Noël au Château…Vivez le Grand siècle au château de Cheverny!

Pour beaucoup d’entre nous le château de Cheverny est associé à Tintin et au château de Moulinsart… Et il est vrai que la ressemblance entre le château de pierres et celui de papier est flagrante. Je vous en avais déjà parlé dans cet article il y a un an: « Bienvenue à Moulinsart! »

Cheverny_1enviedailleurs.com

Ce sont des décorations de la période de l’Avent et de Noël, chatoyantes et luxuriantes  dans des tons rouge et or que je souhaite vous parler aujourd’hui. Et pour ceux qui joueront le jeu de la lettre au Père Noël, une jolie lettre leur sera envoyée à domicile, avec une surprise… Quelle fierté pour mes enfants de la recevoir!

Potager_bande bleue_1enveidailleurs.com

Première demeure privée à avoir ouvert ses portes au public en 1922, le château accueille chaque année plus de 400000 visiteurs. Quelques particularités le caractérisent: pas d’audioguides à disposition car cela empêche la conversation entre les membres d’une famille, le projet de créer des vignes dans le parc pour produire du vin blanc, et un festival des chapeaux qui a ouvert ses portes en mai 2018 et qui sera reconduit en 2019.

Pour Noël, le château, le parc et les jardins potagers se parent de décorations, de cadeaux, d’un traîneau géant jusqu’au 14 janvier 2019. Déambuler dans le parc procure un plaisir certain, avant d’entrer dans le château où nous sommes accueillis par une salle à manger de contes de fées. On croirait revoir les maisons en pain d’épices d’Hansel et Gretel. Heureusement, aucune sorcière n’est cachée dans un coin.

Salle à manger Cheverny_1enviedailleurs.com

Les sapins s’ornent de couleurs différentes selon les pièces, et mon préféré reste celui dans la pièce située avant la chambre de Roi, par sa magnificence et ses couleurs, même si le plus original selon moi est celui de la chapelle avec ses tons bleus et ses décorations en forme de paons…

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Une sortie culturelle à prévoir pendant les vacances où le jour de l’an puisque le château est ouvert tous les jours, premier janvier compris.

Anne-Laure FAUBERT

Virsky, ensemble national d’Ukraine: une soirée dominée par la danse masculine

Si le Palais des Congrès n’a pas souvent bonne presse parmi les balletomanes pour ses spectacles très grand public – on est en effet loin des ballets pointus que peuvent présenter Chaillot, le théâtre de la Ville ou parfois l’Opéra de Paris – il a le grand mérite selon moi de démocratiser la danse grâce à des spectacles de qualité. C’est ici que j’y ai vu en 2015 une sublime Giselle avec le port extraordinaire des bras et la gracilité des doigts de Svetlana Zakharova. 

Virsky, ensemble national d’Ukraine ne déroge pas à la règle avec ses danses folkloriques de haut vol.

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Crédits Photo: Virsky

Fondée en 1937 par Pavlo Virsky et Mykola Bolotov, la compagnie  Virsky est ensuite dotée d’une école qui permet de former des jeunes danseurs professionnels et plus de 300 enfants y étudient actuellement. Le fondateur Pavlo Virsky (1905-1975) est un danseur classique fasciné par les danses folkloriques et leurs « couleurs, » « incroyables émotions » et « pureté de leur expression ».

Virsky_Hopak
Crédits Photo: Virsky

Le spectacle présenté à Paris offre un aperçu coloré et dynamique des traditions ukrainiennes. Une arme de diplomatie culturelle à l’heure où l’Ukraine connaît une guerre en Crimée dont peu de journaux parlent.

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Crédits Photo: Virsky

Alternent danses de groupe, comme le hopak, symbole de la danse ukrainienne, scènes de genre comme ces jeunes filles qui cherchent un homme qui leur posera une couronne de mariée sur la tête, pantomime truculent et danses masculines viriles, auxquelles succèdent des danses féminines plus graciles. 

Se dessinent en filigrane le portrait d’une société inspirée par un Orient que je croyais plus russe qu’ukrainien avec la troisième danse chatoyante aux accents tziganes, l’importance de la figure masculine du Marin (et d’Odessa) et du Cosaque avec les danses – attendues? – des sabres et des lances, et une féminité gracile, un peu en retrait. Car c’est en effet la danse masculine qui est magnifiée ce soir, dans la droite ligne de ce que fit Noureev en son temps à l’Opéra de Paris: redonner au danseur ses lettres de noblesse avec ses cabrioles et ses sauts acrobatiques à en avoir le tournis.

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Crédits Photo: Virsky

A découvrir de toute urgence jusqu’au 9 décembre au Palais des Congrès

 

Anne-Laure FAUBERT

 

Voyage en Catalogne – Partie 2: musées et scénographie…

Suite de mon voyage en Catalogne en octobre, dont je vous ai déjà parlé ici , cette fois-ci sous l’angle des musées et de leur scénographie… En effet, lors de ce voyage, j’ai eu l’occasion de découvrir des musées dont la forme prévalait parfois sur le fond – ie une scénographie magnifique, un « écrin » pour reprendre un mot utilisé jusqu’à l’excès par les communicants, pour un propos finalement assez vague – et des musées qui, au contraire, semblaient plus pointus au premier abord mais bien plus riches de contenu.

Retour donc sur trois musées et un musée-château…

Si vous aimez l’art roman et gothique, j’ai parlé dans cet article de l’art gothique comme « une ligne de crête entre l’abstraction et la recherche du naturel » concernant l’exposition en cours au musée de Cluny, direction le musée d’art de Gérone que j’ai eu la chance de découvrir avec sa pétillante et dynamique directrice. L’occasion de découvrir un musée né en 1977 et héritier de deux collections, celle de l’archevêché et celle de l’ancien musée provincial de Gérone.

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L’art ancien y règne en maître… dans le cadre splendide de l’ancien Palais épiscopal. On y apprend que l’art roman arrive du Nord de l’Italie et en Espagne par le Sud de la France. On y retrouve des œuvres à l’aspect hiératique, très typique du roman des X° et XI°s avant qu’une étincelle d’humanité n’apparaisse avec le gothique. La fameuse lionne de Gérone, symbole de la ville, se trouve d’ailleurs dans ce musée, et les touristes se prennent en photo devant une copie. Une rare Vierge enceinte, objet de dévotion, trône également dans une salle. Parmi les curiosités, je vous conseille cet étonnant martyrologe du XV°s, créé à Prague et donné en cadeau à Naples dont le Roi était à l’époque catalan, ainsi que la salle consacrée à la fabrication des vitraux, et la présentation du retable de Saint Felix, de toute beauté, accompagné d’un film retraçant son histoire… Un musée à découvrir d’urgence et dont j’espère que le parcours autour de la figure féminine se réalisera.

Dans un tout autre genre, le musée de la pêche de Palamos, ouvert en 2002, est un musée manifeste, afin que les générations n’oublient pas l’importance de cette activité pour la région. Dans une scénographie de circonstance qui renforce un propos qui aurait pu être aride, je découvre les différents métiers liés à la pêche, de 1277 et le début du commerce avec l’Italie, à nos jours: la construction et la réparation navale, le tonnelier, le maître voilier…

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Situé à deux pas des plages de la Costa Brava, c’est une occasion pour ne pas « bronzer idiot » en été.

Pour les amoureux de Dali et Gala, direction Pubol et le musée château de Gala.

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Un château offert à Gala par Dali lorsqu’elle avait 76 ans, et où il ne pouvait se rendre que sur invitation. Une décoration à la Dali, fantasque, un brin dérangeante, et un pèlerinage sur la tombe de Gala au sous-sol (Dali est enterré à Figueras).

 

Enfin, un musée m’a laissée profondément perplexe, le DOR museum, musée des bijoux. Situé aux alentours de Gérone dans un décor somptueux, l’ancienne forteresse rénovée de Sant Julia, il déploie les différents techniques modernes au service de la volonté d’un homme… mais sans réel propos… On y découvre certes au rez-de chaussée, sur des écrans, les différentes pierres qui peuvent composer des bijoux, mais la suite des salles est un ensemble de belles pièces – services, nécessaire de toilette, bijoux…- sans réelle stratégie, si ce n’est celle d’un millionnaire qui souhaite laisser son nom à la postérité…

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Quatre lieux, quatre styles, quatre ambiances différentes…

Anne-Laure FAUBERT

Le chocolat Eynard, ivoirien et français depuis 1962…

C’est un carton qu’on ouvre avec un mélange d’excitation et d’inquiétude… Et si le goût avait changé, et si les souvenirs l’avaient magnifié… et si j’allais être déçue…

 

Le chocolat Eynard a bercé mon adolescence en Côte d’Ivoire. On l’achetait à Cocody en belles tablettes bleues pour le chocolat au lait et lors de mon départ définitif en 1999, j’en ai acheté des kilos dont j’ai fourré mon djembé qui me servait de bagage à mains. C’était l’époque où la taille des bagages à main était moins contrôlée et où on pouvait mettre des liquides et confitures – des confitures à l’ananas tenaient en l’occurrence compagnie à mon chocolat ; ) – sans aucun problème. Le tam-tam a survécu à ce traitement et le chocolat et la confiture ont été mangés. J’ai depuis à plusieurs reprises demandé à des amis se rendant à Abidjan s’ils pouvaient me ramener du chocolat Eynard. Il semblait manifestement introuvable.

 

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Mais revenons-en au chocolat Eynard de 2018. Première surprise : le packaging a totalement changé. Marron et plus brut, il évoque selon moi l’Afrique et sa terre rouge et brûlée par endroits, et le côté artisanal du Moulin du Cacao, nom de la société. Un emballage simple et cohérent avec les valeurs d’authenticité de la maison, mais qui gagnerait à être plus haut de gamme vu la qualité des chocolats et l’importance du packaging de nos jours. Car aucune déception en dégustant ce chocolat toujours excellent… et authentique…

 

La famille Eynard a cette rare particularité de maîtriser toute la filière du chocolat, du volet botanique et agronomique, des plantations de Côte d’Ivoire et Afrique de l’Ouest (sélection des meilleures cabosses de variété Forasteros), jusqu’au produit final agro-alimentaire. Un chocolat d’exception 100% pur beurre et pâte de cacao originaire de Côte d’Ivoire depuis 1962. A l’heure des scandales alimentaires ces données ont leur importance.

Pour les habitants du Sud de la France, la boutique est à Venelles dans les Bouches du Rhône, sinon l’achat se fait en ligne…

Un chocolat à mettre sous le sapin pour petits et grands : )

Anne-Laure FAUBERT

 

 

Voyage en Catalogne – Partie 1: l’héritage du Judaïsme…

La Catalogne me rappelle certains étés de mon enfance, que nous passions entre la Catalogne française et espagnole… Je n’en connaissais pas la forte identité, étant germaniste et non hispanophone, et ce malgré deux séjours à Barcelone en 2005 et 2014.  C’est ce que j’ai pu découvrir lors de ce voyage de 3 jours en octobre à Gérone.

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Gérone – Photo: Anne-Laure Faubert

Si la Costa Brava évoque pour d’aucuns des côtes bétonnées, comme hélas aussi certains endroits de France, la province de Gérone cache des secrets qui méritent selon moi d’être connus et tout d’abord son héritage juif ancien, avant la Reconquista d’Isabelle la Catholique qui s’achève en 1492 lorsque les « Rois catholiques » prennent Grenade, dernier bastion musulman.

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La tapisserie de la Création (fin XIe-début XII°s) de Gérone m’intriguait à plusieurs titres: pour sa beauté saisissante qui rappelle à la fois les tapisseries de Bayeux (entre 1066 et 1082) et d’Angers (fin du XIVᵉs), mais aussi pour la mention des Juifs, devenue l’identité visuelle du musée de l’histoire du judaïsme de Gérone. Il est en effet peu fréquent dans des œuvres religieuses catholiques de mentionner les Juifs (« Judei »).

Musée de l'histoire du judaïsme
Reproduction du morceau de la tapisserie consacré aux Juifs – Musée de l’histoire juive – Gérone –  Photo: Anne-Laure Faubert

Le musée de l’histoire juive  de Gérone se trouve dans l’ancien quartier juif de la ville, dédale de ruelles qui conserve, encore aujourd’hui, un certain charme. La présence de la communauté est attestée en 898 avec l’installation de 25 familles juives à Gérone.

Musée de l'histoire du Judaisme_Gérone_1enviedailleurs.com

Elle part en 1492 avec l’expulsion décidée par la Couronne d’Espagne. Au fur et à mesure que se déroule la visite du musée, créé de toutes pièces en 2000 après des recherches commencées en 1976 à la chute de Franco, on y découvre des pans entiers de l’histoire ancienne de l’Espagne grâce à des dons de la communauté juive de Barcelone. Le musée possède une collection unique de stèles hébraïques médiévales provenant du cimetière juif de Montjuïc. Si à l’époque 20% de la population de Gérone était juive, la situation change au XIV°s avec la grande peste où les Juifs sont accusés d’empoisonner les puits car touchés plus tardivement par la maladie – notamment en raison d’une hygiène plus stricte, comme nous le montre le mikvé de Besalú, premier mikvé trouvé en Espagne.

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Besalu – Photo: Anne-Laure Faubert

Magnifique exemple d’architecture médiévale catalane, Besalú est aussi l’occasion de découvrir l’ancien quartier juif qui abritait des bains médiévaux, consacrés aux ablutions rituelles juives ou mikvé, une synagogue, une école ou yechiva…

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Mikvé de Besalu – Photo: Anne-Laure Faubert

Un voyage culturel en Catalogne que je vous propose de poursuivre lors de mon prochain article consacré à l’art roman et gothique catalan et aux musées plus contemporains… avant de clôturer avec la gastronomie et l’art de vivre catalans…

Anne-Laure FAUBERT

Je tenais à remercier la RENFE qui m’a offert le voyage en train à partir de Lyon. Cela m’a permis d’apprendre qu’il existait des liaisons ferroviaires quotidiennes entre Paris, Lyon, Montpellier, Marseille, Toulouse et Barcelone et que Paris était à 6h19 de Barcelone et Lyon à 4h55. Quand on voit le temps qu’il faut pour se rendre à un aéroport en avance, cela peut être intéressant de privilégier le train.

Un grand merci également à tous les acteurs culturels et touristiques rencontrés pendant ces 3 jours à Gérone. De la visite privée du musée du Judaïsme à 8h le matin à celle le soir du musée d’art de Gérone, ma curiosité culturelle a été plus que satisfaite : )))