Dries Van Noten: Inspirations

Rendez-vous au musée des Arts déco pour s’en mettre plein les mirettes avec l’expo consacrée au créateur belge Dries Van Noten.

Dries Van Noten

Dès la première salle le ton est donné: multitude d’images et de photos parfois trash retraçant l’atmosphère de ses débuts dans les années 80 associés aux vêtements colorés de l’époque.

Chaque thème – fleurs, papillon, l’or, les oiseaux…- développé par le créateur est présenté sous l’angle des inspirations qui ont conduit à sa collection. Cela peut être une veste de tailleur de Dior, à la ligne intemporelle, le film La leçon de piano de Jane Campion ou un vêtement de  Thierry Mugler… Comme il le dit lui-même « ce qui importe, c’est tout le cheminement qui se poursuit à partir de ce premier éclair d’inspiration jusqu’à l’objectif final, la collection »

Les analogies sont parfois tellement fortes qu’on a du mal à distinguer ce qui relève des maisons de haute-couture de l’entre-deux guerres comme Elsa Schiaparelli ou les sœurs Callot, d’une collection de Dries Van Noten.

Je n’ai pas tout aimé – les vêtements à poils ce n’est pas pour moi – et me suis demandée si les créateurs pensaient à l’aspect « portable » de leurs collections. Mais rien que pour les thèmes « Or », « Inde » et la découverte de la maison de Haute-couture des Sœurs Callot cette expo vaut le détour! 

Une expo qui par certains côtés s’inscrit dans la lignée de Marc Jacobs / Louis Vuitton dont j’avais déjà parlé ici: lien entre le passé et le présent, créateurs contemporains…

Louis Vuitton / Marc Jacobs

Le musée des Arts décoratifs est un musée que j’aime beaucoup, à la croisée entre l’histoire et la mode. D’un côté du bâtiment se trouvent la mode et les bijoux, de l’autre l’ameublement…

Il s’y tient en ce moment l’expo Louis Vuitton / Marc Jacobs. Si je suis pas adepte de la marque au monogramme, comme tout signe extérieur ostentatoire de richesse, j’avais lu dans Les Dynasties du Luxe  – livre dont je vous ai déjà parlé – l’histoire de Louis Vuitton, et la voyageuse que je suis avais envie de voir si on y trouvait les fameuses malles.

L’expo est divisée en deux parties, la première retraçant l’histoire de Louis Vuitton, la seconde consacrée au designer américain. J’ai vraiment préféré la 1°, la 2° étant un peu trop « commerciale » à mon goût.

Jurassien d’origine, Louis Vuitton arrive à Paris d’abord comme apprenti chez un malletier avant de fonder sa propre maison en 1854. La première toile de ses malles, appelée Trianon, est grise. La seconde, à rayures, est rapidement contrefaite – déjà!! Il lance donc la toile à damiers et y inscrit discrètement son nom, sous les malles. C’est son fils Georges qui lance le fameux monogramme.

L’expo permet de voir à la fois de très belles robes mais aussi des habits de poupée, façon pédagogique d’expliquer qu’il fallait emballer tous ces accessoires à échelle humaine et non de jouets. On y trouve aussi des malles en tout genre, de la malle commode à la malle lit pour les explorateurs. Le tout servi par une très belle scénographie.

Le second étage est consacré à Marc Jacobs, avec tout d’abord une introduction à son « monde » où on retrouve pêle mêle Madonna, Marie Antoinette de Coppola ou le film Cabaret… Si j’ai trouvé cette partie « commerciale » c’est qu’elle n’est quasiment consacrée qu’à ses défilés. J’aurais voulu le voir au travail, réflechir à ses modèles. Il explique bien qu’il ne part jamais d’une page blanche, mais à part le processus de création d’un sac, au demeurant très années 1930, le reste de l’expo est consacré aux défilés. La féministe que je suis n’a pu s’empêcher de grincer des dents face à quelques fantasmes masculins « grossiers »: la femme à 4 pattes dans une cage portant culotte et bottes en cuir noir ou les infirmières aux sous-vêtements apparents clôturant l’expo…

Une expo qui permet également de croiser un public de modeux, fans de Vuitton et immortalisant fièrement un objet de la marque devant le portrait du fondateur ou de Marc Jacobs…