La fille mal gardée… le ballet gourmandise de l’été…

Tous comme les « marronniers » chorégraphiques de l’hiver que sont Le Lac des Cygnes, Casse-noisette ou Cendrillon, l’été a également ses ballets gourmandises… Et La fille mal gardée en fait partie.

Cendrillon 3 décembre 2011

L’histoire est simple: une mère enferme sa fille chez elle car elle souhaite la marier contre son gré à quelqu’un qu’elle n’aime pas et le happy end est prévisible. On retrouve bon nombre de passages attendus des ballets classiques: danses de caractère des villageois, apparition d’un poney sur scène, scènes galantes, promis niais contre amoureux transi élégant et fin… Tout y est pour faire de ce ballet, au demeurant considéré comme le plus ancien du patrimoine classique, une œuvre grand public que le public averti bouderait… Et pourtant non… Balletomanes ou néophytes s’y pressent, alors même que la version de 1959 de Frederick Ashton revient régulièrement au Palais Garnier….

Fille mal gardée MOB MH

Pourquoi me direz-vous?

Me concernant, si je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai vu depuis mes études, c’était tout d’abord pour ma « twin connection » de 6 ans. Résultat assuré pour la Demoiselle qui en sortant m’a dit « Maman je préfère ce ballet à Giselle (son ballet préféré depuis 2 ans et vu – déjà – à plusieurs reprises). Quant au Damoiseau, il a confirmé son intérêt pour la danse contemporaine, comme Forsythe qui lui avait fait une grande impression dans ce même lieu. J’y étais allée aussi pour voir le couple Mathias Heyman / Myriam Ould Braham… magnifique en février de cette année dans Onéguine et y ai découvert une Léonore Baulac dans la droite ligne de Myriam Ould Braham – un je ne sais quoi en moins toutefois – et un Allister Madin qui mériterait selon moi de ne pas rester éternellement sujet…

la fille mal gardée LB_AM

La scène des rubans est toujours aussi belle, les pas de deux toujours aussi sensuels, le port des bras de Léonore Baulac élégant et moelleux… et le happy end attendu en adéquation avec le soleil de l’été… Derrière ce ballet en apparence très simple, se cachent en réalité des questionnements sur le consentement, l’amour, l’argent… et la volonté de prendre en main sa destinée… Un double niveau de lecture rendu cocasse par les comportements caricaturaux de la mère et du prétendant, dont on se demande s’il est bête, maladroit, ou souffrant d’un retard de développement intellectuel…

Une gourmandise estivale qu’il serait dommage de rater!

Anne-Laure FAUBERT

Palais Garnier – Jusqu’au 14 juillet 2018

 

Une balletomane en goguette….

L’an dernier, je vous avais présenté les différentes façons qu’il y avait, selon moi, de préparer son voyage, selon qu’on était un programmateur né ou, au contraire, un «bohème». Retournant début mars à Londres – rien de très exotique me direz-vous – je suis déjà en train d’écumer les sites des compagnies de danse.

Et là, désespoir !! Le mythe de la balletomane s’effondre! J’aurais dû prévoir mon voyage en fonction des spectacles et non des tarifs d’Eurostar… ; )

Et vous, il vous arrive aussi de regarder à l’avance les spectacles joués pendant votre séjour à l’étranger ? Ou vous êtes du genre à laisser faire votre bonne étoile ? Vous prévoyez tout dans les moindres détails ? Ou vous vous promenez le nez au vent ?

Les 5 degrés de la « balletomanie »…

Un billet taquin sur la « balletomane » que je suis….Une vision subjective*… Vos avis sont les bienvenus. Et je précise: aucun degré n’est supérieur à un autre!

Degré Zéro: Le ballet? Une discipline réservée aux petites filles en tutu rose… Franchement quel intérêt de voir des personnes faire « tututut » sur la scène d’un côté puis de l’autre**?

Degré un: Une neutralité bienveillante. Le ballet? Plutôt la danse non? Pourquoi pas? J’associe davantage la danse aux sorties en boite, aux danses des rues. Quant au ballet « classique », j’en ai une vague idée.

Degré 1 bis cela donne: Un art inférieur à l’opéra puisqu’il n’y  pas de parole.

Degré deux: L’apprenti balletomane:  Je dresse les oreilles dès que j’entends parler du Lac des cygnes, de Casse-noisette, de Noureev ou des Ballets russes. Voir un ballet reste exceptionnel et je me rabats sur les valeurs sûres***. Ma vie est ailleurs même si la danse en constitue une légère toile de fond. Il manque un petit quelque chose pour que je bascule vers le degré trois.

Degré trois: Le balletomane entre deux eaux:

Version normale: J’aime la danse et le ballet et vais régulièrement en voir.

Version méthodique: J’ai décidé de me cultiver et lis tout ce qui concerne les ballets que je vais voir.  J’aime connaître les pas, pouvoir en parler et vais donc régulièrement voir des ballets.

Version en recherche d’emplois, moins de 28 ans ou plus de 65 ans et que j’ai le temps:  je fais régulièrement la queue pour avoir des places. Je vois de tout, du ballet très classique comme Paquita au ballet contemporain de Pina Bausch.

Degré quatre: Le « balletomane compulsif »:  Version 3+ l’aspect systématique voire compulsif du « balletomane ». J’en parle autour de moi, voire j’ouvre un blog. Mes compte rendus peuvent parfois sembler surréalistes aux non balletomanes.

Degré cinq: Le « balletomane accompli »: Version 4 + non seulement je vais voir tous les ballets qui passent, qu’ils soient classiques ou contemporains, mais j’y retourne pour voir les différentes distributions. Dans un spectacle, on me reconnaît à mes sourcils en accent circonflexe scrutant la scène, mes commentaires à l’entracte – bien plus sérieux sur le fond que les cuistres et les pédants – et mes tweets enflammés – de façon positive ou négative. La danse fait partie de ma vie. J’applaudis tel danseur et vilipende un autre. Je suis toujours à l’affût des nouvelles et vais aux Premières et aux adieux des étoiles.

Et moi dans tout ça?

Après avoir longtemps été dans le degré 3, j’ai parfois l’impression d’être à la limite entre le degré 4 et le 5.  Je n’ai plus qu’à rédiger des articles « pour les nuls » -ie compréhensibles par les non balletomanes – pour espérer m’en sortir ; )))

Et vous, vous vous reconnaissez dans ces différents états?

*: Ceci peut se décliner pour n’importe quelle autre passion…

**: toute ressemblance avec des propos tenus par quelqu’un de mon entourage relève du pur hasard ; ))

** idem que ** ; ))