L’agenda culturel de mars en 10 points

Une sélection toute personnelle autour de la danse, photographie, musique et conférences…

 Danse :

1 – Le gala des étoiles, hommage à Manuel Legris

Une tournée a lieu dans toute la France et en Belgique jusqu’au 21 mars. Le programme du week-end dernier, commenté ici ne devrait pas trop évoluer sur les autres séances.

2 – Le L.A. Dance Project

Si vous aimez la danse moderne et souhaitez découvrir la troupe de Benjamin Millepied, futur Directeur du Ballet de l’Opéra de Paris,  rendez-vous au Théâtre du Châtelet pour trois ballets contemporains : Murder Ballades de Justin Peck et Morgan’s Last Chug d’Emanuel Gat (créées en septembre 2013), une reprise de Closer de Benjamin Millepied et une création mondiale, Peripheral Stream, de Hiroaki Umeda.

Du 5 au 9 mars au Théâtre du Châtelet

3 – Le Ballet de Shanghaï 

La troupe présente deux spectacles emblématiques de la Chine et de l’histoire de Shanghaï : La Fille aux cheveux blancs, seul ballet autorisé par la Révolution culturelle avec Le Détachement féminin rouge, et A Sign of Love, ballet plus récent quoique se déroulant dans le Shanghai des années 1930.

Du 13 au 20 mars au Palais des Sports de Paris

4 – De l’enfer au Paradis 

Un voyage dans les 3 mondes de La divine comédie de Dante. Mise en scène Emiliano Pellisari

Au fil des trois parties, Inferno (l’Enfer), Purgatorio (le Purgatoire) et Paradiso (le Paradis), 14 tableaux inspirés d’artistes comme Dali ou Escher, créent des visions de rêve. Porté par les féeries du théâtre baroque et puisant dans les possibilités technologiques actuelles, un spectacle au croisement de la magie, de l’illusionnisme et du cirque.

Jeudi 20 et vendredi 21 mars au théâtre des Sablons de Neuilly-sur-Seine

5 – La soirée de Mille / Cullberg

Mademoiselle Julie fait son entrée au répertoire aux côtés de Fall River Legend. Deux pièces saisissantes, représentatives de la danse moderne d’après-guerre, par la suédoise Birgit Cullberg et l’américaine Agnes de Mille.

Retour sur la Première 

Jusqu’au 13 mars au Palais Garnier

Conférence:

6 – Une conférence sur Olympe de Gouges par M. Olivier Blanc, historien, auteur de l’ouvrage Olympe de Gouges, Des droits de la femme à la guillotine

Jeudi 6 mars 2014 à 18 heures 1ère chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris (ancienne salle du tribunal révolutionnaire) Palais de Justice 1, boulevard du Palais 75001 Paris Entrée libre  – RSVP : conference.odg@gmail.com

Expos:

J’avais évoqué dans un billet précédent les expos Brassaï, à voir avant samedi à l’hôtel de ville et Cartier-Bresson qui a commencé à Pompidou…

8 – Bois sacré 

Sur le continent africain, le moment de l’initiation marque un passage obligatoire pour chaque individu. L’exposition porte plus précisément sur les sociétés secrètes des forêts guinéennes : Libéria, Guinée, Côte d’Ivoire. L’exposition rassemble de nombreux masques liés à l’initiation, ainsi que d’autres objets, masques miniatures, figurines et statues, relatifs à ces sociétés à mystères.

Du 4 mars au 18 mai au Musée du quai Branly

Musique baroque: 

9 – Les fêtes de l’hymen et de l’amour de Rameau

Veuf à 17 ans, le Dauphin de France, fils aîné de Louis XV, est remarié en urgence l’année suivante, en 1747. Rameau doit alors fournir un divertissement pour l’occasion. Utilisant un ballet héroïque en cours de composition, Les Dieux de l’Egypte, il y ajoute un prologue de circonstance, célébrant la réconciliation de divinités matrimoniales pur-Olympe, Hymen et Amour.

Théâtre des Champs Elysées – mardi 11 mars 

10 – Danse et musique dans l’imaginaire baroque

Danse, musique et objets d’art. C’est cette alchimie que le Musée du Louvre vous invite à découvrir lors de deux nocturnes où 30 danseurs et 12 musiciens, étudiants du Conservatoire de Paris, vous proposent un nouveau regard sur les collections de ce lieu historique. Sur la musique de Jean-Philippe Rameau et sous la direction du chorégraphe Jean-Christophe Paré, vous voilà plongés au cœur de l’époque baroque où se mêlent passions amoureuses, désir et conflit.

Les 7 et 14 Mars à partir de 19h

Retour sur la Première de Mille / Cullberg

Les ballets Fall River Legend d’Agnes de Mille et Mademoiselle Julie de Birgit Cullberg ont un point commun: des chorégraphes femmes mettent en scène une femme confrontée à sa famille ou son milieu.

Fall River Legend part d’un fait divers: en 1892, en Nouvelle Angleterre, une vieille fille, Lizzie Borden, tue ses parents à coups de hache.

Mademoiselle Julie, pièce de théâtre d’August Strindberg, relate les amours d’une jeune aristocrate qui, ayant succombé au péché de chair avec son valet avant son mariage, préfère se suicider.

Fall River Legend (1948) commence par le jugement de l’Accusée, magnifiquement interprétée par Alice Renavand qui se remémore ensuite son enfance essayant de comprendre ce qui a pu la pousser à ce crime: mort de sa mère, remariage de son père, amour contrariée avec le Pasteur… Le ballet utilise à la fois les techniques cinématographiques et de grand spectacle: Agnes de Mille a grandi à Hollywood où son père et son oncle travaillaient dans le cinéma; elle a elle-même réalisé des mises en cène pour Broadway.

Alice Renavand, nouvelle étoile du ballet de l’Opéra de Paris, marque ce ballet de sa présence mystérieuse, arrivant à nous faire entrer dans le psychisme de son personnage. Une très belle performance…

Mademoiselle Julie (1950) adaptée de la célèbre pièce de Strindberg, faisait son entrée en répertoire de l’Opéra de Paris. La chorégraphe oppose deux mondes, celui de l’aristocratie avec une demoiselle toute en finesse de pointes…et caprices –  interprétée par Aurélie Dupontet celui des domestiques aux danses pataudes et pieds plats, technique si chère au fils de Cullberg, Mats Ek. Entre ces 2 mondes, Jean, le valet, interprété par un Nicolas Le Riche cabotin (trop?) et goujat « à souhait ». S’il a repris certains gestes de ses maîtres, il n’en reste pas moins un homme issu de sa classe sociale et sa « victoire » sur Mademoiselle Julie en est le symbole. Il inverse alors les rôles de maître / valet et se conduit en malotru fini. Violée et honteuse, le jeune femme « voit » ses ancêtres la réprimander et décide de se tuer… aidée de Jean qui ne s’aperçoit que trop tard du rôle qu’il vient de jouer…

Une soirée sombre dominée par les trois étoiles Alice Renavand, Aurélie Dupont -dont le « numéro du chat » sur la table m’a laissée perplexe et Nicolas Le Riche.

Une soirée diversement interprétée et appréciée par les journalistes et bloggueurs…