Un mois de juin sous le signe de la danse

Ce mois-ci de nombreuses compagnies de danse seront à l’honneur à Paris, du ballet de Monte Carlo à Chaillot dès cette semaine, à la compagnie Studio 3 – Cia de Dança au Théâtre des Champs Elysées du 28 au 30 juin. Et un tarif réduit vous est proposé dans cette Newsletter pour voir les spectacles de Josef Nadj à la Villette du 16 au 28 juin.

 

Balanchine – Millepied -Opéra de Paris – Jusqu’au 8 juin 

Cf mon billet à ce sujet ici. Avis mitigé malgré la beauté de certains passages.

 

Le Ballet de Monte-Carlo au théâtre national de Chaillot  – 5 au 13 juin

Une compagnie absente depuis longtemps des scènes parisiennes et dirigée après la Deuxième Guerre Mondiale par Serge Lifar, exclu de l’Opéra de Paris pour son attitude sous l’occupation allemande. A la tête depuis 20 ans de cette compagnie, Jean-Christophe Maillot présente à Paris LAC, inspiré du Lac des Cygnes. Ma critique sera disponible sur le site de Bachtrack le week-end prochain.

 

Nadj à la Villette – Du 16 au 28 juin 2014 à la Grande halle de la Villette

Figure emblématique de la danse contemporaine en France, Josef Nadj présente 4 œuvres:

– Les Philosophes, spectacle de Josef Nadj où « l’image et la danse se rencontrent autour de la figure du père dans une scénographie circulaire originale » ;

Ozoon, spectacle de Josef Nadj liant mouvement et musique free-jazz

Elégia, un concert pour 6 musiciens sur une composition originale d’Akosh S., suivi de la projection du film

– Une installation où l’on retrouve les créations plastiques et filmographiques du chorégraphe, accessible avant ou après le (s) spectacle (s) sur présentation du billet.

Un univers onirique et surréaliste où se rencontrent danse, jazz, cinéma muet des années 30 et littérature d’avant-guerre d’Europe de l’Est.

Envie d’ailleurs vous propose des places à tarifs réduits pour ces spectacles de Josef Nadj : Les Philosophes et Ozoon à 20 € au lieu de 26 €, Elegia à 16 € au lieu de 20 €. Pour en profiter, réservez vos places au 01 40 03 75 75 en donnant le code: 336171

Offre limitée à 2 billets par personne et par spectacle, sur présentation de cette newsletter imprimée et dans la limite des places disponibles

 

Robbins / Ratmansky – Palais Garnier – Du 19 juin au 7 juillet

J’avais déjà vu à Garnier Dances at a gathering de Jerome Robbins en 2012 (cf mon billet ici). Créée en 1969  pour le New York City Ballet, cette oeuvre met en scène dix danseurs; les couples se croisent, changent, et évoluent au gré des valses et des mazurkas de Frédéric Chopin et sous un ciel bleu très balanchinien.

Quant à Psyché de Ratmansky, je l’avais également vu (cf ce billet) en 2011. Une ode à l’amour qui plait ou peut ennuyer selon la qualité des interprètes.

 

Le Nederlands Dans Theater  au théâtre national de Chaillot  – 19 au 27 juin 

Une compagnie qui ne s’était pas produite à Paris depuis 2006 et dont le programme de la tournée parisienne permettra d’en montrer les différentes facettes: Mémoires d’oubliettes de Jiri Kylian, fondateur de la compagnie, Solo Echo de Crystal Pite, chorégraphe canadienne à la danse plutôt théâtrale et Shoot the Moon de Sol León et Paul Lightfoot, dansant et créant pour cette compagnie depuis près de 20 ans et ce-dernier en assure la direction artistique.

The King and I – Théâtre du Châtelet – 13 au 29 juin

Fondé sur l’histoire vraie d’Anna Leonowens, le roman Anna and the King of Siam de Margaret Landon obtint un immense succès à sa sortie en 1944. L’œuvre retrace l’arrivée à la cour de Siam de cette jeune préceptrice galloise (accompagnée de son fils) afin d’enseigner l’anglais à la nombreuse progéniture du roi. La comédie musicale fut créée en 1951. J’avais beaucoup aimé le film Anna et le roi sorti en 1999 et notamment l’interprétation de Jodie Foster. J’irai donc avec plaisir.

Studio 3 – Cia de dança –  Théâtre des Champs Elysées – Du 27 au 30 juin

Paixao e Furia : le mythe Callas sur une chorégraphie d’Anselmo Zolla

A défaut de Saisons russes, tournée annulée, une belle façon de terminer le mois.

Et pour Juillet trois rendez-vous à ne pas manquer: 

– Notre Dame de Paris de Roland Petit à l’Opéra de Paris du 30 juin au 16 juillet

– La dixième édition des Etés de la danse avec le San Francisco Ballet du 10 au 26 juillet au théâtre du Châtelet

Raphaëlle Boitel, L’oublié(e) à la Villette du  1er au 12 juillet

 

Lorsque danse et cirque se rencontrent: Pentimento de Madona Bouglione…

Une atmosphère empreinte de poésie se dégageait hier après-midi du chapiteau blanc de l’île Séguin.

Je savais que j’allais au cirque, pas plus. J’ignorais que je découvrirais, comme à Shanghai en 2009, une femme tout de blanc vêtu faisant des acrobaties dans un cercle, un homme machiavélique accompagnant un cygne blanc et un cygne noir… Intriguée par ce spectacle qui me rappelait Le lac, je me suis mise à écouter attentivement la musique. J’y ai reconnu un morceau de Tchaikovski que je joue à la flûte … Plus de doute…

Quel Lac! La ballerine s’endormant dans le cercle lunaire semblait avoir ensorcelé la salle…

De très beaux moments de grâce entrecoupés de morceaux plus traditionnels: jongleurs, acrobates et pierrot lunaire…

Le lac des cygnes: Noureev versus Petipa

Je vous parlais dans un précédent billet des spectacles fédérateurs joués aux alentours de Noël.

Le lac des cygnes en est un. J’y étais mardi dernier à Bastille. Histoire de comparer  ; ) la chorégraphie de Noureev à celle d’Ivanov, élève de Petipa. Cette version avait été donnée en juillet 2010 par le Ballet de Novossibirsk aux étés de la danse du théâtre du Châtelet.

Comme en juillet, il y avait beaucoup de groupes d’adolescents. Je n’avais alors pas compris s’ils faisaient des heures sup’ ou si les adultes qui les accompagnaient étaient les parents de l’un d’entre eux. Mardi, c’étaient bien des classes.

La magie de la musique a de nouveau opéré. En juillet, le chef d’orchestre était russe, en janvier français. L’approche n’est pas la même, les accents pas mis sur les mêmes instruments. Mais les deux étaient magnifiques, même si Bastille n’est pas la salle de spectacle idéale pour les cuivres.

Concernant les différences de chorégraphies, Noureev place l’ensemble de la pièce dans le rêve du prince Siegfried. C’est endormi que nous le trouvons au début, c’est allongé que nous le quittons. Cela me rappelle à certains égards cette belle pièce de théâtre espagnole La vie est un songe de Calderon.  Le bouffon, personnage présent chez Petipa est supprimé au profit de Wolfgang, le précepteur du Prince, personnage équivoque et manipulateur, alter ego du magicien Rothbart, le même qui a ensorcelé les cygnes. L’interprétation de Noureev met en lumière le rôle de l’inconscient dans l’œuvre de Tchaïkovski, notamment sur son homosexualité.

J’avoue avoir préféré la version de Noureev, même si le déclic ne s’est fait qu’après l’entracte qui invitait encore plus à la rêverie que de celle de Petipa. Toutefois, j’ai préféré la mise en scène du ballet de Novossibirsk: les costumes Renaissance étaient tout simplement splendides, les robes d’une fluidité… 

 

Je recherche la beauté dans la danse, et cette-fois ci encore je l’ai trouvée…