Etés de la danse: soirée mixte du 10 juillet

Cette soirée, contrairement au Programme de l’Hommage à Noureev (billet à venir), était uniquement constituée de danse contemporaine de 1995 et 2013.

Quatre ballets donnés pour la Première fois à Paris:

– A million kisses to my skin (2000) de David Dawson sur une musique de Bach

– Eventide (2008) d’Henry Pickett sur des musiques contemporaines

Windspiele (2013) de Patrick de Bana sur une musique de Tchaïkovski

– Vers un pays sage (1995) de Jean-Christophe Maillot sur une musique de J. Adams.

Une soirée intéressante sans être inoubliable, et ce d’autant que Denys Cherevychko a peu dansé : (

A million kisses to my skin est très Balanchinien: danse graphique, justaucorps bleus des danseurs. Quelques problèmes de synchronisation des gestes au début. Un beau ballet dont on sort cependant avec cette question dans la tête « so what? »: qu’en retient-on?

Eventide est le ballet  que j’ai préféré: couleurs chaudes de la scène, danse sensuelle des interprètes… et cette idée que tout est possible…

Windspiele m’est un peu passé au-dessus de la tête, même si j’ai beaucoup aimé les costumes d’Agnès Letestu qui donnait un supplément d’âme aux gestes, et notamment les tutus des danseuses.

Quant à Vers un paysage, l’utilisation des fonds de couleur différente m’a rappelé Signes de Carlson. Normal diront certains, Signes est réalisé 2 ans après. Ce type de chorégraphie devait être dans l’air du temps à l’époque…

Et vous qu’en avez-vous pensé? Enthousiastes? Déçus?

Signes de Carolyn Carlson: entre graphisme de la danse, musique et peinture…

Créée en 1997 pour l’Opéra de Bastille et notamment les étoiles Marie-Claude Pietragalla et Kader Belarbi, Signes est à l’origine l’idée d’un peintre, Olivier Debré, qui cherchait à représenter par la danse le sourire de la Joconde… Le sourire ou le premier des signes… Celui d’un enfant, d’une amitié qui se dessine…

Signe s- Photo: Anne-Laure Graf

Ce ballet se décompose en 7 tableaux, tous peints et conçus avant la chorégraphie par Olivier Debré et dansés selon la chorégraphie de Carolyn Carlson et la partition originale de René Aubry.

– Premier tableau: Signe du Sourire

Agnès Letestu apparaît toute de jaune vêtue, les cheveux plaqués sur la droite. Elle danse de façon assymétrique, leitmotiv que l’on retrouve tout au long du ballet

– Deuxième tableau: Loire du Matin

Orange, ce tableau évoque le fleuve… La danse se fait ondulations…

– Troisième tableau: Monts de Guilin

– Quatrième tableau: Les moines de la Baltique:

Les voix d’hommes gutturales renforcent l’effet visuel du tableau aux tons chauds et les pas marqués des danseurs

– Cinquième tableau: L’esprit du bleu

Devant un très beau tableau bleu se détache un couple amoureux et sensuel. Le jeu de Stéphane Bullion et Agnès Letestu est tout de sensualité retenue.

– Sixième tableau: Les couleurs de Maduraï

– Septième tableau: Victoire des Signes

Victoire des Signes - Photos: Anne-Laure Graf

Les danseurs, tous vêtus de noir et de blanc (comme les arbres du décor) sauf Agnès Letestu en blanc et Stéphane Bullion en noir, rappellent le Ying et le Yang…

S’il est difficile de résumer chaque tableau, il ressort de ce ballet une grande force, une forte présence scénique de Stéphane Bullion qui m’a rappelé celle de Nicolas Le Riche.  La danse est souvent assymétrique, comme ces danseurs dont un des bras est emprisonné dans le costume pendant que l’autre danse, ces danseurs aux costumes inspirés des pharaons et dansant lattéralement ou ces danseuses aux larges chapeaux anciens…

Une oeuvre où danse, musique et peinture dialoguent entre elles, telles des Correspondances chères à Baudelaire…

Saison 2013-2014 : le Ballet de l’Opéra de Paris

L’Opéra de Paris a dévoilé aujourd’hui sa saison 2013-2014.  Une saison particulière pour le Ballet de l’Opéra de Paris : la directrice de la compagnie, Brigitte Lefèvre quittera ses fonctions après 20 ans de bons et loyaux services. Trois étoiles – Agnès Letestu, Isabelle Ciaravola et Nicolas Le Riche – feront également leurs adieux. Un programme plus classique que celui de la saison actuelle. Une saison d’adieux avec un retour aux fondamentaux…

 

La Dame aux camélias de John Neumeier

Du 21 septembre au 10 octobre 2013, 14 représentations au Palais Garnier. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction musicale James Tuggle.

Un ballet néo-classique qui a fait l’objet de nombreuses reprises…  Mon ballet préféré de Neumeier pour son côté narratif, ses belles robes… J’y retournerai avec plaisir… L’étoile Agnès Letestu y fera ses adieux à la scène, probablement le 10 octobre.

 

Soirée contemporaine composée de trois ballets : Darkness is hiding black horses de Saburo Teshigawara (création), Glacial Decoy de Trisha Brown et Doux mensonges de Jiří Kylián.

Du 31 octobre au 14 novembre 2013, 11 représentations au Palais Garnier. Les Arts florissants, direction musicale Paul Agnew

Une soirée à laquelle j’assisterai pour les Arts florissants, un de mes ensembles musicaux  préférés en musique baroque. Je suis également curieuse de découvrir Doux mensonges de Jiří Kylián et  Glacial Decoy de Trisha Brown. Quant à Saburo Teshigawara, je ne le connais pas.

 

La Belle au bois dormant de Rudolf Noureev

Du 4 décembre 2013 au 4 janvier 2014, 23 représentations à l’Opéra Bastille. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction musicale Fayçal Karoui.

Depuis le temps que ce ballet était attendu et faisait partie des pronostics à chaque saison ! Je n’en connais que des morceaux vus lors de Galas. Le songe y sera présent, tant par le sujet que pour la prédilection de Noureev pour ce thème…

 

Le Parc d’Angelin Preljocaj

Du 7 au 21 décembre 2013, 20 représentations au Palais Garnier. Orchestre de Chambre de Paris, direction musicale Koen Kessels.

Comme certains le savent, je déteste ce chorégraphe pour sa violence notamment dans les rapports hommes-femmes. Je n’irai donc pas à moins que de très bons danseurs y soient… Et encore…

 

Les Démonstrations de l’École de Danse

Les 8, 15 et 21 décembre 2013 au Palais Garnier.

Un rituel annuel. De la 6e à la 1ère division, les petits rats feront part de leur travail. Un spectacle qui laisse toujours songeur sur les prouesses de ces enfants et adolescents.

 

Ballet du Théâtre du Bolchoï (compagnie invitée)

Illusions perdues d’Alexei Ratmansky.

Du 4 au 10 janvier 2014, 6 représentations au Palais Garnier. Orchestre Colonne, direction musicale Igor Dronov.

Après leur magnifique Don Quichotte (cf billet ) il y a 2 ans, j’ai hâte de le revoir… Le Bolchoï cela ne se refuse pas… 

 

Onéguine de John Cranko

Du 3 février au 5 mars 2014, 13 représentations au Palais Garnier. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction musicale James Tuggle.

Un de mes ballets néo-classiques préférés (cf mon billet)… et souvent repris… Le public sera-t-il lassé ? Isabelle Ciaravola y fera ses adieux à la scène probablement le 5 mars.

 
Soirée contemporaine composée de Deux ballets : Mademoiselle Julie de Birgit Cullberg (entrée au répertoire) et Fall River Legend d’Agnes de Mille.

Du 21 février au 13 mars 2014, 15 représentations au Palais Garnier. Orchestre Colonne, direction musicale Koen Kessels.

Deux chorégraphes que je ne connais pas. De Birgit Cullberg je sais juste qu’elle est la mère du chorégraphe Mats Ek. Deux ballets plutôt cruels si j’en crois les informations glanées.

 

Spectacle de l’École de Danse de l’Opéra de Paris

Quatre ballets : Concerto en Ré de Claude Bessy, Napoli – Pas de six et Tarentelle d’August Bournonville, Scaramouche de José Martinez et Yondering de John Neumeier.

Du 5 au 10 avril 2014, 4 représentations au Palais Garnier. Orchestre des lauréats du CNSMDP, direction musicale Marius Stieghorst.

Un programme équilibré entre danse classique et contemporaine qui permet aux danseurs de montrer tout leur savoir-faire, savoir-être et technique…

 

Soirée jeunes danseurs et danseuses

Du 18 au 22 avril 2014, 3 représentations au Palais Garnier. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction musicale Fayçal Karoui.

 

Orphée et Eurydice de Pina Bausch

Du 3 au 21 mai 2014, 14 représentations au Palais Garnier. Balthasar-Neumann ensemble & chor, direction musicale Thomas Hengelbrock et Manlio Benzi.

Une nouvelle reprise pour cet opéra dansé (cf mon billet)… peut-être un peu trop rapide…

 


Soirée Balanchine/Millepied

Deux ballets : Le Palais de cristal de George Balanchine et Daphnis et Chloé de Benjamin Millepied (création).

Du 10 mai au 8 juin 2013, 14 représentations à l’Opéra Bastille. Chœur et Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction musicale Philippe Jordan.

Première œuvre de George Balanchine pour le Ballet de l’Opéra de Paris, Le Palais de cristal aura pour l’occasion des nouveaux costumes de Christian Lacroix. Quant à Millepied, je ne le connais pas comme chorégraphe. Je trouve cela étrange de programmer une pièce du futur directeur de la compagnie… A suivre…

 

Soirée Robbins/Ratmansky composée de deux ballets : Dances at a gathering de Jerome Robbins et Psyché d’Alexei Ratmansky.

Du 19 juin au 7 juillet 2014, 12 représentations au Palais Garnier. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction musicale Madjid Hakimi.

En-co-re une reprise (cf mon billet sur Psyché)… je sais bien que l’Opéra doit réduire ses créations au profit des reprises mais je trouve que cela fait vraiment beaucoup…


Notre-Dame de Paris
de Roland Petit

Du 30 juin au 16 juillet 2014, 11 représentations à l’Opéra Bastille. Orchestre National d’Île-de-France, direction musicale Kevin Rhodes.

Un ballet que je ne connais pas mais que j’ai hâte de découvrir pour son chorégraphe… Et pour Nicolas Le Riche qui y dansera son dernier ballet : (((

 

Nicolas Le Riche, soirée exceptionnelle

Le 9 juillet 2014 au Palais Garnier. Orchestre de l’Opéra National de Paris.

Un grand danseur va faire ses adieux. Si la vente de places n’est pas aussi obscure que celle pour le Gala Noureev de cette année, j’y serai…

Reste à savoir qui, dans la nouvelle génération, le remplacera…

 

En conclusion : une belle saison en perspective, bien équilibrée, avec peut-être trop de reprises récentes (5) à mon goût. Contraintes budgétaires quand tu nous tiens…

 

Forsythe / Brown à Garnier: retour sur la Première du 3 décembre

Si je ne devais retenir qu’une pièce de la Première de lundi ce serait  O Zlozony / O composite de Trisha Brown…

Sur un poème polonais Ode à un oiseau du Polonais Milosz, trois danseurs (Aurélie Dupont, Nicolas Le Riche et Jérémie Bélingard) évoluent tout de blanc vêtu. Le décor est quasi inexistant: seul un fond étoilé se détache. Les danseurs étoiles y réinventent un alphabet du mouvement dont se dégage une certaine sérénité. Un effet peut-être trop apaisant pour la jeune Maman balletomane que je suis… Il n’empêche, cette ode risque de rentrer dans mes ballets contemporains préférés, avec Kaguyahimé de Kylian et Caligula de Le Riche…. Tous 3 ont un lien avec la lune ou le blanc ; ))

Les trois ballets de Forsythe, le très célèbre In the middle, somewhat elevated, Woundwork 1 et Pas./Parts sont l’occasion de revoir en individuel certains danseurs comme Sébastien Bertaud et Aurélien Houette… et de retrouver Marie-Agnès Gillot qui a revêtu à nouveau ses habits de danseuse…Si la musique électronique du Hollandais Thom Willems m’a parfois cassé les oreilles comme dans Woundwork 1, les chorégraphies entremêlent constructions géométriques et légèreté. In the middle… surprend par la violence de la musique, Woundwork 1 est sublimé par l’interprétation des danseurs étoiles ( Agnès Letestu, Hervé Moreau, Isabelle Ciaravola et Nicolas Le Riche). Quant à Pas. / Parts si je n’en ai pas compris la logique j’ai pu en admirer la beauté des gestes… ou l’essence de la danse

En conclusion, une belle soirée dont se dégage une étrange beauté moderne… mais dont quelques jours plus tard je ne retiens surtout que la poésie de Trisha Brown…

Robbins – Mats Ek – 18 mars: une « matinée » moderne et humoristique

Autant le dire d’emblée, j’étais davantage venue pour Jérôme Robbins que pour Mats Ek dont j’aime modérément le côté quotidien voire trivial que souligne sa danse, tout comme son utilisation des pieds flexes.

Dances at a gathering de Jerome Robbins, créé en 1969  pour le New York City Ballet, met en scène dix danseurs, cinq danseuses ( ici Muriel Zusperreguy, Ludmila Pagliero, Nolwenn Daniel, Eve Grinsztajn et Agnès Letestu) et cinq danseurs ( Josua Hoffalt, Pierre-Arthur Raveau, Vincent Chaillet, Christophe Duquenne et Emmanuel Thibault).

Une œuvre sans narration où les couples se croisent, changent, et évoluent au gré des valses et des mazurkas de Frédéric Chopin et sous un ciel bleu très balanchinien.

Une chorégraphie classique, avec parfois des réminiscences de danses d’Europe centrale, parfois des postures plus modernes. Malgré les tutus très simples on se prend à imaginer les mêmes danses dans un décor champêtre comme Giselle ou Onéguine

Une occasion de revoir Josua Hoffalt (en brun) 10 jours après sa nomination. Il y paraissait plus serein que dans La Bayadère, libéré en somme. La possibilité également de voir danser Pierre-Arthur Raveau (en vert) promu sujet au dernier concours interne de l’Opéra en novembre 2011.  Ce genre de morceau permet de découvrir ou de revoir en soliste des danseurs qui, souvent, font partie du corps de ballet. Côté danseuses, Muriel Zusperreguy (en jaune) se distingue, notamment avec Pierre-Arthur Raveau, par une danse légère. Un regret cependant : les trop brèves apparitions d’Agnès Letestu (en vert)

Quant à Appartement de Mats Ek (2000), c’est… spécial…

Dix tableaux s’offrent aux yeux du spectateur, de La salle de bain au Finale en passant par La marche des aspirateurs (tiens c’est étrange, seules des danseuses manient cet appareil ménager…) et surtout La télévision.

Si La salle de bains permet à Marie-Agnès Gillot de montrer tout son talent ( il faut la voir tourner autour du bidet), elle a été pour moi l’occasion de revoir – enfin – danser Nicolas Le Riche que je n’avais pas trouvé à son aise dans Phèdre de Lifar en septembre dernier. Il forme avec Jérémie Bélingard, Audric Bezard et Daniel Stokes un sacré quatuor, violent et puissant qui rejoint la danseuse étoile en criant et se moquant d’elle.

La télévision met en scène un José Martinez (chic il est revenu à Paris pour l’occasion: )) ) hypnotisé par l’écran, élégant couch potato

La cuisine, interprétée par Clairemarie Osta et Jérémie Bélingard, semble mettre en scène un couple banal… jusqu’à la chute finale et cynique, derrière la porte du four…

Appartement m’a également permis de revoir danser Alice Renavand, sublime dans son Grand Pas de deux avec Nicolas Le Riche…

Un ballet qui donne la possibilité aux danseurs de s’exprimer totalement, avec un très beau résultat apprécié du public…