Monet Collectionneur

C’est une exposition particulière et inédite que nous propose le musée Marmottan Monet, celle de la collection du peintre Claude Monet, fruit d’un travail d’enquêtes de 4 ans. Une exposition rendue unique par l’absence d’itinérance et par la position du musée lui-même, légataire du fonds de l’artiste.

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Charles Lhullier: Portrait de Claude Monet en uniforme, Avril-juin 1861 ou été-automne 1862, Huile sur toile, Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966, © Musée Marmottan Monet, Paris / The Bridgeman Art Library

En effet, si l’on connaît l’œuvre du peintre, on connaît moins cette facette de sa personnalité. C’est dans les années 1920 que l’on apprend que Monet a une collection, même si l’inventaire, dressé en 1926, reste introuvable, probablement détruit par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. 

 

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Pierre-Auguste Renoir: La Mosquée. Fête arabe; 1881; Huile sur toile
Paris, musée d’Orsay, don de la Fondation Biddle en souvenir de Margaret Biddle, 1957
© RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Martine Beck-Coppola

 

Le parcours de l’exposition suit celui du peintre: Claude Monet s’intéresse, puis échange, puis achète des œuvres d’art après 1890 car il en a désormais les moyens financiers. 

La partie de pêche de Cézanne rentre par effraction chez Monet puisqu’un marchand souhaitant acheter une des œuvres du peintre mais n’en ayant pas les moyens lui échange cette œuvre de Cézanne contre une à lui.  On peut ainsi considérer qu’il s’agit de la première œuvre de sa collection.

La première partie de sa collection concerne des tableaux peints de sa famille ou de lui par ses amis. On découvre ainsi un Claude Monet imberbe. Renoir offre ainsi à ses amis et notamment à Monet ses œuvres les plus radicales, et donc les moins vendables.

De ce côté biographique de sa collection on passe ensuite à des achats d’œuvres d’art, donc ne le représentant pas.

 

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Paul Signac: Venise, 1908, Gouache et aquarelle
Paris, musée Marmottan Monet, legs Michel Monet, 1966
© Musée Marmottan Monet, Paris / The Bridgeman Art Library

 

Claude Monet se trouve être un collectionneur tenace. Ainsi lorsque Berthe Morizot lui lègue dans son testament une œuvre, celui-ci choisit parmi les 300 œuvres un tableau représentant Julie Manet, la fille de Berthe Morizot, ce qui engendre des frictions. Monet tient bon et obtient le tableau.

Cette exposition nous renseigne également sur la naissance du marché de l’art puisque Monet achète via des marchands, et notamment Paul Durand-Ruel. Il achète également aux enchères des œuvres de Cézanne, comme Neige fondante à Fontainebleau (Vers 1879-1880), manière pour lui de le soutenir.

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Paul Cézanne/ Neige fondante à Fontainebleau, Huile sur toile © 2017. Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence

Il achète également des œuvres d’Ernest Hoschedé dont il épouse la veuve, Alice, pour lui faire plaisir à elle. Alors qu’elle meurt en 1911 et que contrairement à sa première épouse Camille, il ne l’a jamais peinte, il rachète alors un tableau d’elle, seule entorse à sa volonté de séparer vie privée et achats sur le marché de l’art.

Une collection ou le parcours d’une vie…

Anne-Laure FAUBERT

 

 

L’exposition 21 rue de la Boétie au musée Maillol jusqu’au 23 juillet 2017

Mardi 20 juin nous avons eu la chance de découvrir la magnifique exposition : 21 rue de la Boétie présentée au Musée Maillol. Elle retrace l’histoire d’un homme : Paul Rosenberg, dont la vie fut intimement liée à l’histoire de l’art ainsi qu’à la « grande » histoire. L’exposition est parrainée par la petite fille de Paul Rosenberg, Anne Sinclair, auteur du livre éponyme, qui a mis à la disposition des commissaires de l’exposition les archives personnelles de la famille.

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Copyright S. LLoyd

L’exposition présente une soixantaine de chefs d’œuvre ayant transité par la galerie du 21 rue de la Boétie entre 1910 et 1941. Paul Rosenberg cultive son amitié avec des peintres tels que Picasso, qui peignit sa femme et sa fille en 1918. Le voisin des Rosenberg, puisqu’il habite un temps au 23 rue de la Boétie, octroie à l’homme d’affaire un « droit de première vue » sur ses tableaux. C’est à dire qu’il est le premier à pouvoir choisir les tableaux qui seront mis en vente dans sa galerie. Ainsi, grâce à un gout très sûr il va rapidement devenir le principal acteur du marché de l’art parisien.

1.Vue d'exposition_© S. Lloyd
Copyright S. LLoyd

Picasso n’est pas le seul à entretenir des liens d’amitié avec le marchand, parmi ses plus illustres camarades on peut citer Georges Braque, Henri Matisse, Fernand Léger ou encore Marie Laurencin qui fut la première sous contrat avec la galerie. Outre le statut d’intermédiaire entre le peintre et le public, le travail de galeriste consiste aussi à favoriser les rencontres entre les artistes.

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Copyright S. LLoyd

Paul Rosenberg va aussi jouer un rôle important dans l’accès à la reconnaissance de l’art moderne en l’inscrivant dans la tradition picturale française. Il fait cohabiter au sein de sa galerie les peintres modernes aux cotés des impressionnistes (Seurat, Renoir…) pour les faire gagner en légitimité. Cette stratégie s’avère payante. Il attire de plus en plus de riches bourgeois intéressés par les ventes de grands maîtres de la peinture.

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Copyright S. LLoyd

De plus pour rassurer sa clientèle il accroche ses toiles modernes dans un intérieur bourgeois, afin de montrer l’effet possible parmi les meubles et les marqueteries. La carrière de Paul Rosenberg est florissante : il ouvre une deuxième galerie à Londres en 1936 et une troisième à New York en 1941 (pressé par l’arrivée des nazis en France).

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Copyright S. LLoyd

Les années 1940, période politiquement troublée, vont être compliquées pour la famille Rosenberg. Dès 1933 l’art va servir de porte parole à l’idéologie nazie en Allemagne. Les théoriciens de la doctrine nationale socialiste considèrent que  l’art et, en particulier la peinture, est un élément du Weltansschauung qui doit être soumis à une censure stricte. Parallèlement, l’ascension d’Hitler va conduire à une dévaluation de l’art moderne, qu’il considère selon le terme de Goebbels comme un « art dégénéré ». Le musée Maillol nous montre ici des œuvres représentatives de l’art Allemand promue par les nazis et exposées lors de « la grande exposition de l’art allemand à Munich en 1937 », comme ce tableau d’Alfred Höhn. Dans la même salle, les tableaux de l’art allemand font face à ceux de l’art moderne présentés la même année dans la même ville, lors de l’exposition « Art dégénéré ».

L’ironie du sort voulut que pendant l’exil New Yorkais de la famille Rosenberg, les locaux de la galerie du 21 rue de la Boétie furent réquisitionnés par la Kommandantur pour devenir les bureaux de l’Institut d’Etudes des Questions Juives. Traumatisé par cette spoliation, Paul Rosenberg refusera de réintégrer les lieux à son retour en France. Il fera alors desceller les dalles peintes par Braque qui recouvraient le sol de la galerie, pour en décorer quatre tables qu’il offrira à sa famille.

La lutte contre l’occupant Allemand prit une importance particulière pour la famille Rosenberg. Alexandre le fils de Paul, débarque à Londres en 1940 pour rejoindre les Forces Françaises Libres. Paul lui, résiste à sa façon en refusant d’acheter les œuvres vendues par les nazis lors de la vente de Lucerne, craignant que l’argent versé se transforme en bombe.

L’exposition se termine sur la période d’après guerre, avec le développement de la galerie de New York reprise par le fils Rosenberg et l’organisation d’exposition avec des artistes tels que Nicolas de Staël.

Ainsi même si la seconde Guerre Mondiale a porté un coup au monde de l’art : des milliers d’œuvres furent pillées, échangées et même brûlées, notamment lors de l’autodafé du 27 juillet 1947 au Jeu de Paume,  celui-ci a su se régénérer. Cependant, il ne faut pas oublier que la lutte pour la restitution des œuvres spoliées par les nazis continue encore aujourd’hui. En effet ce n’est qu’en 2015 que la famille Rosenberg a pu remettre la main sur le tableau de Matisse Profil bleu devant la cheminée.

Alice PAILLAT pour Envie d’ailleurs

L’art et l’enfant au musée Marmottan Monet… de l’enfant sacré à l’enfant profane

Ce n’est jamais l’enfant qui commande le portrait qu’on fait de lui. Cela semble une évidence, mais garder ce constat à l’esprit pendant la durée de l’exposition permet de mieux comprendre l’évolution des mentalités sur cet être longtemps considéré comme un adulte en miniature sali par le péché originel.

Cette exposition inédite retrace ainsi l’histoire du statut de l’enfant du XIV°s au XX°s en France, du Fils de Dieu aux enfants peints par les Impressionnistes.

Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon. MV8499.

Anonyme – Portrait du futur Louis XIV, enfant – xviie siècle

Photo © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

On représente en effet d’abord Jésus – mini adulte puis enfant – avant de s’intéresser à l’enfant Roi, appelé à régner et monarque de droit divin. Ainsi lorsque Louis XIV est représenté, ses bijoux royaux (notamment l’ordre du St Esprit) permette,t de le distinguer d’un enfant de la noblesse puisqu’il est peint sans couronne. En des temps où la mortalité infantile est importante, le frère du Dauphin, Philippe de France, est aussi représenté, symbole de la continuité dynastique. Une pérennité familiale que l’on retrouve aussi dans la noblesse comme cette représentation de la famille Habert de Montmor.

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Ecole française 1re moitié du XVIIe siècle, aussi attribué à Philippe de Champaigne

Portrait de la famille Habert de Montmor –  Photo © Château de Sully-sur-Loire

La représentation de l’enfant dans la peinture suit l’évolution de la société: avec les Lumières, l’enfant devient un sujet et l’Etat, l’Eglise et la médecine se penchent sur son berceau. Les enfants qui meurent sont des soldats en moins…

Les femmes sont peintes en train d’allaiter, les hommes représentés comme pères…

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Jacques-Fabien Gautier-Dagoty – IVe tableau représentant la femme enceinte

1740-1785 – Photo © Christian Baraja

Une peinture m’a particulièrement émue – en même temps ma »copine » au Louvre quand j’étais enfant était une peinture de l’école anglaise représentant une petite fille mélancolique – celle de Louise-Marie de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et Marie de Montespan, décédée à 5 ans loin des siens. Sur cette peinture rien ne laisse entendre que le portrait est posthume… si ce n’est la montre arrêtée et la bulle de savon, symbole du caractère éphémère de la Vie…

Mignard Pierre (1612-1695). Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon. MV3624.

Pierre Mignard : Louise-Marie de Bourbon, duchesse d’Orléans, dite Mademoiselle de Tours – Vers 1681-1682

Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Photo © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin

Une section m’a touchée: celle consacrée au XIX°s et notamment aux enfants des milieux défavorisés. Loin des images pittoresques des frères Le Nain au XVII°s, au XIX°s c’est l’enfant du peuple, celui qui travaille et qui dort dans la rue,qui est représenté de façon très réaliste… alors que sur le mur d’en face les enfants de la bourgeoisie jouent paisiblement. Si rien en soi n’a changé – hélas – depuis le Moyen Âge, la fin du XIX°s voit l’émergence de lois visant à lutter contre la maltraitance enfantine dont la prostitution.

Fernand Pelez (1848-1913). "Martyr" ou "Le marchand de violettes". Huile sur toile, vers 1883. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

Fernand Pelez: Un Martyr. Le marchand de violettes – 1885

Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris – Photo © Petit Palais / Roger-Viollet

De sujet, l’enfant devient également au XX°s le fondement de l’art de certains artistes qui s’inspirent du style enfantin pour leurs œuvres. Ainsi, en 1945, Picasso déclare devant une exposition de dessins d’enfants: « quand j’avais leur âge, je dessinais comme Raphaël, mais il m’a fallu toute une vie pour apprendre et dessiner comme eux ».

Jusqu’au 3 juillet 2016 – L’art et l’enfant chefs d’oeuvre de la peinture française – Cézanne, Chardin, Corot, Manet, Matisse, Monet, Morisot, Renoir, Picasso… Musée Marmottan Monet

L’atelier en plein air: les Impressionnistes en Normandie – Une belle découverte au Musée Jacquemart André

Vous pensiez tout savoir des Impressionnistes? Et bien direction le Musée Jacquemart André où cette exposition montre l’importance de la Normandie dans l’éclosion de ce mouvement pictural.

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Monet, Claude Oscar (1840-1926) Étretat. La porte d’Aval, bateaux de pêche sortant du port Vers 1885 Huile sur toile 60 x 81 cm Inv.2961 Dijon, Musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts de Dijon. Photo François Jay 

Vous saviez depuis cet article (sinon lisez le ; ) ) que l’Impressionnisme est né le 13 novembre 1872 à 7h35. 

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Désormais vous saurez que son berceau se situe en Normandie, région à mi chemin entre Londres et Paris, les deux capitales artistiques de l’époque où la mode des bains de mer et la beauté et la diversité des paysages donnent aux artistes l’occasion de sortir de leur atelier. Enfin la facilité de transport par le fleuve puis par le train favorise l’essor des stations balnéaires.

On découvre également dans cette exposition l’influence de la peinture anglaise, et notamment de Turner (magnifiques dessins de celui-ci dans la première salle et je serais bien repartie avec ; ) ) sur les Impressionnistes.

Le rivage, traditionnellement le domaine des marins, devient au XIX°s celui des aristocrates fortunés et de la haute bourgeoisie, dont les peintres se font les chroniqueurs. Ainsi en 1866 Eugène Boudin déclare à Ferdinand Martin: « On aime beaucoup mes petites dames sur les plages, certains prétendent qu’il y a là un filon d’or à exploiter ».

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Boudin, Eugène-Louis (1824-1898) Scène de plage à Trouville 1869 Huile sur panneau 28 x 40 cm Collection particulière Courtesy Galerie de la Présidence, Paris © Galerie de la Présidence 

Zola déclare également en 1868 que Monet est « un des seuls peintres qui sache peindre de l’eau ». A ce sujet, je vous mets au défi (sans regarder les  étiquettes) de trouver les tableaux de Monet de barques de pêcheurs… On est loin des cathédrales et meules de foin…

Harbour Scene, Dieppe, c.1881-85 (oil on canvas)
MAN62915 Harbour Scene, Dieppe, c.1881-85 (oil on canvas) by Gauguin, Paul (1848-1903); 60.2×72.3 cm; Manchester Art Gallery, UK; REPRODUCTION PERMISSION REQUIRED; French, out of copyright PLEASE NOTE: The Bridgeman Art Library works with the owner of this image to clear permission. If you wish to reproduce this image, please inform us so we can clear permission for you.

Gauguin, Paul  (1848-1903) Le Port de Dieppe Vers 1885 Huile sur toile 60,2 x 72,3 cm 1944.46 Manchester, Royaume-Uni, Manchester City Galleries © Manchester Art Gallery, UK / Bridgerman Images  

Vous l’aurez compris, et alors même que je ne suis pas une adepte de l’Impressionnisme, peinture trop « facile » selon moi,  j’ai trouvé cette exposition très intéressante, riche, et de grande qualité. Sur les 49 tableaux, 10 sont des prêts privés, une occasion de découvrir des œuvres rares…

Jusqu’au 25 juillet 2016 – Musée Jacquemart André – 158 boulevard Hausmann

Paul Durand-Ruel ou l’invention du marché de l’art moderne

Cette exposition est la première consacrée à Paul Durand-Ruel (1831 – 1922), le plus grand marchand d’art du XIXe siècle, découvreur des Impressionnistes et inventeur du marché de l’art moderne. En effet, avant les Impressionnistes, on ne passait pas par les marchands d’art mais par l’Etat pour lequel on réalisait des commandes officielles afin de se faire connaitre.

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Danse à Bougival (détail), 1883, Pierre-Auguste Renoir © Museum of Fine Arts, Boston

Paul Durand-Ruel fait le pari des Impressionnistes et achète leurs tableaux en masse, afin de créer un monopole et de faire monter leur cote. Il met en scène les œuvres sélectionnées et envoie dès 1880 des œuvres à Berlin, Londres et New York. Il devient ainsi l’interlocuteur privilégié d’amateurs fortunés comme les Havemeyer à New York, les Palmer à Chicago ou Alexander, le frère de la peintre Mary Cassatt à Philadelphie. En 1905 Paul Durand-Ruel réunit aux Grafton Galleries à Londres plus de 300 œuvres de Manet et des impressionnistes, mettant en lumière la place centrale acquise par la figure du marchand de l’art.

Le parcours réunit 80 chefs-d’œuvre de l’Impressionnisme (Renoir, Monet…) et d’autres ne faisant pas partie de ce mouvement comme une magnifique sculpture de Rodin. Didactique, le parcours nous emmène des origines de cette passion pour l’art de Paul Durand-Ruel, héritée de son père, aux chefs d’oeuvre de celle-ci.

J’ai personnellement craqué sur une peinture de Berthe Morizot toute en blancheur vaporeuse… Un vrai régal!

Jusqu’au 8 Février 2015 au Musée du Luxembourg