La route des fromages AOP de Normandie : histoire et secrets de fabrication…

Place pour cet article à un nouveau rédacteur: Andrei Sol. qui connaît mieux que moi les secteurs agricole et les accords mets et vin/ cidre.. J’avais déjà traité le sujet gastronomique des fromages, et notamment de l’abbaye de Tamié et de leur fromagerie dans cet article consacré à la Savoie.

« Tout le monde connaît le camembert, le fromage à pâte molle le plus vendu en France. Mais connaissez-vous son histoire et les secrets de sa fabrication ?

camembert_Blog

Le célébrissime Camembert de Normandie, mais aussi le Neufchâtel, le Pont-L’Evêque et le Livarot vont vous dévoiler leurs secrets sur la nouvelle route touristique des fromages AOP de Normandie ! Cette route des fromages normands vous propose 70 escales gourmandes : restaurants, crèmeries-fromageries, éleveurs et producteurs de fromages. A vos fourchettes !

 

 

 

L’un des fleurons de notre gastronomie française, le camembert de Normandie porte ce nom car il a été créé à la fin du 18ème siècle dans le village de Camembert dans l’Orne. Il bénéficie d’une Appellation d’Origine Protégée depuis 1983. Le camembert de Normandie, à ne pas confondre avec le camembert fabriqué en Normandie, se fait selon un cahier des charges précis. Il doit être fabriqué à partir de lait cru, produit par des vaches de race normande qui pâturent au moins six mois dans l’année. Le caillé qui en est issu est moulé en cinq couches successives et égoutté. Difficile d’imaginer la Normandie sans ses vastes bocages et son maillage dense des haies, avec de l’herbe riche et verdoyant. Ce sont ces bocages qui accueillent les vaches de race Normande. Cette vache est indispensable aux AOP de Normandie car elle produit un lait très riche en matière grasse et protéines, donc particulièrement adapté pour la production de fromages. En hiver, ces vaches laitières sont nourries avec du fourrage et du maïs produits à plus de 80% sur l’exploitation, ce qui garantit une nourriture normande de qualité. Tout se passe donc en Normandie, de la fourche à la fourchette !

aumonière de camembert_1enviedailleurs.com
Aumônière de camembert de Normandie

Pour accompagner la dégustation des fromages normands, au lieu du traditionnel vin rouge, pourquoi ne pas opter plutôt pour le cidre. L’accord tient au terroir, puisque les deux sont produits sur la même zone. Les cidres demi-secs, qui ont une petite rondeur sucrée, accompagnent particulièrement bien les fromages à pâte molle à croûte fleurie comme le Camenbert de Normandie: le caractère onctueux et les arômes intenses du fromage sont parfaitement mis en valeur par ce cidre avec une grande ampleur en bouche et des arômes puissants. Pour accompagner le Livarot et le Pont-L’Evêque, puissants au niveau aromatique, préférez en revanche des cidres bruts, riches en saveurs et peu sucrés.

Neufchâtel, camembert et cidre_1enviedailleurs.com

Last but not the least : savez-vous qu’il est préférable de garder les fromages dans votre cave à vin pour préserver leurs qualités gustatives ? Si toutefois, vous êtes obligés de les mettre au réfrigérateur, préférez votre bac à légumes pour limiter l’impact néfaste des températures trop basses. Bonne dégustation ! »

Andrei Sol.

Collections privées Acte II : Un voyage flamboyant des impressionnistes aux fauves au Musée Marmottan

En 2014, pour fêter ses 80 ans, le musée Marmottan Monet proposait une très belle exposition « Les impressionnistes en privé» rendant ainsi hommage aux collectionneurs qui ont rendu possible l’existence de cette institution culturelle. En effet, sans collectionneurs, point de musée Marmottan Monet.

Paul Signac - Castellane - 1902 - 1enviedailleurs.com
Paul Signac – Castellane – 1902 -Collection particulière – Droits réservés

En 2018, cet hommage est réitéré avec 72 peintures, dessins et sculptures conservées en mains privées en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique latine : Collections privées : un voyage des Impressionnistes aux fauves. Cette exposition présente non seulement des chefs d’œuvres impressionnistes mais aussi des pièces majeures ou inédites des différents courants qui ont marqué la vie culturelle française au tournant du XX°siècle. Une manière de se différencier du premier opus par ces choix artistiques qui nous emmènent jusqu’aux Fauves et en 1920, soit 6 ans avant la mort de Claude Monet.

Van Gogh: Les lauriers roses. le jardin à l'hôpital à Saint Rémy - 1enviedailleurs.com
Van Gogh: Les lauriers roses. le jardin à l’hôpital à Saint Rémy – 1889 – Copyright: Arturo Piera

Dès la première salle et le premier tableau, la demeure privée de M. et Mme Josse et Gaston Bernheim Jeune, nous entrons avec cette jolie mise en abyme dans les demeures des collectionneurs. Cet itinéraire pictural de Monet à Matisse nous permet de découvrir tout d’abord des peintres et des thèmes plus connus comme Belle île de Monet, les portraits de Renoir ou les paysages de Caillebotte, avant de redécouvrir les néo impressionnistes avec de rares Seurat, Signac, Rysselberghe et Van Gogh. Gauguin et l’école de Pont Aven nous emmènent ensuite dans des ailleurs colorés et Toulouse-Lautrec nous rappelle le monde interlope avec ces femmes aux cheveux roux, avant que Camille Claudel exorcise ses grossesses interrompues avec un plâtre inédit de La petite châtelaine. Suivent ensuite les Nabis, Odilon Redon, avant que les œuvres fauves de Derain, Vlaminck et Van Dongen ne clôturent l’exposition.

Odilon Redon - 1enviedailleurs.com
Odilon Redon – Quadrige, le char d’Apollon – vers 1909 – collection particulière – droits réservés

Plus qu’un catalogue à la Prévert, ce sont la force, les couleurs et la beauté des toiles qui surprennent le visiteur. On découvre ainsi la Normandie peinte par Monet avec une explosion de couleurs, tout comme une de ses rares natures mortes Les galettes (1892) sans perspective puisqu’il relève la table. Caillebotte reste très représenté dans l’exposition car ce peintre décédé jeune plait au public.

Renoir - Portrait de Madame Josse Bernheim-Dauberville ( née Mathilde Adler) _ 1enviedailleurs.com
Renoir – Portrait de Madame Josse Bernheim-Dauberville ( née Mathilde Adler) – 1901 – Droits réservés

Le portrait de Madame Josse Bernheim-Dauberville peint en 1901 par Renoir est un portrait très classique avec le rose du ruban qui flatte la carnation du modèle et donne la tonalité de l’œuvre. Cette exposition est également l’occasion de se rappeler que la technique du pointillisme qu’utilise Seurat est purement scientifique et suit des règles strictes ainsi qu’un temps de séchage long afin d’éviter que les couleurs ne se mélangent. On apprend également que les Nabis se partageaient entre les profanes et les mystiques, ce qui rejaillit sur leur peinture.

Un beau voyage dans les demeures des collectionneurs qui, personnellement, m’a réconciliée avec Renoir, et m’a fait redécouvrir l’école de Pont Aven. Un privilège et une occasion rare de voir certains tableaux d’habitude accrochés aux murs de demeures privées… Une ode à la couleur

Anne-Laure FAUBERT

Musée Marmottan Monet – Jusqu’au 10 février 2019