Versailles à l’heure des Dames…

Que les amateurs du château de Versailles et de l’histoire au féminin se réjouissent! Depuis la mi avril, trois femmes sont mises à l’honneur dans ce lieu illustre: Marie-Antoinette, reine au destin tragique, avec la réouverture du Grand appartement de la Reine, Marie Leszczynska, épouse de Louis XV et artiste peintre, et Madame de Maintenon, maîtresse puis épouse non officielle ou morganatique de Louis XIV.

Françoise d’Aubigné, épouse Scarron France, XVII e siècle Vers 1670 Huile sur toile H. 66 ; L. 54 cm Niort, musée Bernard d’Agesci, 2016.0.11/G.113 © Thomas Garnier

De Madame de Maintenon (1635-1719), dont on fête le tricentenaire de sa mort, on apprend ou se remémore qu’elle était la petit-fille du poète et écrivain Agrippa d’Aubigné, née Françoise d’Aubigné, dans une prison où son père est détenu et ballottée durant son enfance entre la France et les Antilles, elle devient après le décès de son époux, la veuve Scarron. Elle se voit confier la mission d’élever les enfants illégitimes nés des amours de Louis XIV et de Madame de Montespan. L’exposition insiste moins sur son rôle supposé dans la révocation de l’édit de Nantes en 1685 que dans la façon dont elle gravit les échelons à la Cour jusqu’à épouser secrètement le Roi en 1683, après la mort de la Reine Marie-Thérèse, et son implication dans la création de la maison royale de Saint Louis pour les jeunes filles pauvres de la noblesse, à Saint Cyr.

Pierre le Grand rendant visite à Madame de Montespan – Thérèse de Champ-Renaud vers 1890 – Copyright: Christophe Fouin

L’un des derniers tableaux nous montre le tsar Pierre le Grand visitant Madame de Maintenon, « relique » du règne de Louis XIV. Le rayonnement de l’école de Saint Cyr s’étend d’ailleurs jusqu’en Russie avec la fondation en 1764 par l’impératrice Catherine II à Saint Pétersbourg de l’institut Smolny, en activité jusqu’en 1917. Une exposition à découvrir jusqu’au 21 juillet 2019.

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Marie Leszczyńska (1703 – 1768), reine de France Alexis-Simon Belle (1674 – 1734) 1725 huile sur toile Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. © Château de Versailles (dist. RMN – Grand Palais) / Christophe Fouin

C’est une autre Reine, moins connue du grand public que nous invite à découvrir l’exposition Le Goût de Marie Leszczyńska. Si l’on peut s’interroger sur cette alliance matrimoniale (en réalité la fiancée de Louis XV étant trop jeune pour avoir un héritier, on chercha une jeune femme catholique de sang royal en âge d’avoir des enfants, au risque de l’incident diplomatique avec l’Espagne lors de la rupture des fiançailles ) avec la fille d’un obscur et – vite déchu – roi de Pologne – qui apporta tout de même la Lorraine (et le baba au rhum ; ) ) à la France, l’exposition nous apprend que Marie Leszczyńska fut la première Reine à avoir une vie intime en dehors des obligations de la Cour, se retirant avec ses proches dans des petits appartements. Peintre elle-même, elle mit en avant les peintres Nattier et Oudry pendant les 42 ans de son règne. Durant cette période, elle a fortement influencé l’aménagement du château de Versailles par la création d’appartements privés, ainsi que la vie artistique de son époque par ses nombreuses commandes aux artistes et aux Manufactures. J’ai personnellement beaucoup apprécié la finesse des traits de ses filles, ainsi que la sûreté de son goût, quoiqu’éclectique.

Chambre de la Reine Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. © Château de Versailles, Thomas Garnier

Quant au Grand appartement de Reine, où sont nés 19 enfants de France, les mots paraissent bien faibles face à la magnificence de ces lieux fermés depuis 2016 pour travaux.  Déployé en miroir de celui du Roi, il se compose de la salle des gardes de la Reine, de l’antichambre du Grand Couvert, le salon des Nobles et la Chambre de la Reine, au premier étage du Château. Cet appartement, réservé à la vie publique des Reines, déploie toute la magnificence et la finesse que requiert sa fonction… et notamment le décor rocaille du plafond de la chambre de la Reine, créé pour Marie Leszczyńska.

Un Versailles au féminin où s’entremêlent les différentes époques historiques et dont se dégage un charme certain!

Anne-Laure FAUBERT

 

Louis-Philippe et Versailles… au château de Versailles

C’est une exposition de grand intérêt que nous propose le Château de Versailles jusqu’au 3 février 2019. Tout comme Napoléon a modifié Paris (cf mon article ici à ce sujet), Louis-Philippe a transformé Versailles, le faisant passer du château à un musée dédié « à toutes les gloires de la France » inauguré en 1837. L’Ancien régime avait ses codes qui diffèrent de ceux du règne de Louis-Philippe avec l’émergence de l’individu. Cette exposition Louis-Philippe et Versailles interroge la personnalité du souverain, ses goûts et la naissance d’un style et insiste sur l’implication directe du roi dans ce projet, sur son goût pour l’histoire et sa volonté de mettre en scène l’histoire nationale.

Galeries historiques de Versailles_1enviedailleurs.com
Galeries des Batailles de Versailles

C’est également l’occasion de découvrir 32 pièces habituellement peu accessibles au public, soit plus de 4600m2.

Louise Marie Adelaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'Orléans (1753-1821) par Elisabeth Vigée Le Brun
Louise Marie Adelaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d’Orléans (1753-1821) par Elisabeth Vigée Le Brun

Héritier de la famille d’Orléans, Louis-Philippe a peu d’histoire commune avec le Versailles de l’Ancien Régime. Pourtant, dès son accession au trône en 1830 il s’intéresse au château et le transforme en monument national, manière de réconcilier les Français entre eux, mais également d’inscrire son règne dans l’histoire nationale. Deux Versailles cohabitent alors : – la résidence royale dans le corps central, avec les Grands appartements restaurés et remeublés, qui conservent leur appellation et leur destination ; et les ailes du Nord et du Midi qui subissent d’importants travaux. Louis-Philippe crée des Galeries Historiques d’un bout à l’autre du Palais, ponctuant sa partition architecturale d’importants ensembles iconographiques : la galerie des Batailles, de Tolbiac (victoire de Clovis Premier sur les Alamans en 496 ou 506) à Wagram, la salle des Etats-Généraux et la salle de 1792, la salle du Sacre de Napoléon à laquelle répond la salle de 1830 à la gloire du nouveau monarque, et enfin les salles des Croisades et les salles d’Afrique restées inachevées en 1848 à la chute de la monarchie de Juillet.

La bataille d'Isly - 14 août 1844
La bataille d’Isly – 14 août 1844

C’est dans ces salles d’Afrique que se situe l’exposition, qui retrace la vie de Louis-Philippe, de son éducation confiée à Stéphanie-Félicité de Genlis à son accession au trône, en passant par l’exil et ses voyages, qu’il met également en scène dans deux grands tableaux commandés à Auguste Biard : Le Duc d’Orléans reçu dans un campement de Lapons

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Le Duc d’Orléans reçu dans un campement de Lapons en août 1795, Salon de 1841 François Auguste Biard © RMN- Grand Palais (château de Versailles / Gérard Blot)

et Le Duc d’Orléans descend le grand rapide de l’Eijampaïka. Ces œuvres ne recherchent pas le réalisme mais mettent en scène un duc d’Orléans impassible face aux éléments…

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Le duc d’Orléans descend le grand rapide de l’EIjampaïaka sur le fleuve Muonio en Laponie en août 1795, salon de 1841 François-Auguste Biard © RMN- Grand Palais (château de Versailles / Franck Raux)

Cette exposition est ainsi l’occasion de découvrir comment sa vie personnelle impacte ses choix à Versailles, telles les commandes passées une fois Roi pour des artistes qu’il avait connus dans les années 1820. Appréciant Géricault, il en possédait les plus beaux tableaux, actuellement au Louvre. Son esprit plus pratique qu’intellectuel se voit également dans le choix des matériaux et d’un mobilier sobre.

Une facette de Versailles « à la manière de » de Louis-Philippe qui permet de se rappeler (ou de découvrir) que son aménagement est un véritable mille-feuille qui suit les différents régimes politiques. Une influence du Souverain qui m’a fait penser à sa décision de transformer le Dôme des Invalides en tombeau de Napoléon (cf mon précédent article sur Saint Louis des Invalides ).

Louis Philippe et Versailles_1enviedailleurs.com

Mais laissons le mot de la fin à Victor Hugo qui écrit dans ses Œuvres complètes : « Ce que Louis-Philippe a fait à Versailles est bien. (…) C’est avoir mis une idée immense dans un immense édifice, c’est avoir installé le présent chez le passé, 1789 vis-à-vis de 1688, l’Empereur chez le Roi, Napoléon chez Louis XIV ; en un mot, c’est avoir donné à ce livre magnifique qu’on appelle l’Histoire de France, cette magnifique reliure qu’on appelle Versailles. »

Anne-Laure FAUBERT

Château de Versailles – Jusqu’au 3 février 2019

Saint-Louis des Invalides, la cathédrale des armées françaises ou « le corps, l’âme et l’esprit de la Nation française » a désormais son livre

Si l’on devait résumer Saint Louis des Invalides de façon provocante on dirait qu’il s’agit du magnifique échec d’un architecte qui s’est fait « prendre sa place » par un autre, plus jeune, moins titré… Une situation que l’on peut retrouver de nos jours dans d’autres sphères… En effet Libéral Bruand (1636-1637) construisit la cour des Invalides mais Jules Hardouin-Mansard lui prit l’église. Bruand avait conçu la façade pour Dieu et souhaitait une église modeste : après avoir croisé le Roi sur l’esplanade, on arrivait à l’église, alliance du trône et de l’autel. Jules Hardouin-Mansard proposa au Roi une église grandiose, flattant ainsi ses ambitions.

Ce sont ces différentes informations que l’on retrouve dans le premier ouvrage consacré à Saint-Louis des Français, la cathédrale des armées françaises, fruit du travail du musée de l’Armée, d’historiens, et des éditions La nuée bleue et qui réunit une trentaine d’auteurs, selon les règles de cette collection : un travail scientifique tourné vers le grand public.

Saint-Louis des Invalides-couv

Voulu par Louis XIV pour soigner les soldats meurtris par ses guerres et pour affirmer la gloire de son règne, l’Hôtel national des Invalides est l’un des sommets de l’architecture classique française. Les plus fameux artistes de l’époque y œuvrèrent, dont Jules Hardouin-Mansart, qui conçut l’église des Soldats et le fameux Dôme des Invalides. La richesse des décors peints et sculptés, tapisseries, livres et objets, symbolisent les fastes Grand Siècle, dans une organisation de l’espace pour les malades et invalides. Converti en mausolée impérial par Louis-Philippe pour accueillir le tombeau de Napoléon, interdisant ainsi l’accès au point clé de la vue de l’édifice, le Dôme est devenu l’un des sites les plus visités de Paris. Quant à l’église des soldats, elle devient le lieu de présentation des drapeaux pris à l’ennemi, et accueille les sépultures des gloires militaires du pays, puis le siège de l’évêque aux Armées, ce qui lui confère le statut de cathédrale reconnue comme telle par le Pape Jean Paul II en 1986, faisant de Paris une ville avec deux cathédrales. Saint Louis des Invalides reste un haut lieu de la mémoire nationale dont nous devons prendre soin et constitue, selon l’expression de Monseigneur Antoine de Romanet de Beaune, évêque aux Armées françaises, « le corps, l’âme et l’esprit d’une Nation » et de tous ceux qui se sont engagés pour elle. « Sans cette cohésion l’homme se disloque. Ici tout est symbole. L’art élève l’esprit. »

Coupole_Saint Louis des Invalides
La coupole du Dôme des Invalides Photo: Anne-Laure Faubert

Ce livre, conçu en trois parties – L’architecture en majesté ; Un décor souverain et La gloire, le deuil, la mémoire – et poussant plus loin les recherches de l’ouvrage précédent, Les Invalides, 3 siècles d’histoire en 1974, est tout d’abord l’occasion de rappeler que « les peuples qui perdent la mémoire risquent de perdre la vie ».

Le « fantasme français » de la cathédrale, selon l’expression de l’historien Alexandre Gady, est celui de la cathédrale gothique du Moyen-Âge, ce qui n’est en aucun cas l’architecture du Dôme des Invalides. Pour comprendre les Invalides, il faut songer à Saint Pierre de Rome ou Saint Paul de Londres . Les pays chrétiens se livrent une compétition pour les Dômes. Lorsque la construction du Dôme des Invalides est achevée en 1706, le ministre Vauban le considère comme « la cinquième roue du carrosse » et trouve que l’on dépense trop d’argent pour se montrer. Jules Hardouin-Mansart flatte le Roi par les dimensions de l’édifice et souhaite créer une pièce d’urbanisme. La patte d’oie architecturale place Vauban renvoie à celle de Versailles créée par André Le Nôtre. Ces deux places restent, de nos jours, disproportionnées dans leur environnement.

Ce livre nous montre aussi la perfection architecturale atteinte par l’édifice, entre le carré et le cercle, et l’absence de la déperdition que l’on trouve à Saint-Pierre de Rome. L’extraordinaire fluidité de la vision latérale et d’ensemble a perdu malheureusement son point clé avec le tombeau de Napoléon. Par ailleurs la dernière partie de l’ouvrage rappelle l’importance de « l’église de la mémoire », approche jusque là négligée. En effet, cette église compte 120 sépultures militaires, soit plus que celle de la basilique de Saint-Denis, ce qui en fait une nécropole importante. Enfin, depuis 50 ans des concerts de musique sacrée s’y tiennent. Saint Louis des Invalides, ou l’alliance réussie de la continuité et du renouveau.

Un livre, à mettre selon moi dans la liste des cadeaux pour les passionnés d’histoire et des beaux livres et qui pour la somme de travail qu’il représente reste dans des prix raisonnables (85€ voire moins avec la carte adhérent FNAC). Un livre qui rejoint une de mes matières préférées pendant mes études: l’histoire et particulièrement tout ce qui concerne le « devoir de mémoire ».

Anne-Laure FAUBERT

Voyage d’hiver: 17 artistes contemporains dans les bosquets du château de Versailles

Pour sa dixième édition, l’exposition d’art contemporain à Versailles se métamorphose. « Voyage d’hiver » prend ses quartiers jusqu’au 7 janvier 2018 dans les bosquets qui s’ouvrent à plusieurs artistes et dont les œuvres dialoguent avec la lumière de Versailles.

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Œuvre 1 Riddles – Sphinx Otto protecting earth from Humankind – Marguerite Humeau – Bosquet de l’arc de Triomphe

Une manière d’inviter les visiteurs à un voyage immobile et intérieur pendant leur déambulation et de redécouvrir Versailles et son parc sous un jour nouveau.

Une façon également de rappeler que l’art traduit des interrogations qui transcendent les époques et les cultures. Voir dialoguer les sculptures des artistes de Louis XIV avec ces œuvres modernes peut s’avérer magique, intriguer, questionner ou parfois laisser profondément perplexe voire déranger.

 

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Œuvre 3 We gave a party for the gods and the gods all came – John Giorno – Bosquet des Bains d’Apollon

Sculptures, installations sonores, tableaux, drapés, reflets, glaciations sont quelques unes des techniques utilisées pour aiguiser notre œil pendant notre promenade et nous faire prendre conscience de la métamorphose de la nature au fur et à mesure que l’automne puis l’hiver s’annoncent.

 

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Œuvre 9 The Sun – Ugo Rondinone – Char d’Apollon

 

Inspirée de Winterreise de Schubert, cycle de 24 Lieder composé en 1827 un an avant sa mort sur des poèmes de Wilhelm Müller, cette exposition s’inscrit dans la sobriété musicale de l’œuvre par les choix artistiques faits, à l’exception de cette statue mi homme mi chien.

 

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Œuvre 12 Floraisons pour Nollopa – Anita Molinero – Bassin du Miroir

 

Quatre fontaines historiques, placées à l’intersection des principales allées des bosquets, dédiées chacune à une saison, légitiment le sujet de la transformation du monde et de l’homme, selon la théorie des correspondances universelles qui régit le symbolisme de Versailles.

 

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Œuvre 16 – Bruit blanc – Stéphane Thidet – Bosquet de la salle de bal

 

Le Sphinx de Marguerite Humeau ouvre le voyage, interrogeant les voyageurs sur le sens de leur périple, dans la droite ligne de la créature antique mi femme mi bête qui tuait ceux qui ne savaient pas répondre à son énigme.

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Les grenouilles en grands manteaux de Cécile Minard clôturent l’exposition et rappellent que l’hiver les statues du parc sont couvertes.

Anne-Laure FAUBERT

Exposition Pierre le Grand au Grand Trianon à Versailles

C’est en compagnie de Gwenola Firmin, la conservatrice du musée de Versailles et de Trianon que nous avons eu la chance de découvrir l’exposition Pierre le Grand, un Tsar en France (1717). Amusante coïncidence, la rétrospective commémorant le tricentenaire de la visite diplomatique du tsar Russe, est inaugurée le jour de la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron. Elle est donc placée sous les auspices de la collaboration entre la Russie et la France, notamment grâce à la contribution très importante du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. En effet, sur les 150 œuvres présentées, plus des deux tiers proviennent du musée russe.

Pierre le Grand_1 photo

Le premier tableau que l’on peut admirer en poussant la porte de l’exposition est cette représentation du tsar Pierre Ier de Russie (1672-1725). L’homme est très grand (2.04m), son habit à l’européenne traduit son admiration pour l’Occident. Fervent francophile, cette visite diplomatique marque en effet le point d’orgue de sa tournée en Europe. Il séjourne en France du 21 avril  au 21 juin  1717, à Versailles il est logé au Grand Trianon. Ainsi nos pas s’inscrivent véritablement dans les siens.

Costume Pierre le Grand

Parmi les objets personnels de l’empereur, ce costume est présenté avec les chaussures qui foulèrent le sol du Grand Trianon. Pierre Ier était plutôt un amateur de la mode hollandaise, des costumes larges coupés dans des tissus solides, plus adapté à une vie active que les habits de cour. Cependant, en prévision de sa visite à Versailles il se fait couper des vêtements « à la française ». Pour sa rencontre avec le jeune Louis XV il porte un costume d’apparat et même une perruque (dont il aura tout de même coupé les boucles et ôté la poudre).

Visite Pierre le Grand

Ainsi, le tsar est aussi un esprit libre. Il est aussi passionné de marine comme l’atteste la présence d’un navire dans l’arrière plan du tableau d’Enrico Belli. Une salle entière est donc consacrée à son amour pour les sciences et les techniques. Y sont exposés des objets mathématiques et des instruments d’astronomie. Il sera même élu membre honoraire de l’académie des sciences, ce qui montre le respect que lui portait la communauté scientifique de l’époque.

graphomètre

La dernière partie de l’exposition est consacrée au rapport que le tsar a entretenu avec les artistes français. Il aime particulièrement les marines et les scènes de bataille, souhaitant renouveler l’art russe, il veut attirer des peintres français à sa cour. Séduit par les œuvres de Jean-Marc Nattier il va demander à ce que peintre réalise son portrait. Ce sera chose faite avec ce tableau exécuté en 1717.

Pierre le Grand

Alice PAILLAT pour Envie d’ailleurs