Le spectre de Giselle – Samedi 28 mai 2016 – Palais Garnier

Giselle (de Coralli et Perrot) est l’un de mes ballets préférés. Il parle de l’amour, de la trahison (et du pardon éventuel) et appartient à ces grands ballets romantiques avec acte en blanc dans la seconde partie de l’œuvre. On y retrouve aussi l’attrait des Romantiques pour la folie, les fantômes (les Willis du second acte) et les événements surnaturels.

Giselle je l’ai vue plusieurs fois, à Naples, à Paris et notamment l’an dernier au Palais des Congrès où la Scala de Milan était invitée. Je m’étais pâmée dans cet article sur  le port des bras, à la fois très fragile et souple, moelleux diraient certains de l’étoile invitée Svetlana Zakharova.
Samedi j’étais donc impatiente de revoir cette œuvre.
Première déception : le couple Myriam Ould Braham/ Mathieu Ganio était remplacé par celui Amandine Albisson / Stéphane Bullion. Je n’ai rien contre ce second couple mais je voulais revoir Myriam Ould Braham.
Deuxième déception : l’absence de réelle présence scénique de ces deux danseurs. Amandine Albisson interprète une Giselle évanescente, sans le supplément d’âme que nécessite un tel rôle. La scène de folie est bien interprétée mais la danseuse semble rester « en dehors » de son personnage. Elle convainc davantage dans le second acte. Face à elle Stéphane Bullion (en Albrecht) semble presque convenu. Il parait amoureux mais j’attendais un personnage plus marqué, pour que la trahison en soit d’autant plus fatale. On reste là dans la demi-mesure.
A contrario François Alu semble habiter son personnage, secondaire au demeurant, de garde-chasse et marque la représentation par ses sauts.

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Copyright: Opéra de Paris

 

Une fois les déceptions « encaissées », Giselle reste un très beau ballet qui permet au corps de ballet – globalement bien réglé – de se démarquer tant par les danses de caractère que lors de l’acte en blanc.

Giselle interroge aussi sur les relations humaines, sur l’engagement, la façon dont on réagit aux épreuves de la vie. Giselle aurait pu ne pas sombrer dans la folie ni mourir. Elle aurait pu, comme d’autres héroïnes avant elle, se venger de l’homme qui la trompe.

Giselle c’est cet amour blessé, cette innocence perdue que l’on éprouve à un moment dans notre vie. Un ballet profondément universel.

Giselle par la Scala de Milan: la magie opère toujours…

Si vous avez l’occasion de voir un jour le très grand ballet Giselle de Coralli et Perrot, courez-y!

Ca tombe bien me direz-vous après le Palais des Congrès début février, il sera à l’affiche de l’Opéra de Paris en mai 2016.

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Copyright: Teatro alla Scala

C’est un de ces ballets que je ne me lasse pas de voir, à Paris ou à l’étranger.

Pourquoi?

Car c’est le ballet romantique par excellence, le ballet en blanc avec l’acte des Wilis en deuxième partie.

Une histoire d’amour contrariée qui décrit par la danse toute la palette des sentiments humains.

C’est un ballet qui permet aussi de révéler de véritables personnalités comme l’étoile Svetlana Zakharova le mercredi 4 février. Elle interprétait une Giselle sensible et très amoureuse et incarnait réellement son personnage, tant dans la joie que dans la folie avant sa mort. Sa volonté de sauver Albrecht (magnifique Friedemann Vogel) des Willis constituait un très bel acte d’amour, par delà la mort.

Certains détails révèlent les grandes danseuses. Il s’agissait pour Svetlana Zakharova du port des bras, à la fois très fragile et souple, moelleux diraient certains, des battements des jambes et d’une interprétation toute en sensibilité, très slave par certains côtés, et en parfaite adéquation avec le personnage.

Vous l’aurez compris, la magie de ce ballet, que je n’avais pas vu depuis 2009 à Naples, a de nouveau opéré…

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