve chez les Hansen ce goût des collectionneurs du Nord comme Chtchoukine pour les grands noms de la peinture comme Cézanne et Monet.

 

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Gustave Courbet, “Le Change, épisode de chasse au chevreuil (Franche-Comté, 1866)”, 1866, huile sur toile, 97 x 130 cm. Ordrupgaard, Copenhague © Ordrupgaard, Copenhague / Photo : Anders Sune Berg

 

L’exposition nous emmène ensuite à la redécouverte de Pissarro, Sisley et Guillaumin. Les tableaux de Pissarro retracent les principales périodes de création de l’artiste alors que ceux sélectionnés pour Sisley se concentrent sur les paysages d’Ile de France. Une nature moderne de Redon datant de 1901 se révèle d’une grande modernité puisqu’on retrouve ce type de peintures dans les années 1930.

 

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Claude Monet, Le Pont de Waterloo, temps gris, 1903, huile sur toile, 65,5 x 100,5 cm Ordrupgaard, Copenhague © Ordrupgaard, Copenhague / Photo : Anders Sune Berg

 

La peinture de Degas sur la Nouvelle Orléans nous rappelle qu’une partie de sa famille était américaine (et une autre napolitaine) et nous dévoile la touche quasi pompier de ses débuts.

 

Gauguin Jeune fille Vaite Jeanne Goupil 1896 Inv224 WH
Paul Gauguin, Portrait d’une jeune fille, Vaïte (Jeanne) Goupil, 1896, huile sur toile, 75 x 65 cm Ordrupgaard, Copenhague © Ordrupgaard, Copenhague / Photo : Anders Sune Berg 

 

Gauguin, qui eut cinq enfants avec son épouse danoise, clôt l’exposition avec notamment son énigmatique Portrait de jeune fille (1896) peint frontalement, semblable à une déesse égyptienne tout en étant absente à elle-même. Un tableau semblable à ceux que l’on retrouve chez Picasso dix ans plus tard dans sa période bleue.

Un jardin secret pictural à découvrir d’urgence!

Anne-Laure FAUBERT

 

 

Jusqu’au 22 janvier 2018 au musée Jacquemart André