Coppélia: Bart versus Lacotte

En 10 jours, j’ai vu deux fois le ballet Coppélia à l’Opéra Garnier, dans deux chorégraphies différentes. Si ce n’est pas du vice ça… Ce ballet ressemble par certains aspects à mon ballet préféré Giselle. Coppélia est en effet également composé sur la structure musicale du leitmotiv et emprunte plusieurs passages au folklore d’Europe centrale, notamment des mazurkas et des thèmes slaves (ce que j’appelle le style « Grande Russie »). Le 28 mars, il s’agissait de la chorégraphie de Patrice Bart, entrée au répertoire le 23 mai 1996. Un ballet d’adieux en 2011, puisque le chorégraphe quittait quelques jours après l’Opéra de Paris après plus de 50 ans … Continuer de lire Coppélia: Bart versus Lacotte

Caligula de Nicolas Le Riche : un portrait tout en nuances

Caligula évoque pour les latinistes les versions sur lesquelles ils ont tiré la langue au lycée ou en prépa. Certains rappellent que cet empereur tyrannique, immortalisé par Camus dans sa pièce de théâtre éponyme, tenait son surnom, des sandales qu’il portait enfant lorsqu’il suivait les camps militaires de son père. Mais Caligula est également un ballet monté par le danseur étoile Nicolas Le Riche en octobre 2005 pour l’Opéra de Paris. N’ayant pas eu de place à cette époque, et l’ayant totalement oublié en 2008 lors de sa reprise, j’avais bien envie de voir ce que cela donnait. Le décor est minimaliste: une rangée de … Continuer de lire Caligula de Nicolas Le Riche : un portrait tout en nuances

Le lac des cygnes: Noureev versus Petipa

Je vous parlais dans un précédent billet des spectacles fédérateurs joués aux alentours de Noël. Le lac des cygnes en est un. J’y étais mardi dernier à Bastille. Histoire de comparer  ; ) la chorégraphie de Noureev à celle d’Ivanov, élève de Petipa. Cette version avait été donnée en juillet 2010 par le Ballet de Novossibirsk aux étés de la danse du théâtre du Châtelet. Comme en juillet, il y avait beaucoup de groupes d’adolescents. Je n’avais alors pas compris s’ils faisaient des heures sup’ ou si les adultes qui les accompagnaient étaient les parents de l’un d’entre eux. Mardi, c’étaient bien des … Continuer de lire Le lac des cygnes: Noureev versus Petipa

Parsifal : une quête inaboutie

Première vendredi 12 novembre à Garnier de Parsifal, ballet de J. Neumeier. Le Parsifal de Wagner n’est repris que partiellement pour la musique (enregistrée). Une chorégraphie résolument moderne, tant dans les gestes (pieds flexes, mouvements parfois disgracieux) que dans les costumes. Succession de tableaux symbolisant la quête sans chercher une adhésion du spectateur. Pourquoi Parsifal est-il affublé par moment d’un chapeau pointu et passe-t-il sur sa trottinette? Que symbolise cette danse chatoyante aux allures de sabbat? Forte présence du chiffre trois également, et de ses multiples : 9 danseurs apparaissent régulièrement, la troupe en compte 42 + Parsifal. Alors que la troupe est en fait fortement féminine, ce ne sont que les hommes qui … Continuer de lire Parsifal : une quête inaboutie

Roland Petit: une esthétique de la sensualité et de la mort…

Le Rendez-vous (1945), le Loup (1953), le Jeune homme et la mort (1946) : 3 ballets datant de l’après- Seconde Guerre mondiale, trois ballets où sensualité et mort se confondent, s’entrelacent. La danse ou le moyen de réunion la pulsion d’amour (éros) et celle de mort  (thanatos)? 3 ballets où la femme joue un rôle néfaste, manigançant, tuant ou personnifiant la mort. Dans Le Rendez-vous (argument de Jacques Prévert), la banalité d’un bal musette où les danseurs semblent s’ennuyer contraste avec la fièvre d’un jeune homme arrivé après les autres. S’il cherche également l’amusement, il prête davantage attention au bossu, et danse … Continuer de lire Roland Petit: une esthétique de la sensualité et de la mort…