L’Art du voyage botanique à l’Abbaye de Royaumont

Il est des voyages qui provoquent de belles rencontres… Comme celle fin mai avec la journaliste Isabelle Brigout, journaliste et fondatrice d’E Romantic Hotels. Du coup elle a eu carte blanche pour nous parler d’un très beau sujet, L’Art du voyage botanique à l’Abbaye de Royaumont. Merci Isabelle!

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JardinMédiéval©Sébastien Salolmon

Entre Orient et Occident, le voyage des plantes au Moyen-Âge s’expose à l’Abbaye de Royaumont, avec l’ouverture du Jardin des 9 carrés.

Il est délicat aujourd’hui de parler d’espèce locale tant les fleurs, arbres et herbes ont voyagé et se sont hybridés depuis le Moyen Âge et le label « Végétal local » créé en 2014 par le Ministère de l’Ecologie, distingue surtout l’origine géographique contemporaine d’une plante.

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En l’An 812, Charlemagne édicte le Capitulaire De Villis, liste de quatre-vingt quatorze plantes potagères « dont la culture est ordonnée dans les jardins royaux » avec certaines espèces voyageuses, que l’on retrouve dans les 9 carrés : l’anis, originaire d’Asie Mineure, le cardon, ancêtre de l’artichaut, cultivé dès l’Antiquité en Grèce et en Italie ou la carotte qui poussait à l’état sauvage en Perse il y a 8.000 ans, dans des couleurs exotiques blanche, violette, rouge ou jaune.

Les plantes ont été transportées pour leurs propriétés médicale, alimentaire ou ornementale, mais aussi pour leurs vertus magiques : l’amarante censée rendre une personne invisible, la joubarbe, connue depuis la plus haute Antiquité pour éloigner la foudre, la mandragore qui entrait dans la composition des onguents de sorcières ou le curcuma rapporté de Chine par Marco Polo pour éloigner les mauvais esprits.

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Enfin, l’inspiration universelle qui incite au voyage reste l’amour et les propriétés aphrodisiaques figurées par le gingembre, originaire de Malaisie et d’Inde orientale, dont on fabrique des gourmandises au sucre candi, la bourrache réputée donner confiance et aplomb dans les affaires amoureuses, le romarin censé favoriser, l’amour, la joie et la passion et la jusquiame aux vertus aphrodisiaques qui « permet d’attirer le beau sexe car elle rend son porteur joyeux et agréable ».

Le jardin des 9 carrés invite à un voyage spirituel, sensoriel et géographique autour de la botanique, dans l’extraordinaire cadre de l’Abbaye de Royaumont rénovée et ré-ouverte au public depuis le 2 juillet 2016.

Isabelle Brigout

 

Napoléon et Paris : rêves d’une capitale – vous verrez Paris d’un autre œil après!

Pour les amateurs d’histoire, et de Napoléon, direction le musée Carnavalet où, jusqu’au 30 août se déroule une exposition sur les liens qu’entretint l’Empereur avec Paris. Et pour ceux qui voudraient voir les 50 vues de Paris, direction le musée de la Malmaison car seules 4 vues (par roulement de 2) sont présentées à Carnavalet.

Je l’ai visitée en présence des commissaires d’exposition, un moment privilégié et très instructif qui m’a rappelé mes études. J’ai toujours aimé l’histoire et cette matière me l’a bien rendu…

3. Nicolas Antoine Taunay, Entr+®e de la Garde Imp+®riale +á Paris par la barri+¿re de Pantin -® RMN-Grand Palais (Ch+óteau de Versailles)  Franck Raux

Nicolas-Antoine Taunay-Entrée de la garde impériale à Paris par la barricade de Pantin – Copyright RMN Grand Palais Château de Versailles

La vie de Napoléon Bonaparte est liée à Paris. Il y a terminé ses études, participé à plusieurs grandes journées de la fin de la Révolution. Il y a pris le pouvoir. Le sacre, ses deux mariages, sa seconde abdication se passent à Paris. C’est « sur les bords de la Seine » qu’il a souhaité reposer.

Tout en dotant la France des « masses de granit »  avec le préfet (1800), la Banque de France (1800), les lycées (1802), l’ordre national de La légion d’honneur (1802), le franc germinal (1803), et le Code civil (1804) il a souhaité remodeler Paris dès 1800.

7. Charles Percier  et Pierre Fran+ºois L+®onard Fontaine, Fauteuil du tr+¦ne de Napol+®on Ier -® RMN-Grand Palais (mus+®e du Louvre)  Jean-Gilles Berizzi

Percier et Fontaine – Fauteuil du trône de Napoléon Premier – Copyright: RMN – Grand Palais (Musée du Louvre)

« Le nom de roi est usé car il apporte avec lui de vielles conceptions et ferait de moi un héritier, je ne veux descendre ni dépendre de personnes. Le titre d’empereur est plus grand, il est un peu inexplicable et impressionne l’imagination. » Napoléon

Cette conception napoléonienne, on la retrouve également dans sa vision de Paris.

Aux Tuileries, palais qu’il sauve de la ruine, Napoléon a recréé une cour où il a agrégé différentes élites. Joséphine apporte des Antilles le rhum et son bol à punch constitue un bel objet, tout comme ses gants. Napoléon dépose au Louvre, avec la complicité de son directeur Vivant-Denon, toutes ses conquêtes des batailles d’Italie.

Deux empires inspirent Napoléon : l’empire romain et l’empire carolingien. On retrouve cette double inspiration dans sa vision de Paris et sa conception du pouvoir qu’on ne peut concevoir sans apparat. Un de ses 4 trônes constitue d’ailleurs le clou de l’exposition. Par ailleurs le buste monumental de Napoléon exposé est une référence explicite à l’empereur Constantin.  Napoléon perçoit également son rôle comme social. Afin d’éviter aux artisans et ouvriers le désœuvrement qui provoquerait d’éventuelles révoltes, il relance par de nombreuses commandes les soieries de Lyon. Il améliore également la vie quotidienne en faisant édifier des marchés, fontaines, halles, abattoirs et cimetières.

20. Fran+ºois R+®mond, Fran+ºois Damerart, Napol+®on Ier, empereur des Fran+ºais -® RMN-Grand Palais (mus+®e du Louvre)  St+®phane Mar+®challe

Napoléon Premier Empereur des Français – Copyright: RMN – Grand Palais (Musée du Louvre)

La rue de Rivoli est la première rue voulue par Napoléon, même si elle est terminée après la chute de celui-ci. La ville rêvée par l’Empereur est une nouvelle Rome peuplée de monuments grandioses, parfois achevés, parfois seulement ébauchés : la colonne Vendôme, le palais de la Bourse, la fontaine du Châtelet, les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Etoile. Lorsqu’il souhaite édifier l’éléphant de Bastille (celui où dort Gavroche dans Les Misérables de Victor Hugo) il s’inscrit dans la lignée d’Hannibal et Alexandre Le Grand. Cette maquette d’éléphant est détruite au XIX°siècle.

Projet pour la fontaine de l'Eléphant place de la Bastille

Projets pour la fontaine de la Bastille –  Copyright: Musée Carnavalet

De nombreux dessins, peintures et objets étayent ces relations entre Paris et l’Empereur. En vous rendant ou en sortant du musée, faites un détour par la place de la Concorde. Vous y admirerez, dans toutes les directions, un monument napoléonien : l’arc de triomphe de l’Etoile à l’ouest, l’Assemblée nationale au sud, l’arc de triomphe du Carrousel à l’est et l’église de la Madeleine au nord. Votre vision de la plus belle ville du monde en sortira changée…