Première de Teshigawara/Brown/Kylián: une soirée passable sauvée par Doux mensonges…

J’ai horreur de critiquer vertement un ballet ou un opéra car je trouve cela trop facile comme posture. On vient, on regarde et on critique, oubliant le travail demandé aux artistes.

Ciel - doux mensonges

Tout comme l’an dernier avec Sous apparence, création de Marie-Agnès Gillot (cf mon billet) cette soirée devrait entrer au Panthéon des plus mauvaises soirées de danse… en enlevant le dernier ballet Doux mensonges de Kylian… Et dire que je me suis farcie le livret pour essayer de comprendre Teshigawara et Brown que j’aime beaucoup au demeurant, cf mon billet sur son ballet lunaire O Zlozony / O composite.

Teshigawara - Première - Anne-Laure Graf

Darkness is hiding black horses de Teshigawara mélange différents types de musique, des effets visuels et la danse magistrale de Nicolas Le Riche. Aurélie Dupont et Jérémie Bélingard dansent bien mais Le Riche donne une fois de plus le meilleur de lui-même. Si je comprends le questionnement du ballet sur les ténèbres et la peur, j’avoue n’avoir pas accroché sur l’ensemble du ballet. Violence et douceur cohabitent dans ce ballet sans lien et surtout sans créer d’osmose.

 glacial-decoy-brown

Glacial decoy de Brown est un ballet sans musique. Seuls les pas des danseuses s’entendent pendant que des images d’objets en noir et blanc défilent derrière elles. Les tuniques inspirées de l’antique sont belles, fluides et… suggestives… Un ballet dont certains passages sont plaisants mais qui ne convainc pas…

Doux mensonges

Heureusement, il y avait Doux mensonges de Kylian, un chorégraphe dont j’adore Kaguyahimé (cf mon billet). Ce ballet, accompagné de très beaux chants a cappella mêlant chants géorgiens et madrigaux de Carlo Gesualdo et Monteverdi, met en scène 2 couples, interprétés par Eleonora Abbagnato, Vincent Chaillet, Alice Renavand et Stéphane Bullion. Sur une scène quasi vide où seuls le ciel et le sous sol sont matérialisés (excellente mise en scène de ce qui se passe dans notre inconscient (les sous-sols du Palais Garnier). Même si l’écran gêne parfois la vue du couple resté en scène, il permet de faire monter l’angoisse au fur et à mesure… La scène du viol symbolisée notamment par les aboiements du chien qu’est devenu l’homme m’a glacée… tout en étant d’une très grande justesse sur les pulsions humaines… Un ballet porté par de très belles interprétations féminines et un Paul Agnew que j’avais plaisir à revoir pour la direction musicale des Arts florissants : )

Arts florissants

Une soirée dont il ne faudrait revoir que le dernier ballet…

Et vous, vos impressions? Etes vous d’accord avec ma vision du spectacle?

alais Garnier.