Picasso.Sculptures: influences et apports de Picasso à cet art

Si la visite de cette expo Picasso. Sculptures ne m’avait pas été commandée par un client pour ma société Bulles de Culture, je n’y serai probablement jamais allée. Et cela aurait été dommage.

Affiche_Sculptures_1000

Cette expo permet déjà de revoir le musée depuis sa rénovation. Il est magnifique!

Elle permet surtout de découvrir les influences dont s’est nourri Picasso pour ses sculptures, ainsi que ses apports dans l’histoire de l’art.

Ainsi si l’on parle souvent de l’influence de l’art africain chez l’artiste on oublie celui, fondamental, de l’art roman. Si on ne retrouve pas le contra posto de la Vénus de Milo on note un petit déhanchement dans ses sculptures.

Cette exposition est également l’occasion de découvrir l’influence de Rodin et Magritte sur Picasso et de découvrir  le premier collage de l’histoire de l’art avec le cannage de la chaise dans une de ses œuvres.

On glane au cours de la visite guidée des informations sur la peinture binoculaire de Cézanne qui peignait avec un œil puis avec l’autre et les verres à absinthe de Picasso permettent de revoir les trois niveaux de l’art:
– la représentation: le verre à absinthe
– la Mimesis: le sucre qui ressemble à un vrai sucre
– la réalité: la cuillère est une véritable cuillère.

Picasso rend hommage également à Apollinaire mort le 9/11/1918 date d’abdication de Guillaume II et alors que les gens criaient « A mort Guillaume  » dans la rue
Son hommage à l’aurige de Delphes est une sculpture autour du rien et du vide…. tout un programme…

On y apprend également que l’une de ses muses, Dora Maar, était également peintre avant qu’il ne l’oriente, disent certains, vers la photographie afin de ne pas avoir de rivale…

Une exposition à découvrir jusqu’au 28 août 2016 – Musée Picasso – 5 rue de Thorigny – Paris

L’art et l’enfant au musée Marmottan Monet… de l’enfant sacré à l’enfant profane

Ce n’est jamais l’enfant qui commande le portrait qu’on fait de lui. Cela semble une évidence, mais garder ce constat à l’esprit pendant la durée de l’exposition permet de mieux comprendre l’évolution des mentalités sur cet être longtemps considéré comme un adulte en miniature sali par le péché originel.

Cette exposition inédite retrace ainsi l’histoire du statut de l’enfant du XIV°s au XX°s en France, du Fils de Dieu aux enfants peints par les Impressionnistes.

Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon. MV8499.

Anonyme – Portrait du futur Louis XIV, enfant – xviie siècle

Photo © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

On représente en effet d’abord Jésus – mini adulte puis enfant – avant de s’intéresser à l’enfant Roi, appelé à régner et monarque de droit divin. Ainsi lorsque Louis XIV est représenté, ses bijoux royaux (notamment l’ordre du St Esprit) permette,t de le distinguer d’un enfant de la noblesse puisqu’il est peint sans couronne. En des temps où la mortalité infantile est importante, le frère du Dauphin, Philippe de France, est aussi représenté, symbole de la continuité dynastique. Une pérennité familiale que l’on retrouve aussi dans la noblesse comme cette représentation de la famille Habert de Montmor.

4_ecole_francaise_aussi_attribue_a_philippe_de_champainge_la_famille_habert_de_montmor

Ecole française 1re moitié du XVIIe siècle, aussi attribué à Philippe de Champaigne

Portrait de la famille Habert de Montmor –  Photo © Château de Sully-sur-Loire

La représentation de l’enfant dans la peinture suit l’évolution de la société: avec les Lumières, l’enfant devient un sujet et l’Etat, l’Eglise et la médecine se penchent sur son berceau. Les enfants qui meurent sont des soldats en moins…

Les femmes sont peintes en train d’allaiter, les hommes représentés comme pères…

9_jacques_fabien_gautier_dagoty_IVe_tableau_representant_la_femme_enceinte

Jacques-Fabien Gautier-Dagoty – IVe tableau représentant la femme enceinte

1740-1785 – Photo © Christian Baraja

Une peinture m’a particulièrement émue – en même temps ma »copine » au Louvre quand j’étais enfant était une peinture de l’école anglaise représentant une petite fille mélancolique – celle de Louise-Marie de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et Marie de Montespan, décédée à 5 ans loin des siens. Sur cette peinture rien ne laisse entendre que le portrait est posthume… si ce n’est la montre arrêtée et la bulle de savon, symbole du caractère éphémère de la Vie…

Mignard Pierre (1612-1695). Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon. MV3624.

Pierre Mignard : Louise-Marie de Bourbon, duchesse d’Orléans, dite Mademoiselle de Tours – Vers 1681-1682

Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Photo © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin

Une section m’a touchée: celle consacrée au XIX°s et notamment aux enfants des milieux défavorisés. Loin des images pittoresques des frères Le Nain au XVII°s, au XIX°s c’est l’enfant du peuple, celui qui travaille et qui dort dans la rue,qui est représenté de façon très réaliste… alors que sur le mur d’en face les enfants de la bourgeoisie jouent paisiblement. Si rien en soi n’a changé – hélas – depuis le Moyen Âge, la fin du XIX°s voit l’émergence de lois visant à lutter contre la maltraitance enfantine dont la prostitution.

Fernand Pelez (1848-1913). "Martyr" ou "Le marchand de violettes". Huile sur toile, vers 1883. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

Fernand Pelez: Un Martyr. Le marchand de violettes – 1885

Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris – Photo © Petit Palais / Roger-Viollet

De sujet, l’enfant devient également au XX°s le fondement de l’art de certains artistes qui s’inspirent du style enfantin pour leurs œuvres. Ainsi, en 1945, Picasso déclare devant une exposition de dessins d’enfants: « quand j’avais leur âge, je dessinais comme Raphaël, mais il m’a fallu toute une vie pour apprendre et dessiner comme eux ».

Jusqu’au 3 juillet 2016 – L’art et l’enfant chefs d’oeuvre de la peinture française – Cézanne, Chardin, Corot, Manet, Matisse, Monet, Morisot, Renoir, Picasso… Musée Marmottan Monet

La collection Stein au Grand Palais ou la redécouverte des mécènes américains

Les Stein n’ont rien à voir avec les Rockefeller, les Phillips, les Frick…richissimes collectionneurs américains.

Il n’empêche. A leur échelle, certes plus modeste, ils ont su apprécier les avant-gardes européennes comme Matisse, Picasso ou Cézanne.

Il en faut du courage pour avoir retracé le parcours des oeuvres ayant appartenu à ces frères et soeur d’origine juive américaine arrivés à Paris en 1903: contrairement à d’autres collectionneurs, les Stein vendaient régulièrement leurs acquisitions.

Leur collection a également connu les vicissitudes de la guerre de 1914 et n’a pas échappé aux « histoires de famille ».

Ainsi, en 1914 lorsque Alice Toklas s’installe avec sa compagne Gertrude Stein, Leo et celle-ci partagent leur collection.

La même année, 19 Matisse de Michael Stein et de son épouse Sarah, prêtés pour une exposition à Berlin, y restent à cause de la guerre.

A défaut d’avoir vraiment aimé l’exposition – j’ai préféré l’étage supérieur où j’ai retrouvé de vieux amis comme le jeune homme et le cheval de Picasso – je l’ai trouvée intéressante, didactique et bien « fournie ».

Surprise, mercredi dernier, premier jour, il n’y avait pas foule…