Para-ll-èles de Nicolas Le Riche et Clairemarie Osta au théâtre des Champs Elysées: un ballet poétique mais décousu

Conçu et dansé à deux, couple dans la vie et à la danse,  Para-ll-èles (2016) se veut une réflexion sur le couple, la vie et la mort.

Sur une musique de Matthieu Chedid, Nicolas Le Riche et Clairemarie Osta évoluent d’abord de façon classique et poétique, puis tels des coureurs de fonds, ils semblent traverser leur vie, parallèle l’un à l’autre, avant de se croiser de temps en temps.

Images Parallèles

Copyright: Lisa Roze

Cette création mêle danse – duos en solos, solos à deux, glissades, sauts, portés, paroles – dont certaines répétées en canon – et effets de lumière.

Les paroles lues sont profondément tristes et résonnent profondément dans le cœur des spectateurs, en fonction de leur vie de couple. Que reste-t-il de élans amoureux du début, devenons-nous « inatteignable » pour l’autre?

La relation amoureuse est mise à nue grâce à la danse, et il est dommage que certaines séquences semblent bien loin du propos, non sur le fond, mais dans la forme employée. On court beaucoup dans ce ballet, un peu trop . Dommage que la métaphore amoureuse ne soit pas davantage filée.

« Entre toi et moi il n’y a rien
Entre toi et moi il y a tout
Entre toi et moi il y a nous »

Soirée Nicolas le Riche: entre émotion et sensualité

Palais Garnier – Mercredi 9 juillet 2014 – Ballet de l’Opéra de Paris, avec la participation des élèves de l’école de danse

Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction musicale: Kevin Rhodes 

Avec la participation exceptionnelle de Sylvie Guillem, Matthieu Chedid et Guillaume Gallienne

Les Forains (entrée des forains) de Roland Petit; Le bal des cadets (solo du petit  tambour) de David Lichine; Raymonda (acte II, danse arabe) de Rudolf Noureev; L’après-midi d’un faune de Vaslav Nijinski; Le jeune homme et la mort de Roland Petit; Appartement (la Porte, pas de deux) de Mats Ek; Caligula (Incitatus et Caligula) de Nicolas Le Riche et le Boléro de Maurice Béjart

Lorsque Matthieu Chedid apparaît, guitare à la main, bientôt suivi par Nicolas Le Riche, l’émotion a dû saisi plus d’un spectateur. On sent que l’étoile se fait plaisir en dansant, semblant parfois improviser quelques pas sur cette douce musique… Si le chanteur s’interroge sur le chemin à suivre, l’étoile semble profiter de l’instant présent.

Les ballets choisis par Nicolas Le Riche pour sa soirée d’adieux ne doivent rien au hasard: sa rencontre avec Roland Petit est fondamentale dans son parcours de danseur, il a marqué durablement de son empreinte les personnages du Faune de Nijinski et du Jeune homme et la Mort

Suivent ensuite Les Forains (1945) de Roland Petit, ballet questionnant sur la place de l’artiste. Nicolas Le Riche dégage cette aura qui le caractérise, entre douceur et force masculine maîtrisée… Le « jeune Francesco » interprète ensuite la danse de cadets, et malgré le tract, effectue un sans faute malgré deux réceptions de saut un peu « floues ». La transition avec Raymonda se fait sous la forme d’une poursuite de Nicolas Le Riche par Abderam (Stéphane Bullion) et Raymonda (Dorothée Gilbert). Une Dorothée Gilbert que je revoyais danser pour la première fois depuis son congé maternité, même si je l’avais croisée il y a 2 semaines rue Saint Guillaume. S’ensuit une scène de genre typique de Noureev avec la danse des sarrasins: une danse de caractère qui relève du divertissement et ne fait pas avancer l’action. C’est beau, enlevé mais je m’interroge sur son rôle ce soir-là. Montrer la cohésion de la compagnie?

L’après-midi d’un faune (1912) est un ballet dont j’apprécie davantage la version de J. Robbins (cf ma critique ici) que de Nijinski (cf ce billet). Jérémie Bélingard, que je n’avais pas vu depuis quelques mois, m’a davantage séduite par son interprétation qu’en 2013. Une fois passée les couleurs criardes du décor, la scène d’amour avec le voile symbolisant le nymphe (Eve Grinsztajn) reste mythique dans l’histoire de la danse.

Le jeune homme et la mort (1946) de Roland Petit m’a profondément touchée, comme en 2010 (cf ce billet). Une femme vénéneuse et magnétique surgit. D’une beauté inquiétante, elle tente et repousse à la fois le jeune homme, dansé par Nicolas Le Riche. Eleonora Abbagnato est à la fois impérieuse et énigmatique. Elle lui ordonne de se pendre (ce geste rappelle celui de Frollo dans Notre Dame de Paris du même chorégraphe (cf ce billet). Le jeune homme se pend. La mort apparaît alors, il s’agissait de la jeune femme…Un ballet qui questionne sur la fragilité de la vie.

Appartement (2000) de Mats Ek était l’occasion de revoir une grande danseuse, Sylvie Guillem, nommée à 19 ans étoile par Noureev. Son départ de l’Opéra de Paris en 1989 avait fait scandale. Nicolas Le Riche m’avait impressionnée dans ce ballet en 2012 (cf ce billet)… tout comme lors de cette soirée. Il reste un des rares danseurs à exceller aussi bien en moderne qu’en classique.

Guillaume Gallienne déclame ensuite un texte avant que Mathieu Ganio et Audric Bézard n’interprètent un tableau de Caligula (2005). Un très beau ballet de Nicolas Le Riche qui décrit la folie de l’empereur ( voir ici). Un de mes ballets préférés… Enfin le Boléro (1960) de Béjart dont le décor est monté à la vue du public. Un ballet sensuel, hypnotique, où des danseurs semblent honorer un dieu, celui de la danse. Un ballet loin de la vision traditionnelle, LE ballet qui m’a fait aimer la danse, par le biais de Kader Belarbi…

Nicolas Le Riche, un danseur exceptionnel…

Une soirée qui restera pour beaucoup inoubliable… à revoir ici.