Créativité: bonne nouvelle, il n’y a pas d’un côté les créatifs et de l’autre le reste de l’humanité!

Avec l’accord du formateur, Nicolas Mathieu du Cabinet Turning Point, voici les points principaux qui ressortent d’une formation d’une journée sur la créativité.

Chaque être a besoin des forces centripètes de préservation (présence, contribution, écoute, respect, feed back…) et centrifuges de propulsion (metaposition, humilité, audace, fraîcheur, explicitation…).

Par ailleurs, il existe deux types de changement, ceux de type 1, qui se font dans une norme établie, et ceux de type 2, en dehors de la norme.

L’expérience montre que lorsqu’on parle de changement, les individus pensent à ce qu’on va leur enlever, et non pas à ce qu’ils pourraient avoir en plus. Ils oublient aussi souvent qu’un changement peut conduire à se recentrer sur l’essentiel.

Il existe différentes théories sur la créativité.

La théorie de « l’Asit » repose sur 2 axiomes

Le premier axiome repose sur un principe contrintuitif: la quantité ne mène pas forcément à la qualité. Une solution créative est souvent proche d’une solution conventionnelle.
Il faut raisonner en univers clos / monde fini et être méthodique pour tirer partie des éléments déjà existants. La créativité vient ensuite.  Il est nécessaire aussi de se poser la question du temps : que se passe-t-il avant le problème et après. Il peut être utile de penser à l’opposé : si je veux du froid je pense au chaud
Le deuxième axiome: se libérer de la fixation intellectuelle

Une fois ces axiomes posés, il est important d’aborder la question à résoudre en se posant les questions suivantes : qu’est ce qui est neutre, quel est le problème, quel est le facteur aggravant ?

Il faut abandonner l’idée qu’il y a des créatifs et les autres et laisser sa chance à chaque proposition qu’on énonce de façon systématique.
L’ASIT incite à une certaine forme d’élégance.

Il en découle 5 outils:

  1. l’unification ;
  2. la multiplication : on s’autorise à mettre des objets de même classe ;
  3. la division: 1 cavalier c’est l’homme et sa monture ;
  4. la symétrie

Malarewicz insiste sur le fait qu’il faut casser l’effet de symétrie. Lorsqu’il y a un choix à faire entre 2 choses, il fait énoncer les raisons du problème puis tirer à pile ou face. Si par exemple une personne hésite entre rester en poste ou le quitter, on la fait travailler, en fonction du résultat de la pièce sur sa journée dans un an (soit dans son poste actuel, soit dans son nouveau poste).On casse ainsi la symétrie du choix.
Un autre théoricien, Betson, prône une autre vision de la symétrie : si on n’arrive pas à choisir entre A et B on transforme chaque alternative en une finalité supérieure. On transforme ainsi une fin en moyen.

  1. la soustraction

Ainsi, selon la méthode Asit, nul besoin d’être un créatif né et on peut créer dans un univers contraint.

Dilts parle d’une pyramide dont le sommet est l’identité et la base l’environnement. Entre les 2 se trouvent (de haut en bas) : la croyance, la capacité et le comportement. On ne résout pas un problème au niveau où il est créé. Pour redevenir acteur et créatif il faut naviguer entre ces différentes logiques et réinvestir une stature d’acteur. Ma représentation du monde n’inclut pas tout le réel. L’idée n’est pas de casser le cadre mais de le déplacer.

Pour redevenir acteur et créatif il faut naviguer entre ces différentes logiques et réinvestir une stature d’acteur. Ma représentation du monde n’inclut pas tout le réel. L’idée n’est pas de casser le cadre mais de le déplacer.

Les théories de Dilts se fondent également sur les points suivants :

  1. la non sommativité: le tout est plus que la somme des parties ;
  2. l’équi finalité: les mêmes causes peuvent produire des effets différents

Face à un problème la recherche des causes est sans doute vaine. Il vaut mieux
s’occuper des solutions.

  1. l’homéostasie c’est-à-dire l’équilibre

Lorsqu’une situation est délétère il faut casser cette homéostasie en la
déséquilibrant.

Dans la relation à l’autre il y a deux lois d’airain:

– il/elle ne devinera pas ce que je veux

– je ne changerai pas l’autre.

  1. la rétroaction: passé un certain délai conditions initiales ne représentent plus
    d’intérêt. Du coup se pencher sur le problème est vain

On se pense davantage comme réparateur de solution que fabricant de succès. Par ricochet, on tend à se concentrer sur le problème et non sur l’objectif.

La démarche appréciative fondée sur 5D permet de se projeter et d’être créatif :

  1. Définir notre réussite: énoncer un objectif clair. C’est important qu’on ne revienne pas sur le problème. Cette démarche est très proche de la vision du succès
  2. Découvrir nos ressources
  3. Dream / rêver / imaginer la situation réussie
  4. Design / devenir: on frotte le rêve à la réalité et aux moyens
  5. Demain: on expérimente le fait qu’on va de succès en succès.

Cette politique des petits pas provoque un effet Pygmalion: quand on projette du positif sur les gens ils deviennent des gens très bons.

Une formation qui m’a beaucoup apportée, notamment sur la démarche des 5D que je trouve « énergisante »!

Et vous qu’en pensez-vous?

 

Conférence débat: Devenir père aujourd’hui : un rôle à réinventer ?

Pour ceux et celles que ça intéresse, le groupe Femmes et Société de Sciences Po organise un débat sur la parentalité, et notamment sur le rôle du père.

« Pour son prochain débat Hommes, Femmes et Société, le groupe Femme & Société a choisi d’aller à l’un des fondamentaux de la question de l’égalité entre les femmes et les hommes, à savoir le fait d’être parent et en l’occurrence, celui d’être père :

Devenir père aujourd’hui : un rôle à réinventer ?

Mardi 17 décembre
De 8h30 à 10h00 (accueil petit-déjeuner networking à partir de 8h00)
Hôtel de l’Industrie – 4 Place Saint Germain des Prés – Paris 6 ème

Alors que la conquête et l’exercice de l’égalité professionnelle par les femmes pose la question d’une meilleure répartition des tâches familiales, les hommes eux-mêmes semblent aspirer à une implication plus grande auprès de leurs enfants.

Des siècles de patriarcat, en assignant un rôle social à chacun, ont tenu les femmes éloignées de la sphère professionnelle et les hommes du foyer familial. Dans la marche vers l’égalité des droits qui s’est développée ces dernières années, comment l’homme trouve-t-il aujourd’hui sa place en tant que père ?

Pour essayer de saisir le mieux possible cette transformation, nous nous concentrerons plus particulièrement sur le moment où l’enfant parait.

Pour évoquer cette période de métamorphose, individuelle, familiale et sociale, nous accueillerons deux spécialistes de la naissance :

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Willy Belhassen, est l’un des premiers hommes à devenir sage-femme quand la profession leur a été ouverte en 1982. Haptothérapeute, sexologue, il est notamment l’auteur de « Le vécu relationnel des sages-femmes ».

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Bénédicte Champenois-Rousseau (DEA S 94) est sociologue, spécialiste des pratiques médicales autour de la procréation. Elle enseigne à l’Ecole des Sages-femmes de l’hôpital Foch de Suresnes et à Sciences Po Paris où elle est Maître de conférences en sociologie.

(Et petit clin d’œil… Bénédicte est aussi Présidente d’HEC au Féminin !) »

Tarifs :  20€ adhérents  /  35€ non adhérents et extérieurs

Renseignements :
Tel : 01 45 48 34 44 ou evenements@sciences-po.asso.fr

Conférence de la psychologue Bernadette Lemoine sur l’angoisse d’abandon chez l’enfant

 J’en avais parlé à quelques uns, voici la retranscription d’une conférence de la psychologue Bernadette Lemoine, auteur de Maman ne me quitte pas et de L’enjeu de la Réussite.

J’ai lu d’un autre Lemoine: Transmettre l’amour – l’art de bien éduquer, livre que je recommande même si j’ai du mal à accepter que ma fille soit une « fille économique » et que la forcer à manger reviendrait à entrainer chez elle une « anorexie d’opposition ».

Voici donc les grandes lignes de cette conférence  et l’idée phare : face à l’angoisse de séparation des enfants, les parents doivent réaffirmer la permanence de leur amour.

Notre capacité à aimer nécessite un minimum de maturité humaine et affective fondée sur 15 caractéristiques :

  1. Avoir le sens du réel et de la réalité
  2. Avoir conscience de soi, de ses talents et de ses faiblesses (estime de soi et humilité)
  3. Etre conscient de tout ce que nous recevons d’autrui et l’accueillir avec reconnaissance comme un don et non comme un dû
  4. Etre capable de donner et de se donner
  5. Prendre conscience de ses manquements sans les reporter sur autrui
  6. Apprendre à juger de façon objective (esprit critique)
  7. Savoir être à sa place dans sa génération
  8. Respecter les règles quand elles sont justes
  9. Prévoir les conséquences de ses actes et en être responsable
  10. Accepter de prendre des risques raisonnables
  11. Accepter l’autre dans sa différence
  12. Vivre dans l’instant présent et non dans le passé
  13. Ne pas rêver sa vie mais la vivre
  14. Avoir une liberté intérieure permettant de choisir en fonction de ce qui est bien
  15. Construire son autonomie affective en étant capable d’affirmer ses choix.

En lisant cette liste, je me demande si beaucoup d’adultes sont vraiment matures affectivement…

Un bébé reste en fusion avec sa mère et le cordon psychologique qui le relie ne doit pas être coupé abruptement car une séparation, lorsqu’elle se passe mal, peut altérer la confiance qu’il a naturellement. Les conséquences peuvent se retrouver à l’âge adulte par des comportements fusionnels ou d’électron libre.

A l’âge de 2 ans et demi / 3 ans, l’enfant prend conscience qu’il est différent de sa mère. Commence alors la période des grands caprices et de l’affirmation du « moi je ». (Note annelaurienne : euh ça peut arriver avant…)

Entre 4 et 7 ans l’enfant se « défusionne » de sa mère en se tournant vers d’autres personnes qui jouent un rôle de tiers séparateur.

Ces différentes phases permettent à l’enfant de se construire.

Lorsqu’un enfant se sent abandonné, il éprouve des angoisses de mort qui se manifestent de la façon suivante :

– troubles réguliers du sommeil

– difficulté relationnelle

– volonté de ne pas grandir

 

Les séparations possiblement douloureuses sont les suivantes :

– la néonatalogie

– le sevrage

– la crèche / garderie

– les angoisses de la mère

– la naissance du second enfant.

 

Certaines caractéristiques infantiles qui persistent à l’âge adulte doivent alerter :

– la volonté de toute puissance

– l’égocentrisme

– le principe de plaisir vs celui de raison.

La tache des parents est donc d’apprendre aux enfants la continuité, la persévérance et le courage. Un enfant a besoin de comprendre que les règles de vie qu’on lui inculque sont pour lui et non pour nous.

La psychologue concluait en rappelant que la confiance est l’autre versant de l’amour.

 

Vos réactions à ces propos ?

Qu’est ce que la poésie ? Réflexions et lectures par Yves Bonnefoy

Comme je vous l’annonçais en début de semaine, voici les idées principales d’une conférence organisée hier soir à Sciences-Po sur la poésie avec Yves Bonnefoy.

Né à Tours en 1923, Yves Bonnefoy fait des études de mathématiques et de philosophie. Il fréquente le mouvement surréaliste car il est attentif à l’écoute de l’inconscient. Il s’en éloigne cependant car il se méfie des fantasmes de l’imagination. Loin de se cantonner à la poésie, il écrit des essais sur Rimbaud et Baudelaire, ainsi que des réflexions sur la peinture.

Un mot est revenu très souvent pendant cette conférence: l’unité. Pour lui, la poésie, c’est se mettre en relation avec le monde, retrouver à travers la parole l’unité du monde, la mémoire et l’espérance de l’unité retrouvée.

Il nous invitait hier à réflechir au sens des mots et à projeter, par exemple, dans un poème, ce qu’un arbre ou un fleuve signifiait pour nous, plutôt que d’essayer de comprendre le poème pour lui-même. Il rappelait également que le concept prive le mot de toute sa réalité. Ainsi, l’arbre que nous avons dans notre vie est différent d’un arbre défini dans le dictionnaire. Si nous laissons les mots se perdre dans un discours conceptuel, nous perdons une partie de nous, nous mourrons à nous-mêmes.

Il émettait également une réserve sur la poésie telle qu’elle existe depuis Mallarmé. En effet, auparavant la religion avait, comme la poésie, une notion de transcendance. Avec les Lumières, la religion apparaît comme un « glorieux mensonge » (Mallarmé) et il n’existe plus rien que le nu et le vide. L’impact sur la poésie est fort puisque celle-ci doit alors s’auto-suffire et devenir sa propre transcendance.

Selon lui, dans la poésie moderne, il n’y a rien que du langage. Toute une partie de la poésie moderne est caractérisée par des jeux de mots et perd une partie d’elle-même.

Il nous invitait à écouter notre inconscient qui nous permet d’éprouver notre finitude. Il différenciait cette vision de celle des surréalistes, tournée vers l’intérieur alors que l’écoute de l’inconscient est tournée vers autrui, et donc l’extérieur.

Il concluait en disant qu’on ne peut être dans la poésie que si on transgresse le langage pour aller vers autrui. Ce triangle s’appelle l’amour.

Une très belle conférence qui permettait justement de se reconnecter avec son moi profond, pendant que le poète lisait des passages de ses oeuvres…