Quelques idées culturelles pour ce premier week-end de novembre…

Pour ceux qui ne seraient pas partis en week-end en dehors de Paris, ou pour ceux qui au contraire sont à Paris, voici trois idées de sorties culturelles testées par mes soins – et ceux de ma twin connection pour la première -, en dehors de celles traitées dans nos précédents articles : )

 

France Miniature: dernier week-end avant la fermeture hivernale!

Je vous avais parlé dans cet article de France miniature ce printemps. J’avoue avoir un faible pour ce condensé de patrimoine, tant pour sa place Stanislas (certes mon fils porte ce prénom ; ) mais elle est de toute beauté en réalité), sa Corse miniature… que pour ses différentes animations. Pour ceux qui voudraient encore fêter Halloween, France Miniature s’est mise à l’heure des citrouilles, des potions magiques… et des énigmes puisqu’un parcours – avec des fausses pistes – vous permettra de reconstituer les ingrédients d’une potion magique… Si Halloween m’a toujours laissée perplexe, la promenade que propose France Miniature est de bon goût et ma twin connection s’est amusée à trouver les différents indices (dont les 2 fausses pistes).

 

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Vivre comme un doge vénitien…  au Grand Palais…

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C’est le pari réussi et onirique de Macha Makeïeff, metteur en scène de l’exposition Éblouissante Venise au Grand Palais. Un voyage culturel et sensoriel dans la Venise du XVIII°s, capitale cosmopolite des arts quoiqu’en déclin politique. Une façon originale de redécouvrir la Sérénissime, par ses tableaux de Tiepolo, Canaletto ou Guardi, ses meubles, des installations de robes dans l’escalier du Grand Palais (mon coup de cœur)… Et pour ceux qui préfèrent découvrir cette exposition un autre jour, des « éclats nocturnes » sont proposés tous les mercredis soirs à 20h  en partenariat avec le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Découvrir la naissance de La fabrique du luxe au musée Cognacq Jay

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Si les marchands merciers ont disparu de l’imaginaire collectif, ils formèrent pourtant au XVIII°s l’une des plus puissantes corporations de Paris. Cette exposition, assez touffue  et bien documentée, et qui mérite une réelle concentration pour lire les différents panneaux, nous fait découvrir les prémisses de la publicité, du marketing et des « influenceurs ». Des prêts des arts décoratifs, de Sèvres ou de Versailles nous permettent de découvrir des merveilles, parfois dans le goût rocaille ou oriental, selon les modes… Et pour ceux qui voudraient bénéficier d’une visite guidée le samedi 10 novembre en matinée, il reste de la place pour la visite organisée par Bulles de Culture.

De mon côté, j’ai décidé d’aller voir l’Hommage à Jérôme Robbins au Palais Garnier, pour revoir le sublime Afternoon of a faun dont j’avais parlé ici en 2013, revoir Fancy free qui plaira aussi à la twin connection et Glass Pieces…  Un futur article à ce sujet : )))

Bon week-end!

Anne-Laure

Tintoret : Naissance d’un génie…

A l’occasion du 500eme anniversaire de la naissance de Jacopo Robusti, dit Tintoret, le musée du Luxembourg lui consacre une exposition en se concentrant sur les quinze premières années de sa carrière. On y découvre parfois de façon flagrante l’influence du Titien, même si Tintoret entend le surpasser. C’est un peintre ambitieux et déterminé qui nous est donné à voir.

 

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Tintoret Autoportrait, vers 1547
Philadelphie, Philadelphia Museum of Art
© Philadelphia Museum of Art

 

Une exposition qui ravira les amateurs de peinture italienne et qui permet de comprendre dans quel environnement artistique concurrentiel évoluait le peintre, dans une Venise cosmopolite attirant des artistes de toute l’Europe.  

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Tintoret – Esther devant Assuérus – vers 1554-1555
© Museo Nacional del Prado,
dist. Rmn-GP / image du Prado

 

Né le 29 avril 1518 et mort le 31 mai 1594 à Venise, Tintoret est un peintre phare de la Renaissance et appartient au mouvement artistique du maniérisme de l’école vénitienne, créée au XIVème siècle lors de la rupture de Venise avec l’Art Byzantin et formé par le peintre Bonifacio de’Pitati.

Tintoret tient son surnom de ses origines familiales – un père teinturier – et de sa petite stature puisque Tintoretto se traduit par “le petit teinturier”. Certains rapportent qu’il prenait les teintures de son père pour pouvoir réaliser des graffitis originaux et plaisants.

 

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Tintoret – Le péché originel – vers 1551 – 1552
© Archivio fotografico Gallerie dell’Accademia, su
concessione del Ministero dei beni e delle attivita
culturali e del turismo – Museo Nazionale Gallerie
dell’Accademia di Venezia, Venise

 

L’exposition au Musée du Luxembourg est divisée en sept salles distinctes:

  • Prendre son envol : comme Tintoret fait partie d’une classe qu’on appelle les popolani, il est exclu de la vie politique et se met alors à peindre pour réussir à s’enrichir et sortir de l’anonymat.
  • Orner les salons : à Venise est mis en place un marché de l’Art pour toute vente de peintures indépendantes des commandes. Tintoret l’intègre pour une partie de ses tableaux et recherche par ailleurs des commandes pour s’introduire dans la bonne société
  • Capter le regard : les portraits sont importants dans l’Art en général. Cependant Tintoret les considère selon les deux définition du mot “ritrar” en dialecte vénitien : “portraiturer” et “tirer profit”.
  • Partager l’atelier : certains spécialistes de l’Art s’interrogent sur la paternité de certains tableaux qui, auraient pu être peints non pas par Tintoret mais par le deuxième apprenti de Bonifacio de’Pitati ou Giovanni Galizzi.
  • Mettre en scène : Tintoret a de nombreux contacts avec le monde du théâtre, ce que montrent les représentations des scènes théâtrales
  • Observer la sculpture : une opposition importante se crée entre la peinture et la sculpture. Tintoret va, lui, étudier la sculpture par le dessin car il veut explorer la troisième dimension.
  • Peindre la femme : Au début des années 1550 Tintoret a de plus en plus de commandes et emploie de nombreux assistants, dont certains de culture flamande. Il exécute alors son premier ensemble de peintures sur le thème de la Genèse. Le nu féminin est mis en avant. Il concurrence ainsi Titien qui travaille à l’époque pour le roi d’Espagne Philippe II pour des scènes mythologiques avec de nombreux nus féminins.

Même s’il fut critiqué, le peintre Tintoret réussit à garder sa place au sein des plus grands artistes de Venise entre les périodes de la Renaissance (XVIème siècle) mais aussi le Baroque (XVIIème siècle).

 

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Tintoret Portrait de Nicolo Doria – 1545
© collection particulière

 

Laissez-vous emporter à l’époque de la Renaissance en contemplant des portraits, des paysages mais aussi des sculptures, réalisés par un peintre connu du grand public !

Jusqu’au 1° juillet 2018 au Musée du Luxembourg.

Anne-Laure FAUBERT et Tiphaine LATROUITE