France Miniature avec les explications de « Monsieur Patrimoine »

Depuis 1991, dans les Yvelines, France Miniature propose aux enfants et aux adultes de (re)découvrir 117 monuments français représentés à l’échelle 1/30e. De la Tour Eiffel à la place Stanislas de Nancy en passant par Fort Boyard ou Notre Dame de la Garde, un parcours qui permet en moins d’une journée de se faire une idée des principaux monuments français à découvrir.

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J’y étais allée en 2017 en famille et, pour cette nouvelle saison 2018, ai pu entendre la voix de « Monsieur Patrimoine » alias Stéphane Bern pour 12 monuments emblématiques, en réalité ses coups de cœur. Si certains de ses commentaires historiques semblent tomber sous le sens – notamment pour Versailles ou Carcassonne – pour le Mont Saint Michel on se remémore la légende du lieu saint et apprend la recette de l’omelette selon la Mère Poulard.

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Au gré des promenades, et si votre enfant ne vous tire pas comme les miens vers le chat perché, le toboggan de course ou la ronde des zotos, et munis de votre smartphone – dispositif que personnellement je déplore, il est plus agréable de se laisser surprendre au détour d’un bosquet par une voix que de scanner un QR code, vous apprendrez les origines des arènes d’Arles, petite reine des Gaules, l’histoire du château du haut Koenigsbourg  ou découvrirez les coutumes folkloriques de la ville de Douai, la Cité de Carcassonne, la cathédrale Sainte Cécile d’Albi, le château de Chambord, le château de Chenonceau, l’abbaye de Fontevraud, le village de Saint Emilion, l’hôtel des Invalides et la basilique Sainte-Marie Madeleine de Vézelay.

France Miniature Tour Eiffel

Une balade originale pour démocratiser le patrimoine français. : ))

Anne-Laure FAUBERT

Il était trois fois… L’exposition « Lieux saints partagés » au Palais de la Porte dorée (Paris)

L’exposition sur Les lieux saints partagés du musée de l’histoire de l’immigration marque les esprits, tant par sa scénographie sombre et intimiste qui nous dévoile progressivement les difficultés de coexistence sur ces lieux saints, que par le choix des œuvres. Ce sujet, grave au XXI°s qui, selon André Malraux, verra probablement « un événement spirituel à l’échelle planétaire » fait écho à une autre exposition parisienne, celle sur Les Chrétiens d’Orient à l’Institut du Monde arabe.

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Abraham et les trois Anges © Mucem / Yves Inchierman

 

Cette exposition présentée en 2015 au MUCEM a fait l’objet d’une réécriture afin d’élargir le propos à l’Europe. On y constate en effet depuis une quinzaine d’années une réapparition des identités religieuses dans l’espace et le débat publics qui ne va pas sans poser problème dans des démocraties fondées sur une séparation franche entre les sphères politiques et religieuses et où la sécularisation des mœurs a fait oublier les difficultés de coexistence.

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La question des identités religieuses est l’une des plus sensibles du XXI°s alors que depuis les origines, les trois religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme et Islam) partagent des croyances, valeurs, rites mais également des figures tutélaires et des sanctuaires. 

L’exposition nous permet tout d’abord de redécouvrir une « Terre sainte saturée de sens ». Berceau des monothéistes, la Terre sainte accueille notamment les villes de Jérusalem, trois fois saintes et Hébron, liée à Abraham considéré comme le premier pèlerin par les traditions monothéistes. S’y révèlent deux attitudes différentes: le partage du lieu ou la partition.  Ainsi à Hébron, la chênaie de Mambré – qui d’après la Bible est le lieu de rencontre d’Abraham avec les trois anges et symbolise l’hospitalité, porte encore cette tradition alors que Le caveau des Patriarches – où auraient été inhumés Abraham, Sarah et leur descendance, est en revanche un lieu de partition sans échange: l’intérieur y est physiquement divisé avec d’un côté un espace pour les Juifs et de l’autre un espace pour les Musulmans.

 

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Notre Dame qui fait tomber les murs, Bethléem, 2014 © Manoël Pénicaud / Le Pictorium

 

Jérusalem est à cet égard emblématique. Cité fondatrice où fut bâti le premier temple par le roi Salomon, elle est également la ville de la mort et de la résurrection du Christ ainsi que le départ pour le « voyage céleste » du prophète Mohamed, ce qui en fait la troisième ville sainte de l’Islam après La Mecque et Médine. Un lieu saint partagé source de nombreuses tensions et de partition.

La majeure partie de l’exposition est ensuite consacrée à la coexistence entre le Christianisme et l’Islam, avant de revenir à la fin sur le Judaïsme.

 

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Atlas nautique de la mer Méditerranée et de l’Océan Atlantique Nord-Est © BNF

 

On y apprend ainsi que des cultes catholiques implantés au Maghreb lors de la colonisation ont généré des croisements interreligieux encore actuels et que des lieux comme Notre-Dame d’Afrique à Alger, Notre Dame de Santa Cruz à Oran ou Notre Dame de la Garde à Marseille et Nîmes sont devenus des lieux multiconfessionnels. Mère du fils de Dieu pour les Chrétiens et du prophète Jésus pour les musulmans, Marie ou Maryam est vénérée par les fidèles des deux religions.

Saint Georges est également prié par les Chrétiens et les musulmans et le poisson, symbole du Christ « Ichtus » pour les Chrétiens, s’avère aussi un motif prophylactique répandu en Afrique du Nord, « houta », censé favoriser la fertilité et faciliter l’accouchement.

 

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Saint Georges terrassant le dragon, 1699 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) Mathieu Rabeau

 

L’exposition se conclut en présentant une maquette inédite du projet House of one qui accueillera à Berlin une synagogue, une église et une mosquée au même endroit. Une œuvre des architectes Kuehn et Malvelzzi.

 

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Site Collage ©Kuehn Malvezzi, photo Ulrich Schwarz

 

Une exposition documentée et riche de sens qui invite aussi tout un chacun, quelque soit sa religion (ou non religion) à s’interroger sur l’accueil qu’il fait à l’autre.

Anne-Laure FAUBERT

A découvrir jusqu’au 21 janvier 2018 au Palais de la Porte dorée – musée de l’histoire de l’immigration