Exposition Pierre le Grand au Grand Trianon à Versailles

C’est en compagnie de Gwenola Firmin, la conservatrice du musée de Versailles et de Trianon que nous avons eu la chance de découvrir l’exposition Pierre le Grand, un Tsar en France (1717). Amusante coïncidence, la rétrospective commémorant le tricentenaire de la visite diplomatique du tsar Russe, est inaugurée le jour de la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron. Elle est donc placée sous les auspices de la collaboration entre la Russie et la France, notamment grâce à la contribution très importante du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. En effet, sur les 150 œuvres présentées, plus des deux tiers proviennent du musée russe.

Pierre le Grand_1 photo

Le premier tableau que l’on peut admirer en poussant la porte de l’exposition est cette représentation du tsar Pierre Ier de Russie (1672-1725). L’homme est très grand (2.04m), son habit à l’européenne traduit son admiration pour l’Occident. Fervent francophile, cette visite diplomatique marque en effet le point d’orgue de sa tournée en Europe. Il séjourne en France du 21 avril  au 21 juin  1717, à Versailles il est logé au Grand Trianon. Ainsi nos pas s’inscrivent véritablement dans les siens.

Costume Pierre le Grand

Parmi les objets personnels de l’empereur, ce costume est présenté avec les chaussures qui foulèrent le sol du Grand Trianon. Pierre Ier était plutôt un amateur de la mode hollandaise, des costumes larges coupés dans des tissus solides, plus adapté à une vie active que les habits de cour. Cependant, en prévision de sa visite à Versailles il se fait couper des vêtements « à la française ». Pour sa rencontre avec le jeune Louis XV il porte un costume d’apparat et même une perruque (dont il aura tout de même coupé les boucles et ôté la poudre).

Visite Pierre le Grand

Ainsi, le tsar est aussi un esprit libre. Il est aussi passionné de marine comme l’atteste la présence d’un navire dans l’arrière plan du tableau d’Enrico Belli. Une salle entière est donc consacrée à son amour pour les sciences et les techniques. Y sont exposés des objets mathématiques et des instruments d’astronomie. Il sera même élu membre honoraire de l’académie des sciences, ce qui montre le respect que lui portait la communauté scientifique de l’époque.

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La dernière partie de l’exposition est consacrée au rapport que le tsar a entretenu avec les artistes français. Il aime particulièrement les marines et les scènes de bataille, souhaitant renouveler l’art russe, il veut attirer des peintres français à sa cour. Séduit par les œuvres de Jean-Marc Nattier il va demander à ce que peintre réalise son portrait. Ce sera chose faite avec ce tableau exécuté en 1717.

Pierre le Grand

Alice PAILLAT pour Envie d’ailleurs

Le bosquet du théâtre d’eau du Château de Versailles: un lieu propice à la danse et à la réflexion…

Redessiné par Louis Benech et rythmé par les sculptures fontaines de Jean-Michel Othoniel, le bosquet du théâtre d’eau du Château de Versailles était inauguré ce lundi 11 mai 2015 avec la création O’de du L.A. Dance Project sur une chorégraphie de Julia Eichten.

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Copyright: Anne-Laure Graf

Aucun danseur n’avait foulé les pieds de cet endroit depuis Louis XIV, rappelait justement la Présidente des lieux, Catherine Pégard, et il y avait quelque chose d’historique à être là, par cette belle journée de mai, à contempler des sculptures contemporaines, puis un ballet et enfin la mise en eau des fontaines Les belles danses.

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Copyright: Anne-Laure Graf

Créé entre 1671 et 1674 par André Le Nôtre, puis détruit en 1775, le bosquet du Théâtre d’Eau était en dormance depuis de nombreuses années. En 2009, le château de Versailles décida d’y créer un jardin contemporain respectueux du cadre général du parc de Versailles et de son histoire.  Ce bosquet est donc conçu sur un rythme ternaire et les pas de la « belle danse » inspirent les fontaines, dans un esprit fidèle à Louis XIV.

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Copyright: Anne-Laure Graf

La création interprétée par le L.A. Dance Project reprenait à la fois des pas baroques et d’autres plus contemporains, sur des extraits musicaux de Haendel ou Lully, parfois volontairement arrangés comme cette ouverture répétée de façon continue, comme un faux départ. Dans des costumes d’inspiration baroque, ce ballet avait une force étrange, à la fois naturel, faisant appel à des pas anciens, et moderne par certains pas caractéristiques de notre époque.

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Copyright: Anne-Laure Graf

Un interlude musical et dansé qui rappelait l’importance du dialogue des Arts dans un lieu propice à la réflexion…

 

 

 

Arita: la beauté de la porcelaine japonaise…

On parle souvent de la porcelaine chinoise, française ou anglaise. On oublie qu’il existe une tradition ancienne de porcelaine au Japon. J’ai pu découvrir en février cette vénérable maison qui célébrera, en 2016, ses 400 ans. 

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Arita est à la fois le plus célèbre centre porcelainier japonais et le plus ancien, avec une tradition qui remonte à plus de 400 ans, en 1616, lorsque Sanpei Lee découvrit de la pierre à porcelaine dans la région éponyme, dans l’île de Kyushu – Préfecture de Saga -, et débuta la production de premières pièces. Dès 1650, la porcelaine Arita, alors connue sous le nom d’Imari (nom du port d’expédition), fut exportée par la Compagnie Néerlandaise des Indes Occidentales (Dutch West India Company). Parmi, les clients d’Imari, le plus célèbre fut le roi Frédéric Auguste Ier de Saxe. Il leur attribuait une valeur très supérieure à l’or, et ordonna à Friedrich Bottger, célèbre chimiste, d’en produire en Allemagne. Ce dernier y parvint après une multitude d’essais, ce qui donna naissance à la Manufacture de Meissen. Les porcelaines Arita de cette époque sont notamment exposées au British Museum, au musée du Louvre ou encore au Château de Versailles.

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Face à une telle ancienneté se pose la question de la modernité , et les maisons françaises et anglaises comme Bernardaud ou Haviland y sont aussi confrontées. Évoluer sans renier ses racines… Tel avait été le sujet évoqué également lors d’une mission que j’avais menée en 2010 sur les aides aux entreprises en France,  notamment dans la région de Limoges.

En échangeant avec des Japonais spécialistes d’art de vivre, j’ai découvert qu’Arita restait le numéro un de la porcelaine du Japon. Cette porcelaine, dont toutes les pièces sont manufacturées à la main par des artisans experts, dégage ce qui caractérise selon moi, le véritable luxe: ce mélange subtil entre l’épure et le moderne, sous une apparente simplicité… Autant dire que j’avais bien envie de compléter mon service d’inspiration japonaise par quelques pièces d’Arita, et notamment celles désignées par Sylvie Amar, designer experte de l’hôtellerie-restauration, qui a signé Sensitive, une première collection de 10 assiettes inspirées des paysages nippons. Destinées aux palaces et tables étoilées, ces assiettes de toute beauté rappellent que le contenant est aussi important que le contenu pour créer l’harmonie des sens. Une conception plus orientale qu’occidentale, quoique…

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Le prix – de 50€ à plusieurs centaines d’euros la pièce – ainsi que mon premier achat sur le marché de l’art (alors même que j’investis massivement dans ma société) ont eu raison de cette envie. Cette porcelaine restera pour moi un très beau souvenir…