Retour sur la Première de Mille / Cullberg

Les ballets Fall River Legend d’Agnes de Mille et Mademoiselle Julie de Birgit Cullberg ont un point commun: des chorégraphes femmes mettent en scène une femme confrontée à sa famille ou son milieu. Fall River Legend part d’un fait divers: en 1892, en Nouvelle Angleterre, une vieille fille, Lizzie Borden, tue ses parents à coups de hache. Mademoiselle Julie, pièce de théâtre d’August Strindberg, relate les amours d’une jeune aristocrate qui, ayant succombé au péché de chair avec son valet avant son mariage, préfère se suicider. Fall River Legend (1948) commence par le jugement de l’Accusée, magnifiquement interprétée par Alice Renavand qui se … Continuer de lire Retour sur la Première de Mille / Cullberg

Première de Teshigawara/Brown/Kylián: une soirée passable sauvée par Doux mensonges…

J’ai horreur de critiquer vertement un ballet ou un opéra car je trouve cela trop facile comme posture. On vient, on regarde et on critique, oubliant le travail demandé aux artistes. Tout comme l’an dernier avec Sous apparence, création de Marie-Agnès Gillot (cf mon billet) cette soirée devrait entrer au Panthéon des plus mauvaises soirées de danse… en enlevant le dernier ballet Doux mensonges de Kylian… Et dire que je me suis farcie le livret pour essayer de comprendre Teshigawara et Brown que j’aime beaucoup au demeurant, cf mon billet sur son ballet lunaire O Zlozony / O composite. Darkness is hiding black … Continuer de lire Première de Teshigawara/Brown/Kylián: une soirée passable sauvée par Doux mensonges…

La dame aux camélias: la coupe et la danse d’Hervé Moreau

Alors que de nombreux balletomanes étaient ce soir au Palais Garnier pour les adieux d’Agnès Letestu, voici un court billet sur la représentation de dimanche. Aurélie Dupont y interprétait Marguerite Gautier et Hervé Moreau Armand Duval. Cette matinée reste marquée pour moi par la présence d’Hervé Moreau dont les cheveux au vent donnent d’emblée un air « très romantique XIX°s ». A ce détail, diront certains, s’ajoute surtout une palette d’émotions qui varie en fonction de l’avancée de l’action. Armand Duval est amoureux de Marguerite, et sa passion est si forte qu’il va jusqu’à l’humilier lorsque celle-ci s’est éloignée de lui à … Continuer de lire La dame aux camélias: la coupe et la danse d’Hervé Moreau

Signes de Carolyn Carlson: entre graphisme de la danse, musique et peinture…

Créée en 1997 pour l’Opéra de Bastille et notamment les étoiles Marie-Claude Pietragalla et Kader Belarbi, Signes est à l’origine l’idée d’un peintre, Olivier Debré, qui cherchait à représenter par la danse le sourire de la Joconde… Le sourire ou le premier des signes… Celui d’un enfant, d’une amitié qui se dessine… Ce ballet se décompose en 7 tableaux, tous peints et conçus avant la chorégraphie par Olivier Debré et dansés selon la chorégraphie de Carolyn Carlson et la partition originale de René Aubry. – Premier tableau: Signe du Sourire Agnès Letestu apparaît toute de jaune vêtue, les cheveux plaqués sur la droite. … Continuer de lire Signes de Carolyn Carlson: entre graphisme de la danse, musique et peinture…

Soirée Béjart / Nijinski/ Robbins / Cherkaoui et Jalet: variations sans fin?

Après une journée très dense, il y avait quelque chose de magique à se rendre hier soir – in extremis-  au Palais Garnier… Une très grande douceur se dégageait des premières minutes de L’Oiseau de Feu tant côté musique (Stravinsky) que chorégraphie ( Béjart – 1970), notamment lors de la ronde où chacun semble se passer un baiser de main en main, contraste d’autant plus saisissant avec la brutalité du deuxième tableau. Un ballet très graphique, japonisant avec ce rond rouge en arrière plan, symbole du sang et de la vie. Le tableau final est à la fois très beau et très (trop?) … Continuer de lire Soirée Béjart / Nijinski/ Robbins / Cherkaoui et Jalet: variations sans fin?