Les étés de la Danse, acte 2: une soirée un peu décevante

Mieux vaut tard que jamais: pour clore les étés de la danse, voici la 2° soirée que j’avais vue en juillet et qui sommeillait dans mes brouillons.

Au programme de la représentation du 20 juillet:  Theme and Variations de Balanchine, Promethean Fire de Taylor et Nine Sinatra Songs de Twyla Tharp, vu la veille.

Un programme oscillant à nouveau comme la veille entre néo-classique, création contemporaine et danses de salon revisitées…

J’ai moins apprécié cette soirée.

Theme and Variations de Balanchine était très « pièce montée »: tenues des danseurs très colorées, décors à la Walt Disney. On sentait en outre la fin de la tournée: les lacets d’un chausson d’une danseuse se sont défaits… Un hommage assez lourd  mais très bien dansé à la danse classique et notamment à la Belle au bois dormant.

Promethean Fire de Paul Taylor, créé en 2002, m’avait été décrit comme un ballet fantastique et un poignant hommage aux victimes du 11 septembre.

Il était donné pour la première fois en France. Anna Kisselgoff du New York Times, que j’allais rencontrer par la suite à New York avait écrit à son sujet:  » Cette pièce a une dimension de grandeur spirituelle. Les danseurs forment une cathédrale humaine que Paul Taylor sait construire à la perfection, en développant toute une palette d’émotions différentes ».

Était-ce toutes ces louanges? J’ai trouvé ce ballet beau mais n’ai pas adhéré, mon esprit s’évadant  par moment.

En voici un extrait pour vous faire un avis.

Quant à Nine Sinatra Songs c‘était la 3° fois que je le voyais. Comme pour Theme and Variations, certains habits semblaient fatigués: la chemise d’un des danseurs s’est déchirée, donnant un côté canaille à cette danse. J’ai laissé mon esprit critique au placard et me suis laissée porter par la musique et les danses.

Micha sur Youtube….

A  l’heure où:

– je peste parce que je n’ai pas eu de place pour la première de Phèdre de Lifar qui commence mercredi (et Psyché de Ratmansky);

– j’ai découvert lors de la mise en ligne de la distribution du dit ballet ( oui je parle ainsi ; )) ) que je ne verrai ni Nicolas Le Riche ni Marie-Agnes Gillot, ni Aurélie Dupont ni Karl Paquette car le jour où j’y vais ils n’y sont pas – je n’ai pas dit mon dernier mot, je vais bien trouver une place un jour où ils dansent!!

J’ai 2 choix:

– ou continuer de râler

– ou regarder un peu de danse sur internet…

Voici donc les résultats de mon second choix.

Just enjoy Mikhail Baryshnikov…

Pour ses sauts dans Coppélia et Giselle

Pour son côté goujat assumé dans Sinatra songs de Twyla Tharp, pièce donnée cet été aux étés de la danse

Les étés de la danse 2011 , acte 1 – un programme riche en émotions

Au programme de la représentation d’hier: Ballet impérial (1941) de Balanchine, Afternoon of a Faun  (1953) de Jerome Robbins, Liturgy (2003) de Christopher Wheeldon et Nine Sinatra Songs (1982) de Twyla Tharp.

Un programme oscillant donc entre néo-classique, création contemporaine et danses de salon revisitées…

Ballet Impérial était du pur Balanchine: des corps gracieux en tenue de danse claire et brillante pour les danseurs et aux tutus fluides pour les danseuses, évoluent, entre scènes de groupe et pas de trois ou de deux. Un moment de réelle beauté graphique comme Balanchine sait si bien le créer. Un très beau ballet néoclassique.

Deux choses m’ont cependant chiffonnée:

– l’ouverture du morceau, le Concerto pour piano n°2 en sol majeur de Tchaïkovski, était un peu trop brutale à mon goût.

– la façon qu’avait le corps de ballet féminin de déplacer le haut de son corps m’a par contre réellement perturbée. Il y avait quelque chose qui clochait, entre une certaine imprécision des bras pour quelques danseuses et une raideur du tronc pour d’autres. J’étais d’autant plus gênée que le Miami City Ballet est balanchinien… J’ai cependant mis un mouchoir sur cette impression…

Mary Catoya et Renato Penteado

Afternoon of a Faun était LE ballet que j’attendais. Je n’avais jamais vu cette interprétation de Robbins…

La scène se passe dans une salle de danse, le public faisant office de miroir ( pour les non danseurs, le 4° mur est toujours un miroir afin de voir ses propres pas, ceux des autres ou du professeur). Deux jeunes danseurs se rencontrent, ébauchent une chorégraphie où l’on retrouve une évocation de scènes antiques, le faune enlevant la nymphe. Le tendre baiser qu’il lui dépose sur la joue semble la réveiller.

Sensualité de la danse, douceur de la musique de Debussy… quelque chose d’évanescent flotta dans la salle pendant quelques minutes…

Une très belle interprétation des danseurs de surcroît, Jennifer Kronenberg et  Carlos Guerra…

Jennifer Kronenberg & Carlos Guerra dans Afternoon of a faun

Liturgy était en fait très néo classique pour une création contemporaine. Plongé dans le noir, le spectateur voit progressivement apparaître sous une lumière diffuse une danseuse puis un danseur en justaucorps. Au fur et mesure que la lumière s’accentue, ils évoluent tous les deux. L’ensemble est graphique et réussi.

Nine Sinatra Songs clôturaient la soirée. Il y avait d’un côté la très belle voix de crooner de Sinatra et de l’autre une chorégraphie où 7 couples en robe du soir et smoking évoluent au fur et à mesure, symbolisant les  différentes étapes d’une relation amoureuse. Je n’ai pas toujours été convaincue par la chorégraphie, fortement inspirée des danses de salon… même si elle rappelait cependant à bon escient la place de celle-ci.  L’aspect intemporel des chansons donnait à réfléchir sur le couple…

Nine Sinatra Songs

Le spectacle était encore dans la rue en sortant: une jeune femme qui au vestiaire encore parlait du code des marchés s’est ensuite mise à chanter, un couple de retraités anglosaxons s’est mis à danser de façon improvisée…