Teatime à Guimet…

Pour les amateurs de thé et de services à thé une exposition intéressante se trouve en ce moment au Musée Guimet. Un conseil, évitez d’y aller après l’heure du déjeuner car la pénombre des lieux invite à l’assoupissement…

bols et thé Guimet

On y apprend que les thés blancs, verts, jaunes, rouges… sont issus du même arbre, le théier et que la différence s’explique par le traitement varié que subissent les feuilles.

Thé Guimet blog

L’exposition se concentre sur la Chine et le Japon, musée des Arts asiatiques oblige, même si dans la dernière salle des théières de différents pays sont montrées.

thé Guimet

La consommation du thé passe par trois phases : l’âge du thé bouilli sous les Tang (618-907), l’âge du thé battu sous les Song (960- 1279) et l’âge du thé infusé sous les Ming (1368-1644). Chaque étape est agrémentée d’explications, de dessins des principaux ustensiles utilisés et de verseurs, bols et théières. On y apprend ainsi que sous les Tang, le thé faisait concurrence à la boisson chez les lettrés .. Ce n’est que lentement que cette boisson s’est démocratisée et exportée en Occident.

Dommage que lors de ma visite l’endroit de dégustation était vide…

Bouddha chez Apollon…

La représentation de Bouddha s’inspirerait-elle de celle d’Apollon?

Oui, si l’on en croit l’exposition qui vient de se terminer au Musée Guimet de Paris, « Pakistan – terre de rencontre – Ier-VIème siècles – Les arts du Gandhara ».

Ancien royaume d’influence hellénistique qui recouvre les provinces du Nord-Ouest de l’actuel Pakistan, le Gandhara trouve son essor entre le Ier et le IIIème siècle de notre ère, au temps des successeurs d’Alexandre le Grand et de l’empire Kouchan.

Au confluent des mondes romain, han, grec, terre de Bouddhisme,  le Gandhara « voit naître et se développer une civilisation brillante mêlant les influences grecques, fruits des conquêtes d’Alexandre le Grand, aux inspirations perses et indiennes. »

Nous sommes accueillis par des statues d’Apollon, d’Athéna, d’Atlas, de Pysché. Les formes sont grecques, assurément : le nez, les thèmes, les représentations des Dieux avec leurs attributs. Les représentations de Bouddha étonnent par la finesse du nez, ce fameux nez grec que l’on retrouve dans la sculpture grecque, l’aspect bouclé des cheveux, la présence de la toge… Alors oui, la représentation de Bouddha dans la pierre se serait faite grâce à l’apport grec.

Au fur et à mesure de l’exposition l’influence indienne se fait sentir: les yeux se brident, les formes deviennent plus volupteuses. Les bas-reliefs rappelent à la fois ceux d’Asie et ceux d’Europe, métissage magnifique des cultures…

Cette exposition a le mérite de poser la question, taboue parfois, de l’influence en art religieux.  On en ressort heureux et impressionné…