Activités culturelles pour enfants…

Alors que la rentrée de janvier pointe le bout de son nez, j’avais envie de partager avec vous trois activités culturelles pour enfants testées récemment.

De toutes, ma préférée – et celle qui est restée la plus utilisée par la suite – fut celle de la Basilique de Saint Denis sur les « matriochkas » ou poupées russes. Dans le cadre des animations féériques « Contes et Histoires » mises en place par le Centre des monuments nationaux dans 21 monuments dans toute la France jusqu’à dimanche (7 janvier 2018) la basilique vit à l’heure russe. Contes et Histoires emmène petits et grands en voyage au pays des Tsars. On y apprend notamment à la basilique qu’Anne de Kiev épousa au XI°s Henri, roi des Francs, et qu’il existe un jumelage entre la cathédrale Saints Pierre et Paul de Saint Pétersbourg et la basilique-cathédrale de Saint Denis. C’est cette Anne de Kiev qu’il s’agit ensuite de reproduire via trois petites poupées en bois en utilisant des feutres, gommettes et fils de tissus dorés.

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Un atelier à découvrir notamment le 5 janvier à 14h à moins que vous ne souhaitiez tirer les rois à la basilique le 6 janvier à 14h.

Pour les personnes préférant la nature, l’atelier Crocodiles au Palais de la Porte dorée avait rencontré une certain succès auprès de mes enfants. Il a l’avantage, comme celui des Matriochkas, d’être facilement refait à la maison, puisqu’il suffit d’un peu de carton, de peinture et d’attaches parisiennes pour confectionner un crocodile aux dents acérées (et testé dans le métro sur un voisin qui Dieu merci avait le sens de l’humour ; )).

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Enfin, pour les adeptes de cirque, le Cirque Gruss propose avec la compagnie des Farfadets jusqu’à mars 2018 une nouvelle version de son spectacle Quintessence.

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©Karim-El-Dib

Une petite fille doit guérir Pégase, mourant, en réunissant les quatre éléments – l’eau, la terre, le feu et l’air ainsi que la quintessence de toute chose: l’amour. L’occasion pour le cirque de mélanger performances équestres et acrobatiques, numéros aériens et aquatiques à une quête initiatique dans un spectacle poétique où l’on se croirait parfois dans la Rome antique ou à la Renaissance chez Dante.

Et pour les amateurs de châteaux, mon billet sur Cheverny est toujours d’actualité!

Et vous quelle activité culturelle pour enfants conseilleriez-vous?

Anne-Laure FAUBERT

 

 

Il était trois fois… L’exposition « Lieux saints partagés » au Palais de la Porte dorée (Paris)

L’exposition sur Les lieux saints partagés du musée de l’histoire de l’immigration marque les esprits, tant par sa scénographie sombre et intimiste qui nous dévoile progressivement les difficultés de coexistence sur ces lieux saints, que par le choix des œuvres. Ce sujet, grave au XXI°s qui, selon André Malraux, verra probablement « un événement spirituel à l’échelle planétaire » fait écho à une autre exposition parisienne, celle sur Les Chrétiens d’Orient à l’Institut du Monde arabe.

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Abraham et les trois Anges © Mucem / Yves Inchierman

 

Cette exposition présentée en 2015 au MUCEM a fait l’objet d’une réécriture afin d’élargir le propos à l’Europe. On y constate en effet depuis une quinzaine d’années une réapparition des identités religieuses dans l’espace et le débat publics qui ne va pas sans poser problème dans des démocraties fondées sur une séparation franche entre les sphères politiques et religieuses et où la sécularisation des mœurs a fait oublier les difficultés de coexistence.

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La question des identités religieuses est l’une des plus sensibles du XXI°s alors que depuis les origines, les trois religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme et Islam) partagent des croyances, valeurs, rites mais également des figures tutélaires et des sanctuaires. 

L’exposition nous permet tout d’abord de redécouvrir une « Terre sainte saturée de sens ». Berceau des monothéistes, la Terre sainte accueille notamment les villes de Jérusalem, trois fois saintes et Hébron, liée à Abraham considéré comme le premier pèlerin par les traditions monothéistes. S’y révèlent deux attitudes différentes: le partage du lieu ou la partition.  Ainsi à Hébron, la chênaie de Mambré – qui d’après la Bible est le lieu de rencontre d’Abraham avec les trois anges et symbolise l’hospitalité, porte encore cette tradition alors que Le caveau des Patriarches – où auraient été inhumés Abraham, Sarah et leur descendance, est en revanche un lieu de partition sans échange: l’intérieur y est physiquement divisé avec d’un côté un espace pour les Juifs et de l’autre un espace pour les Musulmans.

 

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Notre Dame qui fait tomber les murs, Bethléem, 2014 © Manoël Pénicaud / Le Pictorium

 

Jérusalem est à cet égard emblématique. Cité fondatrice où fut bâti le premier temple par le roi Salomon, elle est également la ville de la mort et de la résurrection du Christ ainsi que le départ pour le « voyage céleste » du prophète Mohamed, ce qui en fait la troisième ville sainte de l’Islam après La Mecque et Médine. Un lieu saint partagé source de nombreuses tensions et de partition.

La majeure partie de l’exposition est ensuite consacrée à la coexistence entre le Christianisme et l’Islam, avant de revenir à la fin sur le Judaïsme.

 

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Atlas nautique de la mer Méditerranée et de l’Océan Atlantique Nord-Est © BNF

 

On y apprend ainsi que des cultes catholiques implantés au Maghreb lors de la colonisation ont généré des croisements interreligieux encore actuels et que des lieux comme Notre-Dame d’Afrique à Alger, Notre Dame de Santa Cruz à Oran ou Notre Dame de la Garde à Marseille et Nîmes sont devenus des lieux multiconfessionnels. Mère du fils de Dieu pour les Chrétiens et du prophète Jésus pour les musulmans, Marie ou Maryam est vénérée par les fidèles des deux religions.

Saint Georges est également prié par les Chrétiens et les musulmans et le poisson, symbole du Christ « Ichtus » pour les Chrétiens, s’avère aussi un motif prophylactique répandu en Afrique du Nord, « houta », censé favoriser la fertilité et faciliter l’accouchement.

 

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Saint Georges terrassant le dragon, 1699 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) Mathieu Rabeau

 

L’exposition se conclut en présentant une maquette inédite du projet House of one qui accueillera à Berlin une synagogue, une église et une mosquée au même endroit. Une œuvre des architectes Kuehn et Malvelzzi.

 

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Site Collage ©Kuehn Malvezzi, photo Ulrich Schwarz

 

Une exposition documentée et riche de sens qui invite aussi tout un chacun, quelque soit sa religion (ou non religion) à s’interroger sur l’accueil qu’il fait à l’autre.

Anne-Laure FAUBERT

A découvrir jusqu’au 21 janvier 2018 au Palais de la Porte dorée – musée de l’histoire de l’immigration