La Biennale de Belleville : pour les artistes marcheurs… et vice versa  

Dector & Dupuy-Lilas
Lilas – Copyright Dector et Dupuy

Alors que la FIAC vient de se terminer et que la Fondation Louis Vuitton s’ouvre au public avec une exposition consacrée à l’architecte du bâtiment, Franck Gehry, la troisième édition de la Biennale de Belleville, qui dépasse désormais les frontières de ce quartier pour aller notamment vers Ménilmontant, Pantin, les Lilas et le Bourget, m’a laissée perplexe. Le sous-titre « la piste des Apaches » faisait pour moi allusion à ces bandes de jeunes de la Belle Epoque et à la célèbre « casque d’or ». Au Carré de Baudouin se trouvent des vidéos, tableaux et créations sonores ainsi qu’une artothèque, c’est-à-dire un lieu où on peut emprunter pour 15 jours les œuvres qui nous plaisent voire ensuite les acheter. A la place de l’œuvre empruntée se trouve son fantôme ie sa représentation en petit format. A une personne qui s’inquiétait qu’un visiteur puisse venir et ne voir aucune œuvre car toutes empruntées, le commissaire de l’exposition s’est voulu rassurant. J’ai personnellement beaucoup de mal avec l’art contemporain à quelques exceptions près. Au carré Baudouin, la magnifique vidéo du rituel colombien rendait d’autant plus criante la différence de style et de professionnalisme de l’autre vidéo sur la marche… Si vous passez dans ce lieu, les socles blancs que nous avions pris comme bancs seront sûrement remplis d’œuvres déposées par l’artiste Laurent Tixador lors de sa marche de Nantes à Paris, mais aussi d’œuvres déposées par d’autres marcheurs car porteuses de sens pour eux. Une intention intéressante, fidèle à la vision de Beuys selon qui everyone is an artist… Mais quand l’art se matérialise par une photo de trace d’urine et un papier de chewing-gum sur le goudron, j’ai du mal…

Copyright Laurent Tixador – La chasse à l’homme

Les balades de bar en bar et les manifestations de fantômes ont dû par contre attirer du monde dans le quartier… ainsi que les projets dématérialisés auxquels on ne pouvait avoir accès que munis de smartphone ou d’ordinateur. Quand l’art s’adapte à la technologie…

Projet Capucine Vever-Marche parallèle -Malakoff

Roman d’une garde robe – Le chic d’une Parisienne de la Belle Epoque aux années 30

On file au Musée Carnavalet dans le Marais qui, en partenariat avec le Palais Galliera, expose les très belles robes d’une élégante du début du siècle, Alice Alleaume, première vendeuse de 1912 à 1923 chez Chéruit, 21, place Vendôme. Issue d’une famille travaillant pour la haute-couture, sa mère Adèle est « couturière en robes » et Hortense, sa sœur aînée de 14 ans, première vendeuse chez Worth, rue de la Paix, Alice fait très tôt ses classes en France et en Angleterre dans des maisons de haute-couture où ses talents de conseillère font merveille. Son carnet de commandes est bien rempli, peut-être parce qu’elle connait bien ce milieu.

roman d'une garde robe - musée carnavalet

Robes de jour et de soirée, manteaux, pyjamas, kimonos de femmes, chapeaux d’hommes, barboteuses et robes d’Alice enfant et de sa fille Ginette, née en 1922, constituent cette riche exposition agrémentée également de photos, carnets de vente et de bal ainsi que quelques couronnes de fleurs. Cette élégante, qui se retire du monde de la mode en 1923, a des goûts très sûrs.

Il est dommage cependant que la cause de ce retrait ne soit pas expliquée, probablement la naissance de sa fille après son mariage avec le banquier Emile Alleaume, ni que ce milieu de petites maisons de la haute couture ne soit pas mieux brossé…avec ses fastes… et l’envers du décor…