Manon de Massenet – Mercredi 18 janvier : un couple principal de qualité pour une mise en scène et des décors ridicules

J’avoue qu’à la lecture de certaines critiques, j’avais failli rebrousser chemin, voire revendre ma place. On y parlait d’une mise en scène kitsch, de palmiers de plastique de mauvaise qualité, d’une Natalie Dessay surjouant son rôle… Bref, pas de quoi se réjouir… 

Manon de Massenet reprend le livre Manon Lescaut de l’abbé Prévost que certains ont peut-être étudié comme moi au lycée. Des souvenirs assez lointains donc et j’y étais allée davantage pour Natalie Dessay, que j’avais appréciée l’an dernier dans Giulio Cesare et la mise en scène de Coline Serreau, découverte lors que j’étais étudiante dans une pièce de théâtre dans le 9° arrondissement.

La mise en scène surprend dès le début où nous sommes, non plus au XVIII°s mais dans les années 1980. Des personnages habillés en orange côtoient des livreurs apportant le dîner de l’auberge dans un caddie (sic) avant que trois punks, dont Lescaut (Franck Ferrari), n’apparaissent. Un minibus sorti des années 80 arrive, avec son lot de provinciales dont Manon. Une mise en scène étrange, où le couple Manon (Natalie Dessay) / des Grieux (Giuseppe Filianoti) relève un peu le niveau. Ce mélange de genre, de style et de costumes se poursuit tout au long de la pièce. Certains passages sont cependant charmants comme la petite mansarde où se sont réfugiés Manon et des Grieux alors que d’autres moments sont ridicules. Pêle-mêle je citerai : des défilés de mode en noir et blanc, Six hommes vêtus en SM – qui porteront par la suite le costume blanc des mafiosi – sur un fond de verrière de palmiers ( le Cours-la Reine) avec une foule habillée en orange, des femmes en costumes d’époque évoluant en patins à roulette dans l’église St Sulpice, une salle de jeux aux allures de cauchemars. Du coup quand les soldats du Roi interviennent pour emprisonner Manon, on se demande ce que ledit Roi vient faire au milieu de ces punks et débraillés… Quant au final où Manon déportée en Louisiane est à la fois accompagnée par un soldat romain et un soldat nazi… Heureusement, le couple principal sauve à plusieurs fois la pièce : duo à St Sulpice, mort de Manon…

Il m’arrive très rarement de partir au milieu d’une représentation et mercredi, je me suis demandée pourquoi je n’étais pas restée sur l’image de St Sulpice…