Les Folies Gruss: un spectacle intimiste

Le cirque Alexis Gruss, que j’affectionne particulièrement pour son art équestre et ses spectacles de qualité (voir mes articles ici et ) propose un nouveau concept plus intimiste que les précédentes éditions: Les Folies Gruss.

Copyright: Olivier Brajon

Dès l’arrivée, l’un des cavaliers Gruss vous accueille, magistral, sur son cheval, un Frison à la crinière longue et flottante. Un cheval comme en rêve tout cavalier: noir, sauvage, puissant, impressionnant. Le spectateur est ensuite reçu par les différents membres du clan Gruss, comme s’il était un invité, et a la possibilité de manger et d’assister à certains petits numéros de cirque, avant que le spectacle ne commence.

Copyright: Olivier Brajon

Les Folies Gruss allient donc le « catering » avec des plats de qualité – les cordons bleus de mes enfants étaient faits maison et goûteux, le « hot fish » était bon – , les rencontres avec les artistes – ainsi Gipsy promène-t-elle ses chiens devant les spectateurs en train de bruncher ou dîner pendant que les enfants jouent dans un espace réservé – et un spectacle plus ramassé et moins spectaculaire.

La poste à 17 chevaux Copyright: Olivier Brajon

Amateurs de chevaux et de sensations fortes équestres, les Gruss proposent de nouveau leurs chevauchées fantastiques avec la poste à 17 chevaux dirigés par une même personne, Alexandre ainsi que les sauts.

Il n’est plus question de rechercher les différents éléments comme dans Icare et Pégase mais de se recentrer sur la marque de fabrique de la compagnie: les numéros équestres et de voltige, avec notamment le magnifique et sensuel duo aérien qui reprend celui de la deuxième partie du spectacle de l’an dernier.

Copyright: Olivier Brajon

On retrouve également les numéros de musique, semblables à ceux de l’an dernier, et qui selon moi créent un sentiment de pot pourri. Je comprends la mise à l’honneur des différents talents mais ai eu du mal à trouver l’unité du spectacle.

Des folies Gruss somme tout bien sages qui risquent de décevoir ceux qui aimaient leurs spectacles féeriques et sensuels.

Anne-Laure FAUBERT

Jusqu’au 5 janvier 2020

Compagnie Alexis Gruss Carrefour des Cascades – Porte de Passy 75016 PARIS

Pégase & Icare, le nouveau spectacle du cirque Gruss : une féérie pour petits et grands à quelques détails près…

Le monde du cirque est un monde qui m’intéresse à plusieurs titres :

  • au niveau sociétal comme ce ballet Les forains de Roland Petit vu l’an dernier à Toulouse (voir ici) qui traite des conditions de vie des enfants de la balle,
  • au niveau culturel: j’avais déjà vu le spectacle des Gruss en 2011 (à la demande de mes parents ; ) que j’avais emmenés) et il me tardait de découvrir celui-ci à plusieurs titres.

Tout d’abord pour le titre Pégase et Icare qui traite de deux grand mythes grecs : le cheval Pégase et l’homme Icare qui voulait voler. Ensuite pour le spectacle équestre. Cavalière j’apprécie et perçois les difficultés des numéros équestres proposés par les Gruss – je me demande à chaque fois si les spectateurs réalisent à quel point il est difficile de demander à un cheval une révérence, un piaffé, une levade, une pirouette…

Gruss

Copyright: Cirque Alexis Gruss

Pégase et Icare est un spectacle qui oscille entre numéros équestres classiques chez les Gruss – leur marque de fabrique – avec les différentes générations qui se succèdent et sautent, jonglent debout sur les chevaux et des numéros de voltige qui parlent d’Icare, de son rêve brisé et de sa chute dans la mer Egée. Et c’est là que j’ai tiqué à plusieurs reprises, comme d’autres parents à côté de moi.

Pas tant sur la qualité et la beauté des numéros que sur certains détails. Si les costumes sont dans la droite ligne du milieu forain – paillettes et dorures – ils auraient gagné à moins souligner par un tissu de couleur différente certaines parties féminines et masculines et à moins s’inspirer de l’esthétique SM pour certains hauts des hommes.

En outre certains numéros reprennent certains stéréotypes que je trouve gênants au XXI°s : un numéro de voltige imbrique l’homme et la femme d’une drôle de façon quand d’autres montrent une femme – forcément – en admiration devant un homme qui la néglige presque. Ces questions qui n’enlèvent rien à la qualité du spectacle interrogent toutefois sur la cible de ce spectacle : sont-ce les enfants ? Et donc les tissus trop voyants et insistants sont-ils intégrés par eux ou ne retiennent ils que les numéros de chevaux (ce qui fut le cas des miens, âgés de 3 ans) ? Ou le public cible est-il adulte et donc habitué à ces sollicitations suggestives ?

Ce spectacle reste quoiqu’il en soit un très beau moment équestre non exempt d’humour lorsque le shetland fait aussi son numéro et se dresse sur ses jambes arrière.