Sévigné – épistolière du Grand siècle au château de Grignan (Drôme)

Jusqu’au 22 octobre 2017 le château de Grignan, dans la Drôme, accueille une exposition temporaire consacrée à la Marquise de Sévigné. Ce château reste en effet associé dans l’imaginaire collectif au « mythe sévignéen ». La femme de lettres, qui y séjourne au total 4 ans, a en effet souvent décrit la « magnificence » de ce château où vivait sa fille Françoise-Marguerite, mariée au comte de Grignan, gouverneur de Provence.

chambre_Bdef

 

Cette exposition retrace le parcours de Madame de Sévigné entre Paris, Vitré en Bretagne et Grignan et met en lumière l’évolution de son écriture et sa place dans le monde des lettres. Reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication, elle présente une centaine de pièces du Grand siècle issues aussi bien de collections privées que du château de Grignan ou de musées nationaux.

Madame de Sévigné_Envie d'ailleurs - Anne-Laure FAUBERT

 

L’exposition s’ouvre sur le célèbre portrait de Madame Sévigné par Claude Lefébvre. Née en 1626 à Paris, Marie de Rabutin-Chantal est issue de deux familles aux éthiques différentes : les Rabutin, ancienne famille bourguignonne et les Coulanges bourgeois parisiens récemment enrichis. Elle est élevée librement par les Coulanges à partir de l’âge de 7 ans, lorsqu’elle devient orpheline. On apprend également que c’est son cousin Bussy-Rabutin qui est le premier à faire connaitre ses lettres.

Henri de Sévigné_Sévigné_épistolière_Blog 1enviedailleurs.com

On y découvre également ses allers et retours fréquents entre Paris et la Bretagne, la ville et la campagne : le départ, la séparation et le retour sont des thèmes littéraires qui reviennent fréquemment dans sa correspondance. La marquise de Sévigné est présente à Paris et Versailles, ce qui lui permet d’ « être de tous les plaisirs » selon Bussy-Rabutin. La Bretagne représente « le pays de son mari » Henri de Sévigné qu’elle épouse en 1644 et qui décède à la suite d’un duel en 1651. Un mari volage et endetté… La marquise de Sévigné n’a que 25 ans. Elle ne se remarie…mais épouse la littérature via ses lettres à sa fille.

table_Sévigné_épistolière_Blog 1enviedailleurs.com

C’est autour de l’art d’écrire qu’est organisée la seconde partie de l’exposition. Madame de Sévigné écrit en effet quotidiennement, et partage ses réflexions, ses lectures ou les événements politiques tant avec sa fille qu’avec son cousin Bussin-Rabutin, l’écrivain Gilles Ménage ou sa meilleure amie, Madame de Lafayette. Une pratique qui s’intensifie après 1671 et le départ de sa fille à Grignan. On découvre aussi la Provence au XVII°s, la vie quotidienne d’une famille renommée, celle de son gendre François Adhémar de Monteil de Castellane, comte de Grignan.

Une exposition d’une grande richesse et qui, espérons-le, sera suivie d’autres expositions dans ce château magnifique.

soleil couchant_Sévigné_épistolière_Blog 1enviedailleurs.com

Si vous visitez le château cet été et que vous avez prévu d’y rester la nuit, profitez-en pour voir Les fêtes nocturnes (jusqu’au 19 août 2017) qui ont pour thème cette année Lorenzaccio d’Alfred de Musset, dans une mise en scène de Marie-Claude Pietragalla, Daniel Mesguich et Julien Derouault.

suite Thierry_Clair de Plume_Blog 1enviedailleurs.com

Et si votre bourse vous le permet, descendez au Clair de la Plume et demandez la Suite Thierry, où vous dormirez entouré de portraits, arbres généalogiques (évidemment j’y ai jeté un œil, je ne suis pas fan d’histoire et de généalogie pour rien) après avoir tenté de déchiffrer les messages écrits sur le sol.

Anne-Laure FAUBERT

Sévigné – épistolière du Grand Siècle – Château de Grignan – Drôme – Jusqu’au 22 octobre 2017

Les fêtes nocturnes – Château de Grignan – Drôme – Jusqu’au 19 octobre 2017

 

Signes de Carolyn Carlson: entre graphisme de la danse, musique et peinture…

Créée en 1997 pour l’Opéra de Bastille et notamment les étoiles Marie-Claude Pietragalla et Kader Belarbi, Signes est à l’origine l’idée d’un peintre, Olivier Debré, qui cherchait à représenter par la danse le sourire de la Joconde… Le sourire ou le premier des signes… Celui d’un enfant, d’une amitié qui se dessine…

Signe s- Photo: Anne-Laure Graf

Ce ballet se décompose en 7 tableaux, tous peints et conçus avant la chorégraphie par Olivier Debré et dansés selon la chorégraphie de Carolyn Carlson et la partition originale de René Aubry.

– Premier tableau: Signe du Sourire

Agnès Letestu apparaît toute de jaune vêtue, les cheveux plaqués sur la droite. Elle danse de façon assymétrique, leitmotiv que l’on retrouve tout au long du ballet

– Deuxième tableau: Loire du Matin

Orange, ce tableau évoque le fleuve… La danse se fait ondulations…

– Troisième tableau: Monts de Guilin

– Quatrième tableau: Les moines de la Baltique:

Les voix d’hommes gutturales renforcent l’effet visuel du tableau aux tons chauds et les pas marqués des danseurs

– Cinquième tableau: L’esprit du bleu

Devant un très beau tableau bleu se détache un couple amoureux et sensuel. Le jeu de Stéphane Bullion et Agnès Letestu est tout de sensualité retenue.

– Sixième tableau: Les couleurs de Maduraï

– Septième tableau: Victoire des Signes

Victoire des Signes - Photos: Anne-Laure Graf

Les danseurs, tous vêtus de noir et de blanc (comme les arbres du décor) sauf Agnès Letestu en blanc et Stéphane Bullion en noir, rappellent le Ying et le Yang…

S’il est difficile de résumer chaque tableau, il ressort de ce ballet une grande force, une forte présence scénique de Stéphane Bullion qui m’a rappelé celle de Nicolas Le Riche.  La danse est souvent assymétrique, comme ces danseurs dont un des bras est emprisonné dans le costume pendant que l’autre danse, ces danseurs aux costumes inspirés des pharaons et dansant lattéralement ou ces danseuses aux larges chapeaux anciens…

Une oeuvre où danse, musique et peinture dialoguent entre elles, telles des Correspondances chères à Baudelaire…